Accéder au contenu principal

Mes indispensables : Roxy Music - Roxy Music (1972)

A la fin du mois d'août seront présents au festival Rock en Seine, à Saint-Cloud, des revenants. On ne compte plus le nombre de groupes à ressortir ainsi du placard, mais il faut avouer que c'est souvent une occasion agréable pour remettre de vieux classiques dans le tiroir à CD de la chaîne hi-fi, surtout lorsqu'il s'agit de formations aussi cultes que Roxy Music. Je n'attends pourtant pas spécialement la prestation de Bryan Ferry et ses ex-acolytes, - d'ailleurs, je ne pense même pas y assister de peur d'être franchement déçu - mais réécouter ce disque, leur premier surtout, est encore et toujours un plaisir. Les fans et les autres auront sans doute beau arguer que leur meilleur, c'est le suivant "For Your Pleasure", celui avec Amanda Lear sur la pochette, c'est pourtant bien "Roxy Music" mon préféré, et de loin. Parce qu'il était plus brouillon, plus instinctif, moins réfléchi et qu'il contenait aussi un des plus grands singles de cette période glam-rock "Virginia Plain". Roxy Music et Ferry n'étaient pas encore sûrs de leur talent et expérimentaient à tout-va, mélangeant allégrement les genres : de la pop à la soul en passant par le jazz , le rock progressif, voire même un certain esprit punk dans le fait de balancer la sauce de la sorte et de faire partir ainsi les influences dans tous les sens. Un disque sexy en diable. Brian Eno est alors aux commandes aux claviers et même s'il n'est pas mentionné directement parmi les compositeurs, il est indéniable au vu de sa future discographie solo que le bonhomme a eu une influence au niveau du son du disque. La suite de la carrière de Roxy Music sera après le départ d'Eno moins intéressante, plus facile, plus commerciale, tendant régulièrement vers le kitsch et le mauvais goût, un peu à l'image de ces femmes posant sur les pochettes de leurs disques.
Ferry, à la carrière en dents de scie, alternera aussi en solo, le bon et surtout le moins bon, et gâchera souvent sa formidable voix dans quelques balades sirupeuses du plus mauvais effet. Mais pour un crooner, quel qu'il soit, surtout quand il n'est pas bien entouré, ce n'est pas toujours évident d'éviter de tomber dans l'auto-parodie. "Bitters end", le dernier morceau de "Roxy Music" est à ce titre, l'exemple éclatant d'une chanson toujours à la limite de l'excès de guimauve mais qui ne tombe jamais dans le ridicule, malgré les choeurs tendance "choubidou". C'est une des raisons pour lesquelles ce disque passe pour moi aussi bien l'épreuve du temps et demeure un classique incontournable. Preuve est faite que l'excentricité et la fantaisie - visibles ici jusque dans les tenues du groupe - peuvent aussi aboutir à des oeuvres intemporelles.

"Ladytron" :

"Virginia Plain" :

Commentaires

  1. Joli texte. Je ne crois pas qu'il faut bouder malgre tout leurs autres prod ni Bryan Ferry (boys & Girls malgre son son 80's avec ses stores bleutees est un monument de delicatesse). Bravo pour ta perseverance. Gwen.

    RépondreSupprimer
  2. Je constate que toi aussi tu as persévéré à venir ici malgré tes précédents commentaires. En tout cas, celui-là fait plaisir. Merci pour le compliment.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

Mark Pritchard & Thom Yorke - Tall Tales

Oui, je sais, je ne suis pas très productif ces derniers temps... Une nouvelle fois, plus le temps, plus l’envie. J’avoue même écouter moins de musique. Heureusement, il y a quelques nouveautés qui me donnent toujours envie d’y revenir. Les productions de Thom Yorke quelqu’elles soient - Radiohead évidemment dont on annonce une sortie d'ici fin de l'année, en solo ou avec The Smile - en font partie. Le voici en duo avec Mark Pritchard, musicien australien de cinquante ans dont j’admets ne rien connaître. Ce n’est pas le genre de musique que j’écoute habituellement, encore que, pas si éloignée de celle de Kraftwerk. Les deux avaient déjà travaillé ensemble, notamment, sur " Beautiful People " extrait de l’album " Under the sun " de l’australien paru en 2016. Cette nouvelle collaboration permet au chanteur de Radiohead de signer son premier diqque sur un label qu’il vénère depuis longtemps, Warp (Aphex Twin, Boards of Canada, Autechre, etc).  Et je dois dire q...

"Starman : Quand Ziggy éclipsa Bowie" & "Nick Cave : Mercy on Me" de Reinhard Kleist

Deux chroniques pour le prix d'une ! Et des chroniques de bandes dessinées, une fois n'est pas coutume. Mais des bandes dessinées sur la musique et le rock en particulier. Noël est passé, mais il n'est jamais trop tard ou se faire plaisir ou offrir. Voici en tout cas deux bouquins que je recommande fortement pour qui aime l'univers et la musique de ces deux grands artistes : David Bowie et Nick Cave. Mais qui ne les aiment pas ? Reinhard Kleist, l'auteur de ces deux livres, est un dessinateur allemand qui, après avoir déjà réalisé une biographie de Johnny Cash enchaîne donc avec les deux chanteurs susnommés. Il n'a pas réalisé que ce type d'oeuvre, mais c'est quand même ce qui est en train de faire son succès. Il faut dire, comme je l'ai dit précédemment qu'elles sont particulièrement réussies. Si Bowie - paix à son âme - n'est plus en état de valider ou non cette énième biographie, Cave a déjà dit tout le bien qu'il pensait de la sienne ...