Comment un artiste américain - bon, ok, il vit à Londres depuis quelques temps - dont la carrière s’étale sur plus de vingt ans peut-il encore se produire gratuitement dans une salle comme le Supersonic à Paris ? Le Supersonic, c’est d’ailleurs plus exactement deux salles, le Supersonic Club, mal fichue, avec plafond bas, poteau en plein milieu, deux étages, environ 300 places, généralement pour des concerts gratuits de groupes émergents qui n’ont pas encore sorti le moindre LP et le Supersonic Records, plus petite salle attenante, aussi mal fichue, car une large partie des spectateurs se retrouvent sur le côté de la scène, pour des concerts cette fois-ci payants. Mais revenons à Jeremy Jay, puisque c’est de lui dont il s’agit. Je suis tombé dessus par hasard en lisant le programme des deux salles et je me suis rappelé à son bon souvenir, celui des très beaux "Slow Dance" et "Splash", il y a plus de quinze ans. Connaissant l’horaire de son passage - désolé pour les deux autres groupes de la soirée - nous sommes juste arrivés 20 minutes avant. Malheureusement, ce que nous n’avons pas calculé, c’est qu’il y a une jauge à l’entrée et que nous devons donc faire la queue. Mais miracle, nous avons quand même pu rentrer à peu près pour le début des hostilités, ne pensant pas, naïvement, que pour beaucoup de gens, les concerts n’étaient qu’un prétexte à sortir le samedi soir, près de Bastille. Malgré l’acoustique moyenne de la salle, on reconnaissait bien "In This Lonely Town", "Gallop" ou "Just Dial My Number" écoutés le midi même pour se rafraichir la mémoire. Le grand Jeremy Jay - il fait 1,93m - est accompagné sur scène d’un groupe de jeunes (et petits) musiciens sobres et efficaces. On se dit qu’on aurait préféré l’écouter dans un autre lieu, une autre ambiance.
Arrivés tardivement, nous nous sommes retrouvés coincés derrière ceux venant expressément pour la musique, calmes et attentifs et juste devant ceux bruyamment adossés au bar, plutôt là pour se taper la discute entre potes. La carrière de Jeremy Jay méritait mieux que ces seulement quarante-cinq minutes de concert. En tout cas, cela m’a au moins donner l’envie de réecouter et surtout réévaluer sa musique. En espérant qu’il en a été de même d’autres spectateurs présents au Supersonic. Dans deux semaines, le Supersonic Records cette fois accueillera le festival Outsiders - qui porte mal son nom, à ce niveau-là, on ne peut plus parler d’outsiders mais de losers non ?😉 - pour sa troisième édition. J’avais été à la première avec notamment une soirée mémorable (Gontard et Baby Bird) mais zappé la seconde (regret de ne pas avoir vu The Woodentops). Pour la troisième année, la programmation est toujours impeccable (merci au webzine ami "Sun Burns Out") avec Black Box Recorder ou l’inénarrable Momus. Comme si le Supersonic était finalement là soit pour lancer une carrière, soit pour entériner une carrière définitivement en marge.
Commentaires
Enregistrer un commentaire