Accéder au contenu principal

Hefner - The Day That Thatcher Dies (2000)

Il ne faut pas souhaiter la mort des gens, comme dirait l'autre. Pourtant, beaucoup de nos voisins d'outre-Manche y ont un jour pensé, et les petits gars d'Hefner, qui reprenaient par là le refrain enfantin "Ding dong, the witch is dead" extrait du Magicien d'Oz, en premier. Je veux parler bien sûr de la mort de la fameuse "dame de fer", Margaret Thatcher qui aura bâillonné toute une génération de rebelles en herbe. La fin du punk n'est-elle pas intervenue au moment de son accession au poste de premier ministre en 1979 ? D'ailleurs, beaucoup vont même jusqu'à lui reprocher la soit disant pauvreté musicale des années 80 britanniques. Prônant avant tout la réussite individuelle, sa politique aurait aussi coupé net beaucoup de liens sociaux. Margaret Thatcher est donc morte hier et on ne se réjouira évidemment pas de la nouvelle. Mais, en dépit d'un récent biopic assez complaisant dont l'intérêt principal était de permettre à Meryl Streep d'obtenir un nouvel Oscar, les gens à garder de jolis souvenirs de sa personne doivent se compter sur les doigts d'une main. Jamais une femme n'aura déclenché un tel torrent de haine, justifiée ou non. On pourrait citer Morrissey ou The English Beat, mais la liste est longue et à peine esquissée par les Inrocks. Ses idées, comme ceux de son collègue américain de l'époque, le fameux cowboy Ronald Reagan, un George W. Bush avant l'heure, ont pourtant depuis fait école. Sarkozy a ni plus ni moins repris le même programme de rigueur économique et de rejet des élites au profit de sa sacro-sainte "valeur travail". Aujourd'hui, c'est toute l'Europe ou presque qui poursuit la même vision. Et l'on rêve à l'équivalent français de la chanson d'Hefner (pas Renaud s'il vous plait... le chanteur ayant aussi, en son temps, vilipendé Thatcher dans un "Miss Maggie" plus bête que méchant), sur Sarkozy par exemple. Non, c'est vrai, il ne faut pas souhaiter la mort des gens... Des fois qu'il lui prendrait l'envie de revenir en 2017...

We will laugh the day that Thatcher dies,
Even though we know it's not right,
We will dance and sing all night.

I was blind in 1979, by '82 I had clues,
By 1986 I was mad as hell.

The teachers at school, they took us for fools,
They never taught us what to do,
But Christ we were strong, we knew all along,
We taught ourselves the right from wrong.

And the punk rock kids, and the techno kids,
No, it's not their fault.
And the hip hop boys and heavy metal girls,
No, it's not their fault.

It was love, but Tories don't know what that means,
She was Michelle Cox from the lower stream,
She wore high-heeled shoes while the rest wore flat soles.

And the playground taught her how to be cruel,
I talked politics and she called me a fool,
She wrapped her ankle chain round my left wing heart.

Ding dong, the witch is dead, which old witch?
The wicked witch.
Ding dong, the wicked witch is dead.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

Michel Houellebecq & Frédéric Lo - Souvenez-vous de l'homme

On ne présente plus le premier, l’un des écrivains français les plus traduits au monde, controversé, aimant la provocation, jusqu’à flirter avec l’extrême droite ou tourner dans un porno amateur. On l’avait déjà retrouvé sur disque lors d’une collaboration avec Bertrand Burgalat pour le brillant et culte " Présence humaine " en 2000. Ses textes poétiques se marient bien avec la musique, ils ont leur mélodie, même s’ils sont juste déclamés. On connait un peu moins le second. Pourtant, c’est lui qui fut à l’origine du renouveau artistique de deux chanteurs attachants et en perte de vitesse, au bout du rouleau : d’une part, Daniel Darc, l’ex Taxi Girl avec le bien nommé " Crève coeur " en 2004, grand disque de chanson d’ici, et d’autre part, Pete Doherty, l’ex Libertines qui peinait à se renouveler avec un album élégant, à la classe délicieusement désuète. Les deux se seraient mis d’accord à l’écoute du " Psaume 23 " repris par Darc sur l’album susnommé. Houe...

"Starman : Quand Ziggy éclipsa Bowie" & "Nick Cave : Mercy on Me" de Reinhard Kleist

Deux chroniques pour le prix d'une ! Et des chroniques de bandes dessinées, une fois n'est pas coutume. Mais des bandes dessinées sur la musique et le rock en particulier. Noël est passé, mais il n'est jamais trop tard ou se faire plaisir ou offrir. Voici en tout cas deux bouquins que je recommande fortement pour qui aime l'univers et la musique de ces deux grands artistes : David Bowie et Nick Cave. Mais qui ne les aiment pas ? Reinhard Kleist, l'auteur de ces deux livres, est un dessinateur allemand qui, après avoir déjà réalisé une biographie de Johnny Cash enchaîne donc avec les deux chanteurs susnommés. Il n'a pas réalisé que ce type d'oeuvre, mais c'est quand même ce qui est en train de faire son succès. Il faut dire, comme je l'ai dit précédemment qu'elles sont particulièrement réussies. Si Bowie - paix à son âme - n'est plus en état de valider ou non cette énième biographie, Cave a déjà dit tout le bien qu'il pensait de la sienne ...