Accéder au contenu principal

Momus & Scott McCloud - Festival Outsiders, Supersonic Records - Paris, le 26 septembre 2026


Cette année, nous y sommes retournés. Le souvenir mémorable - la claque magistrale infligée par Gontard - de la première édition et le malheureux rendez-vous raté - les Woodentops - de la seconde l’an passé ne pouvaient pas rester sans suite. Il a fallu choisir entre les deux soirées : Black Box Recorder ou Momus ? Ayant déjà vu Luke Haines il y a deux ans, on a donc misé sur l’inimitable Nick Currie. Arrivés juste à l’heure, 20h20 pétantes, nous découvrons l’anglais, en sarouel, tongues japonaises, perruque blonde posée (volontairement ?) de travers et retenue par l’élastique de qon cache-oeil. Il déambule le long de la petite scène du Supersonic Records, pas aussi mal fichue que dans mon souvenir. Derrière lui, des vidéos faites maison défilent, le show a été préparé en amont. Les paroles sont parfois affichées façon karaoké. La musique est en effet entièrement enregistrée. Les morceaux pas tous complets s’enchainent sans pause. Il faut dire que résumer quarante ans de carrière en une heure est une sacré gageure. On aurait évidemment aimé de vrais musiciens mais cela fait aussi partie du personnage. Les textes sont brillants. "Don’t call me a racist. I'll splash your face. I don’t care if you're purple or blue. But purple-blue should go back to their lands. There's no place in Greyland for you." dit-il en référence à l’époque au Brexit et aujourd’hui à la politique du RN. Comme lui, nous n’aimons pas les gens gris et le pays qui va avec. Un concert de Momus n’est pas gris - à part ses fringues. 
"The angels are voyeurs" tiré de "Tender pervert" paru en 1988 et considéré par beaucoup comme sa plus grande oeuvre est un autre exemple de sa qualité d’écriture. Dommage qu’il n’ait pas chanté "The Clown At Battle" de son dernier album. Il y est question d’une anecdote rigolote sur le tournage du clip "Ashes to ashes" de Bowie où un passant ne comprenant pas ce qui se jouait avait traité le Thin White Duke de "cunt in a clown suit". La suite fut plus sérieuse - un peu trop sans doute - en la personne de Scott McCloud, ex-chanteur du groupe de hardcore Girls Against Boys. Pas le genre de la maison. Pourtant le gars accompagné d’un violoncelliste sur scène est plutôt affable et sympathique. Les titres plus classiques et plutôt calmes dans l’ensemble - le chanteur s’est assagi depuis ses jeunes années - partent par moments en live grâce à Simon Lenski et son jeu de violoncelle complètement débridé. Le concert n’est pas désagréable mais pas mémorable pour autant. Un peu trop Bruce Springsteen à notre goût. On attend quand même sagement la fin, écoutant au passage une reprise tranquille de "Search and destroy".

On repart ensuite en même temps que Momus et ses baluchons, en métro. Il habite aussi Paris mais ne prend pas la même ligne que nous. Son look n’a l’air de surprendre personne. Drôle d’énergumène. Discret, barré et talentueux à la fois. Comme tout le monde depuis 40 ans, nous gardons ce secret honteusement pour nous. 
Une autre revue du concert avec quelques photos en prime sont visibles sur ce blog ami.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Michel Houellebecq & Frédéric Lo - Souvenez-vous de l'homme

On ne présente plus le premier, l’un des écrivains français les plus traduits au monde, controversé, aimant la provocation, jusqu’à flirter avec l’extrême droite ou tourner dans un porno amateur. On l’avait déjà retrouvé sur disque lors d’une collaboration avec Bertrand Burgalat pour le brillant et culte " Présence humaine " en 2000. Ses textes poétiques se marient bien avec la musique, ils ont leur mélodie, même s’ils sont juste déclamés. On connait un peu moins le second. Pourtant, c’est lui qui fut à l’origine du renouveau artistique de deux chanteurs attachants et en perte de vitesse, au bout du rouleau : d’une part, Daniel Darc, l’ex Taxi Girl avec le bien nommé " Crève coeur " en 2004, grand disque de chanson d’ici, et d’autre part, Pete Doherty, l’ex Libertines qui peinait à se renouveler avec un album élégant, à la classe délicieusement désuète. Les deux se seraient mis d’accord à l’écoute du " Psaume 23 " repris par Darc sur l’album susnommé. Houe...

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

"Starman : Quand Ziggy éclipsa Bowie" & "Nick Cave : Mercy on Me" de Reinhard Kleist

Deux chroniques pour le prix d'une ! Et des chroniques de bandes dessinées, une fois n'est pas coutume. Mais des bandes dessinées sur la musique et le rock en particulier. Noël est passé, mais il n'est jamais trop tard ou se faire plaisir ou offrir. Voici en tout cas deux bouquins que je recommande fortement pour qui aime l'univers et la musique de ces deux grands artistes : David Bowie et Nick Cave. Mais qui ne les aiment pas ? Reinhard Kleist, l'auteur de ces deux livres, est un dessinateur allemand qui, après avoir déjà réalisé une biographie de Johnny Cash enchaîne donc avec les deux chanteurs susnommés. Il n'a pas réalisé que ce type d'oeuvre, mais c'est quand même ce qui est en train de faire son succès. Il faut dire, comme je l'ai dit précédemment qu'elles sont particulièrement réussies. Si Bowie - paix à son âme - n'est plus en état de valider ou non cette énième biographie, Cave a déjà dit tout le bien qu'il pensait de la sienne ...