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PJ Harvey - Let England Shake

Retour aux affaires courantes aujourd'hui avec un disque de 2011. Après la hype et la copie Anna Calvi, certains attendaient avec beaucoup d'impatience le nouvel album de l'original : PJ Harvey. Histoire que l'aînée démontre si besoin était qu'elle reste bien la maîtresse sur son propre terrain. Il est encore trop tôt pour connaître l'étendu de la palette de la benjamine, mais avec "Let England Shake", PJ Harvey arrive une fois de plus à nous surprendre. Cet album marque son vrai retour après l'intermède que constituait celui sorti il y a deux ans et cosigné avec son compère de toujours ou presque, John Parish. "A Woman A Man Walked By" était un peu expérimental et ressemblait par moments à un vague recueil de démos non abouties.  Ce nouvel album est toujours écrit en collaboration avec Parish mais sorti cette fois sous son nom seul, il fait donc suite au surprenant mais non moins excellent "White Chalk" où l'anglaise apparaissait pour la première fois au piano et en robe victorienne sur la pochette. Et d'Angleterre, il est beaucoup question ici ("Let England Shake", "England", etc), de batailles ("On Battleship Hill"), de territoires ("The Glorious Land"), de positions à défendre (la nouvelle concurrence d'Anna Calvi?).
Et rien de tel dans ces cas-là que de continuer à avancer, coûte que coûte, tant pis pour les fans de la première heure qui auraient sans doute préféré qu'elle revienne au rock cru et sec de ses débuts. Non, sa musique n'a au contraire, jamais été aussi soyeuse, mariant à merveille l'ambiance gothique et austère de "White Chalk" avec le lyrisme et l'immédiateté de "Stories From The City, Stories From The Sea". Pas encore tranquille, son rock protéiforme convoque sans les singer les plus grandes prêtresses du genre : Siouxsie, Kate Bush, Elizabeth Fraser ou Patti Smith. PJ Harvey est évidemment de cette trempe-là, parvenant à faire une fois de plus un disque intransigeant et d'une grande cohérence. Se moquant des modes, elle continue son chemin comme si elle était seule au monde. Ce qui, à sa manière, est assurément le cas.
Elle sera en concert privé lundi prochain à la Maroquinerie, à Paris. Celui-ci sera transmis en direct par Arte Live Web. Pour ma part, après un tel disque, j'attends avec impatience sa prestation le 25 février à l'Olympia...

Clip de "The Last Living Rose" :

Clip de "The Words That Maketh Murder" :

Commentaires

  1. Bon, là pas de contestation posible : bien que moins connaisseur ou fan de Polly Jean que toi, cet album déroutant et familier en même temps agit comme un charme sur moi : plus j'écoute, plus j'adhère.
    Inventif, poétique, mon PJ Harvey préféré c'est sûr. Après 20 ans de carrière, se renouveler ainsi la miss, chapeau ... ;-)

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  2. Peut-être trop tôt encore pour dire si c'est mon préféré, c'est en tout cas sûrement un très bon cru... une fois de plus !

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  3. Pour moi Polly Jean joue de son répertoire comme d'un peintre de sa palette, c'est exactement ce que vous avez dit, elle a appris de ses réussites et parvient à faire un pas de plus vers l'inédit. Son chant en particulier.

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