3 février 2011

Sofia Coppola

Un nouveau jeudi avec une nouvelle rubrique. Cette fois-ci, il s'agit de cinéma. et aussi de musique bien sûr puisque le but avoué est de parler de l'univers musical d'un réalisateur ou d'une réalisatrice. Pour une première, honneur aux dames donc, puisque c'est la fille du grand (et gros) Francis Ford : Sofia Coppola. Nous venons maman et moi - et oui, seulement - d'aller voir son dernier film "Somewhere", l'occasion était donc tout trouvée de retracer le parcours de la belle, en texte, en image et en musique donc.

The Virgin Suicides (1999)
Premier film réussi et style déjà bien affirmé. L'histoire retrace le suicide collectif d'une fratrie de filles blondes, douces, belles et innocentes. (Mais pourquoi décident-elles d'en finir ?) Révélation du magnétisme de la troublante Kirsten Dunst et du pouvoir de séduction des Versaillais de Air avec ce qui est peut-être encore aujourd'hui leur plus grand disque. Coppola et Versailles, ça sera une grande histoire d'amour, puisqu'après Air, Sofia épousera, comme chacun sait, le chanteur d'un autre groupe du coin, Phoenix et filmera dans le château de la même ville, les pérégrinations d'une reine sur le déclin.

Lost In Translation (2003)
Incontestablement son chef d'oeuvre. Magnifique histoire d'amour entre deux américains paumés à Tokyo, que rien, au départ, ne semble pourtant rapprocher. Lui, est une ancienne gloire sur le retour, venu là pour tourner un spot publicitaire. Elle, est étudiante et se retrouve bien souvent seule, pendant que son petit ami part vivre de sa passion : la photographie. La bande originale du film est composée pour l'essentiel de vieux classiques de rock indépendant des années 80 : Jesus and Mary Chain et My Bloody Valentine, en tête. C'est la musique idéale pour exprimer le sentiment d'abandon et de vertige que peuvent procurer les grandes villes modernes.


Marie-Antoinette (2006)
Petit raté dans la courte carrière de la cinéaste, cette biographie de la reine Marie-Antoinette est filmé à la façon d'un clip de rock. Pas déplaisant quand on aime ce genre de musique, mais trop sucré, anachronique (on portait déjà des baskets Converse dans le Versailles de l'époque, comme quoi rien n'a changé ;) et léger pour être honnête et nous faire accrocher à la malheureuse vie de cette adolescente forcée de devenir adulte trop vite. Côté bande son, par contre, c'est un vrai feu d'artifices : les Cure, Siouxsie and the Banshees, New Order, etc.


Somewhere (2010)
Je ne comprends pas ce que certains lui reprochent. Qu'il ne s'y passe rien ou presque ? Normal, il y est question de solitude et d'ennui. Il n'y a d'ailleurs pas plus de péripéties dans "Lost In Translation". Ce qui dérange sans doute le plus, c'est que le personnage principal, cet acteur star est particulièrement détestable une grande partie du film. Il trouvera la rédemption à la fin, au contact de sa fille de 11 ans. C'est toujours aussi subtilement amené (j'aime bien les films qui prennent leur temps :)  et la mise en scène est une fois de plus impeccable. Faire une critique acerbe (et autobiographique?) de Hollywood en faisant un "petit" film intimiste, c'est fort. Un petit bémol une fois n'est pas coutume concernant la musique pas franchement inoubliable pour une fois, hormis peut-être une belle chanson des...Strokes.

9 commentaires:

  1. Lost in Translation avait aussi l'avantage de publier 3 ou 4 inedits de Kevin Shields; et avec cette magnifique pochette avec le posterieur de Scarlett pour l'edition americaine (joli paradoxe alors que les Europeens ont prefere Bill Murray en pantoufles), ce soundtrack etait parfait comme celui plus malin de Air pour Virgin Suicide (pochette au graphisme tout aussi reussi) - Gwen.

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  2. Je suis content de voir quelqu'un d'accord avec moi sur Somewhere. Et j'aime beaucoup cette version de la chanson des Strokes aussi.

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  3. Lost in partition ! Merci pour la bouffée d'oxygène :)

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  4. Ce que je reproche à Somewhere ? Son indécence socio-politique couronnée par son message final ! Pour le reste on est tout d'accord :)

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  5. @Marie Luce : Merci pour le (premier?) commentaire :)
    @Benjamin F : "Indécence socio-politique", comme tu y vas fort ! Tu lui reproches le côté petit-bourgeois, c'est ça ? Mais, c'est tout le cinéma de Sofia Coppola qui est comme ça, pas seulement, son dernier film. On est bien sûr loin du cinéma social anglais et de ses préoccupations. Mais le sujet n'en demeure pas moins intéressant. Un Bret Easton Ellis traite par exemple des mêmes milieux sociaux culturels... On ne parle bien que de ce qu'on connaît :) Quand au message final, si sur le papier, il peut paraître assez simpliste, je trouve qu'il est amené en douceur... Quand on est papa, on comprend bien ces choses-là ;)

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  6. @Vincent : Je ne parle pas du côté "petit-bourgeois" qui est bien loin de ses préoccupations mais effectivement de l'indécence du fond. Car ce qu'on pouvait accepter chez Bret Easton Ellis dans les année 90, il n'y aucune raison de le tolérer chez Sofia Coppola en 2011. Il n'y pas suffisamment d'analyse et de fond pour justifier l'anachronisme social qu'est ce film. Et non tout le cinéma de Sofia Coppola n'est pas comme ça, mais alors vraiment pas. Et puis parler de ce qu'on connait ne légitime rien du tout :)

    Bon tu l'as compris, je l'ai un peu mauvaise sur ce film :)

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  7. "Indécence du fond" ? "Anachronisme social" ? Désolé mais on n'a vraiment pas vu le même film ! Car je ne vois même pas à quoi tu fais référence...

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  8. Bonnes critiques ou pas, je n'ai pas eu envie de voir son film à mlle Coppola, par lassitude (son Marie-Antoinette bien léger) ou l'impression de déjà-vu d'un "Lost in Translation" bis, mais remplacant nos Bill & Scarlett d'exception par un sous-acteur et une gamine...
    Ce qui m'a disssuadé en fait, c'est la bande-annonce toute platounette-mimi et qui sentait son rose bonbon, papa et fifille réunis, batifolant dans la piscine de l'hôtel. ... Ah c'est pas toujours facile la vie de stars, même bis.
    Mme Thomas Mars-Coppola se veut peut-être la petite Proust ou Sagan du cinéma américain, mais il y a un monde en-dehors d'Hollywood et des palaces, je t'assure Sofia...

    Ceci dit, j'y jetterai sans doute un oeil si on me prête le DVD à sa sortie ;-)

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  9. @Blake : Je ne comprends pas ce "faux" procès que vous faites (Benjamin et toi) à Sofia Coppola sur son dernier film. J'ai trouvé sa critique de Hollywood et de la vie d'acteur assez subtile. Et puis, il n'y a pas de généralisation, c'est juste une histoire personnelle, la vie d'un acteur en particulier. Je ne pense qu'il faille y voir autre chose. Et le message final en dehors de toute classe sociale est particulièrement universel :)

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