Accéder au contenu principal

Halls - Love To Give

Le jeune londonien Sam Howard nous avoue avoir "de l'amour à donner". Et si son premier disque "Ark" paru en 2011 n'avait pas fait grand bruit, il pourrait en être autrement de celui-ci. Il serait amplement mérité que celui-ci reçoive davantage d'enthousiasme en retour. "Love To Give" correspond à l'album que Shearwater essaie désespérément de faire depuis des lustres, c'est-à-dire un album de pop-folk lyrique, un peu plus électro quand même, qui ne tombe jamais dans l'emphase et la démonstration technique mais qui s'appuie avant tout sur la qualité mélodique des morceaux et une atmosphère enveloppante et jamais pesante. Dès le premier titre éponyme, on est bercé par cette musique romantique qu'on croirait chantée depuis le choeur d'une cathédrale, plutôt qu'un "hall" de gare. La voix résonne, le son remplit l'espace. C'est beau, c'est simple, sans être simpliste.
L'émotion passe et perdure tout au long du disque, sur le fil du rasoir, jusqu'à une fin plus onirique, et presque exclusivement instrumentale. On pense aussi à Radiohead, en version mystique et joliment épurée : ça y est, 2014 est enfin démarrée.

Clip de "Forelsket" :

Commentaires

  1. J'aime beaucoup ! :)
    Mais je te promets, il y a de jolies choses qui sont sorties. Je ne suis pas sûr que Temples & Cie ce soit trop ton truc, mais écoute le "Trouble" de Hospitality, il a son lot de très bonnes chansons. Je crois que tu aimes bien le groupe en plus, je me souviens d'un papier ici même.
    A+, et merci pour la découverte !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Temples, oui, c'est pas désagréable mais bon, c'est assez banal, je trouve. Comme le dernier Hospitality d'ailleurs, même si je reconnais qu'ils sont devenus plus pros, ils ont perdu ce qui faisait justement leur charme...

      Supprimer
    2. Si tu veux du sale et du bricolé, tente "Hi-Tech Boom" de Pow! alors
      https://play.spotify.com/album/2BDoA19DrRTADViLpF0Vgg?play=true&utm_source=open.spotify.com&utm_medium=open

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Destroyer - Ken

Découvert réellement au moment de son dernier et magnifique "Poison Season" - très bien classé dans mon top albums 2015 - Destroyer est déjà en passe de devenir un de mes groupes préférés. Son nouveau disque "Ken" a une étonnante référence : c'est le titre original du très beau "The Wild Ones" de Suede. Pourtant, l'univers musical de Dan Bejar est assez éloigné de celui de Brett Anderson, même si tous les deux puisent plus leur inspiration en Angleterre qu'en Amérique. La musique, assez proche de son "Kaputt" - son disque le plus adulé par la critique - revient à des sonorités eighties. On croirait entendre une sorte de New Order (les synthés sur "In The Morning" ou "Tinseltown Swimming in Blood") ou de Pet Shop Boys pas dansant, plus précieux et orchestré, qui ferait davantage de bien à la tête qu'aux pieds. "Sky's Grey" fait aussi penser à la classe et l'épure de son précédent album et bea…

Gu's Musics - Happening

Dans la série il n'est jamais trop tard pour découvrir la musique d'un "ami" Facebook, voici "Happening" de Gu's Musics. Le chanteur, de son vrai nom Gerald Chiifflot, originaire de Tours n'est pourtant pas né de la dernière pluie mais il a plutôt l'habitude de cirer le banc de touche dans la première division de la chanson-rock d'ici. Le genre de gardien de but invariablement désigné comme doublure, doublure des Bashung ou autres Dominique A, voire Rodolphe Burger avec qui la ressemblance paraît la plus évidente. Dis comme ça, on a connu pire comme situation, sauf qu'il vaut mieux, comme on dit, avoir mauvaise presse que pas de presse du tout. L'ami Gu's, pas rancunier, se dit que cela doit être à cause de ses textes, il avoue que c'est là que ça pêche principalement. Alors, il fait appel à un écrivain, un poète breton, Yan Kouton pour son précédent disque, "Aquaplanning". Malheureusement, à trop vouloir les mettr…

John Maus - Screen Memories

Cela faisait un bail qu'on n'avait pas eu de nouvelles du doux illuminé de John Maus. Depuis son magnifique et intransigeant "We must become the pitiless censors of ourselves" sorti en 2011 et une compilation de vieux titres parue un an après. La musique est toujours la même, sorte d'Ariel Pink, avec qui il a travaillé autrefois, en version cold wave. La chanson "Time to live" sur l'album "Dedicated to Bobby Jameson" de ce dernier fait d'ailleurs beaucoup penser à du John Maus. Comme si Pink était la version joyeuse et Maus la version sombre d'une seule et même idée de la pop musique. Il n'y a pas sur "Screen Memories" de titres aussi monumentaux que "Believer". C'est plutôt le genre de disque assez homogène qui s'écoute d'une traite, sans sauter de morceaux, parce que la qualité et le style restent constants.  Le gars aime toujours autant bidouiller des sons synthétiques sur ses machines, créan…