Accéder au contenu principal

Florent Marchet - Bambi Galaxy

Que Florent Marchet ne nous dise pas qu'il n'a jamais lu Houellebecq, on ne le croira pas. Tout ou presque dans ce quatrième album, "Bambi Galaxy" rappelle les thèmes abordés par l'écrivain dans son roman "La Possibilité d'une île" jusqu'à l'ironique référence à Raël. Le dernier titre "Ma particule élémentaire" est une autre allusion à l'auteur de "La Carte et le Territoire". Le chanteur est désormais un habitué du disque à thème, qu'il perpétue jusque dans l'habillement. Finies la moustache et les sapes ringardes de "Courchevel", on le retrouve cette fois-ci affublé d'une veste à paillettes et d'une coupe de cheveux nettement plus "djeuns". Dans la récente interview de "On n'est pas couché" chez Ruquier - c'est qu'il commence à devenir sacrément connu, le bougre, parrainage Inrocks oblige -, on sent même qu'il pousse le bouchon jusqu'à changer de personnage à chaque nouvel album : une démarche artistique totale! On pourra trouver ça vain sur la première partie de "Bambi Galaxy". Jusqu'à "Heliopolis", les titres sont d'honnêtes pop songs, ne se distinguant pas du lot du revival années 80, très à la mode.
Et à partir de "647", les chansons comme les textes se font moins évidents, plus lyriques aussi. En cela, je rejoins l'analyse de Natacha Polony - mince, que m'arrive-t-il ? Peut-être aussi parce que les thèmes me touchent moins, ce nouveau disque, à l'instar de "Courchevel", reste en retrait de "Rio Barril", moins émouvant, de plus en plus fantaisiste. On est encore loin d'un Katerine et c'est en cela que Marchet est ambigu. Où veut-il en venir ? N'enfonce-t-il pas des portes ouvertes ? Faut-il prendre au sérieux quelqu'un qui chante comme Souchon sur de la musique à la Sébastien Tellier ? Oui, assurément, il y a pire comme référence et je reste curieux de savoir quel personnage il osera incarner la prochaine fois. Et puis, c'est toujours agréable d'aller le voir sur scène.

Clip de "Apollo 21" :


Florent Marchet en concert privé pour Label Pop :

Commentaires

  1. Je ne le connais pas encore, et je ne sais pas si c'est le disque approprier pour aborder son œuvre. Je vais sans doute d'abord écouter ses précédents, "Rio Baril" notamment.

    RépondreSupprimer
  2. Oh l la..c'est la chronique de tous les dangers.. j'ai grilouillé qq trucs, mais je sais pas si je vais poster. J'étais en pétard et du coup j'ose plus le remettre..ou alors, c'est la pochette, le déguisement (voir Katerine), surement le son, ou alors les médias..
    Faut que je réécoute. Tu t'en ai bien tiré en tout cas Vince.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, c'est vrai que de prime abord, on ne sait quoi penser de ce nouveau Marchet et puis, au fil des écoutes, il est pas si mal, surtout la fin donc.

      Supprimer
  3. Ce n'est pas mon préféré...mais honnêtement, les derniers titres m'ont touchés...même si ça parait farfelu et loin de nos problème quotidien, il arrive à faire passer un certain sentiments angoissant...et puis Appollo21, à mon sens la plus réussie, est vraiment prenante !!
    Ca reste pour moi un bon Florent Marchet !

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Lucie

L'autre jour, en lisant l'article intitulé « ça rime à quoi de bloguer ? » sur le très bon blog « Words And Sounds » - que vous devez déjà connaître, mais que je vous recommande au cas où cela ne serait pas le cas - je me disais, mais oui, cette fille a raison : « ça rime à quoi la musique à papa? ». Enfin, non, sa réflexion est plutôt typiquement féminine : trouvons un sens derrière chaque chose ! Nous, les hommes, sommes plus instinctifs, moins réfléchis. C'est sans doute pour ça que dans le landernau (je ne sais pas pourquoi, j'aime bien cette expression, sans doute parce que ça fait breton :-) des « indierockblogueurs », il y a surtout des mecs. Un mec est par contre bizarrement plus maniaque de classements en tout genre, surtout de classements complètement inutiles dans la vie de tous les jours. Pour ceux qui ne me croient pas, relisez donc Nick Hornby. Et je dois dire que je n'échappe pas à la règle, même si j'essaie de me soigner. J'ai, par exemple,

Beak - >>>>

A peine remis du magnifique concert de Beth Gibbons, que nous apprenions la sortie surprise d'un nouvel album de Beak, groupe de Geoff Barrow depuis 2009 et la fin (?) de Portishead. Beak a la bonne idée d'intituler ses disques d'un " > " supplémentaire à chaque fois - on en est au quatrième - , comme pour dire que la formation est en constante progression, ce qui est assez vrai, tellement cette nouvelle mouture impressionne d'emblée. Les deux premiers titres, " Strawberry Line " et " The Seal " fixent la barre très haut. La production est toujours impeccable, avec une rythmique bien mise en avant, rappelant bien sûr le krautrock dont on sait que Barrow est amateur depuis " Third " chef d'oeuvre indépassable de Portishead, ce chant distant et ces chansons qui progressent lentement, créant ce climat de tension constante, dans l'attente de ce qui va suivre. La suite, moins immédiatement renversante, plus lancinante, nous

Top albums 2023

2023, fin de la partie. Bonjour 2024 et bonne et heureuse année à toutes et tous ! Je termine cette fois-ci un premier janvier, sur le fil, histoire de bien clôturer l'affaire, sans anticipation. Avant de vous dire qu'il s'annonce plein de bonnes choses musicalement parlant pour la nouvelle année, voici un récapitulatif de l'an dernier en 10 albums. 10 disques choisis le plus subjectivement possible, parce que ce sont ceux qui m'ont le plus emballé, le plus suivi pendant douze mois et qui je pense, me suivront le plus longtemps encore à l'avenir. 10- Young Fathers - Heavy, Heavy Ces jeunes pères de famille inventent une pop futuriste à partir de mixtures de TV On The Radio, Animal Collective ou autre Massive Attack. C'est brillant, novateur, stimulant, mais cela a parfois le défaut de ses qualités : notre cerveau est régulièrement en surchauffe à l'écoute de ces morceaux bien trop denses pour le commun des mortels, incapable de retenir autant de sons, d&