Accéder au contenu principal

Mes indispensables : Sparklehorse - Vivadixiesubmarinetransmissionplot (1995)

Décidément, cette nouvelle décennie est marquée du sceau du suicide parmi les folkeux américains. Car après Vic Chesnutt, ce fut autour de Mark Linkous, leader de Sparklehorse, de mettre fin à ses jours, il y a une semaine maintenant. Et si je n'étais pas particulièrement amateur de la musique du premier, celle du deuxième m'a nettement plus marquée. Et notamment ce disque - ainsi que "It's a wonderful life", surtout pour la chanson titre, qui raisonne désormais de manière tristement cynique - le premier du groupe, au nom à rallonge. Attention, reprenez votre respiration : "Vivadixiesubmarinetransmissionplot". A l'époque, Linkous avait eu un grave accident qui l'avait cloué pendant plusieurs mois dans un fauteuil roulant. Ceux qui ont pu le voir sur scène à ce moment-là, ont été pour la plupart subjugué par l'émotion qui pouvait se dégager de cet homme. Cette émotion, on la ressent d'ailleurs dans cet album magnifique. Comme dans chaque premier disque, c'est toute la vie passée de l'artiste que l'on traverse, ses hauts et ses bas, souvent plus nombreux malheureusement. Les disques suivants, ça n'est déjà plus pareil, on applique une recette. Les morceaux les plus calmes comme "Homecoming Queen", "Most Beautiful Widow In Town", "Heart Of Darkness" ou "Sad And Beautiful World" sont autant de chansons déchirantes, le tout sans abondance d'effets, quelques fois même presque nues. Mais les titres les plus rock comme "Rainmaker", "Hammering The Cramps" et surtout "Tears On Fresh Fruit" ne sont pas en reste et demeurent aujourd'hui encore sous couvert de plus de brutalité et de rugosité profondément touchants (voire flippants).
Parce qu'on sait désormais, même si ce n'était un secret pour aucun fan, qu'ici l'émotion n'était pas jouée, mais bien réelle. "It's a wonderful life" est aussi souvent cité comme leur meilleur disque, sauf que je lui reprocherais son côté trop arrangé, presque lisse. On ne badine pas avec les sentiments. La chair de poule, ça ne se commande pas, cela se ressent avant tout, et tant pis, si c'est maladroit, mal fichu, un peu bancal. L'essentiel est que cela soit naturel. Mark Linkous sera aussi souvent comparé à un Neil Young moderne, ou plutôt un Neil Young "underground", en marge. On a juste oublié de dire que Sparklehorse, c'était tout simplement comme Neil Young, mais en mieux, parce que ça vous prend là, aux tripes. Ce disque est un chef d'oeuvre, et je ne dis pas ça parce que le gars vient de mourir. En témoigne, pour les sceptiques, les paroles du magnifique "Heart Of Darkness" ci-dessous. So long, Mark ...

She laid her head
On my chest
As the sun burned
Down the west
There’s one thing we still got
This one last dance in this parking lot

Oh yeah, i, I got a heart of darkness
Oh yeah, i, I got a heart of darkness

Then she woke up
Into the fire
And the flames kept
Dancing higher
Satan would laugh at her screams
Then she woke up from her dreams

Oh yeah, i, I got a heart of darkness
Oh yeah, i, I got a heart of darkness


Clip de "Rainmaker" :

Commentaires

  1. C'est effectivement un monument!
    Quel album!!!

    RépondreSupprimer
  2. ce n'est que récemment que j'ai découvert Sparklehorse avec Danger Mouse...
    Quelques jours après l'annonce de son suicide, une copine me parle de cela toute affolée qu'elle était !!! Et me fait presque un procès parce que je ne connais pas cet artiste... Chose réparée quelques jours après, suite à un article que j'ai publié (Frightened Rabbit - My Backwards Walk)me donne conseille sur une des chansons de l'album sur le même thème (Revenge) de fil en aiguille, j'ai écouté l'album = SUBLIME !! Je me demande encore comment j'ai pu faire sans !!! :-D

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

Mark Pritchard & Thom Yorke - Tall Tales

Oui, je sais, je ne suis pas très productif ces derniers temps... Une nouvelle fois, plus le temps, plus l’envie. J’avoue même écouter moins de musique. Heureusement, il y a quelques nouveautés qui me donnent toujours envie d’y revenir. Les productions de Thom Yorke quelqu’elles soient - Radiohead évidemment dont on annonce une sortie d'ici fin de l'année, en solo ou avec The Smile - en font partie. Le voici en duo avec Mark Pritchard, musicien australien de cinquante ans dont j’admets ne rien connaître. Ce n’est pas le genre de musique que j’écoute habituellement, encore que, pas si éloignée de celle de Kraftwerk. Les deux avaient déjà travaillé ensemble, notamment, sur " Beautiful People " extrait de l’album " Under the sun " de l’australien paru en 2016. Cette nouvelle collaboration permet au chanteur de Radiohead de signer son premier diqque sur un label qu’il vénère depuis longtemps, Warp (Aphex Twin, Boards of Canada, Autechre, etc).  Et je dois dire q...

Beak> (+ Litronix) - L'Elysée Montmartre - Paris, le 13 novembre 2024

  9 ans déjà. 9 ans depuis que nous avons côtoyé l'horreur. Si proche, cette fois. Le choc fut donc plus rude. Ce vendredi 13 novembre 2015 a laissé des traces indélébiles pour tous les amateurs de musique live. Pourtant, à la même date, cette année, le nombre de bons concerts à Paris était pléthorique, pour ne pas dire démentiel. Imaginez vous : il y avait le choix entre les irlandais de Fontaines DC, chouchous de la scène rock actuelle au Zénith, les revenants de Mercury Rev à la Maroquinerie, François and the Atlas Mountains, pour une relecture live de leur disque de 2014, " Piano Ombre " à la Philharmonie de Paris, les nouveaux venus de Tapir! Au Pop Up du Label, la troupe suisse de l'Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp à la Marbrerie et enfin Beak>, le groupe de Geoff Barrow, ancien batteur de Portishead. Et encore, je n'ai cité que les concerts intéressants que j'avais repéré. Je suis sûr qu'il y en avait d'autres... Mais pourquoi une telle...