Accéder au contenu principal

Ought - Paris, La Mécanique Ondulatoire - 11 août 2014

A peine rentrés d'un radieux week-end à Stockholm - oui, je sais, nous sommes chanceux -, nous profitons de n'être encore qu'à deux, maman et moi, pour sortir. Les jeunes Canadiens de Ought, c'est grâce à Vincent de Pinkfrenetik que j'y suis revenu. Il était donc presque normal qu'on se retrouve au bar de la Mécanique Ondulatoire avant le début des hostilités dans la cave du sous-sol. On a pu se voir pour la première fois et discuter "beaucoup musique donc, mais pas que". Belle rencontre réelle poursuivant de manière fluide la précédente, virtuelle. Que le commencement tardif du concert a même pu prolonger. Il faut dire que n'ayant qu'un disque et un EP à leur actif, Ought ne pourrait pas jouer toute la nuit. Fidèles à l'esprit bruitiste et tendu de l'excellent "More Than Any Other Day", ils démarrent pied au plancher. Les meilleurs titres sont tous joués d'emblée, idéal pour se mettre le public dans la poche. La petite scène installée dans la voûte vacille sous les coups de boutoir, le chanteur, grand dégingandé aux faux airs de Jarvis Cocker, est incroyablement habité par sa musique. Il commence à faire chaud. Le groupe n'est pas rassuré par la promiscuité de cette petite salle fermée où l'air semble commencer à manquer. Le concert baisse en intensité au fil des morceaux, finissant par le plus calme et le plus linéaire. Car le charme de ces chansons, c'est leur brusque changement de rythme, ce sentiment aussi d'assister au mixe du meilleur du rock de ces quarante dernières années, des Talking Heads à Sonic Youth en passant par The Fall ou Joy Division. Ought fut donc à l'image de leur album : une première partie ravageuse qui laisse pantois, hébété suivie d'une seconde où le groupe qui semble aussi groggy que nous, cherche une porte de sortie, tourne autour du pot. C'est l'impression que nous avons eu en quittant la Mécanique Ondulatoire. Presque KO, les oreilles vaincues. En boxe, Ought aurait quand même largement gagné aux points (poings ?)

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

Michel Houellebecq & Frédéric Lo - Souvenez-vous de l'homme

On ne présente plus le premier, l’un des écrivains français les plus traduits au monde, controversé, aimant la provocation, jusqu’à flirter avec l’extrême droite ou tourner dans un porno amateur. On l’avait déjà retrouvé sur disque lors d’une collaboration avec Bertrand Burgalat pour le brillant et culte " Présence humaine " en 2000. Ses textes poétiques se marient bien avec la musique, ils ont leur mélodie, même s’ils sont juste déclamés. On connait un peu moins le second. Pourtant, c’est lui qui fut à l’origine du renouveau artistique de deux chanteurs attachants et en perte de vitesse, au bout du rouleau : d’une part, Daniel Darc, l’ex Taxi Girl avec le bien nommé " Crève coeur " en 2004, grand disque de chanson d’ici, et d’autre part, Pete Doherty, l’ex Libertines qui peinait à se renouveler avec un album élégant, à la classe délicieusement désuète. Les deux se seraient mis d’accord à l’écoute du " Psaume 23 " repris par Darc sur l’album susnommé. Houe...

"Starman : Quand Ziggy éclipsa Bowie" & "Nick Cave : Mercy on Me" de Reinhard Kleist

Deux chroniques pour le prix d'une ! Et des chroniques de bandes dessinées, une fois n'est pas coutume. Mais des bandes dessinées sur la musique et le rock en particulier. Noël est passé, mais il n'est jamais trop tard ou se faire plaisir ou offrir. Voici en tout cas deux bouquins que je recommande fortement pour qui aime l'univers et la musique de ces deux grands artistes : David Bowie et Nick Cave. Mais qui ne les aiment pas ? Reinhard Kleist, l'auteur de ces deux livres, est un dessinateur allemand qui, après avoir déjà réalisé une biographie de Johnny Cash enchaîne donc avec les deux chanteurs susnommés. Il n'a pas réalisé que ce type d'oeuvre, mais c'est quand même ce qui est en train de faire son succès. Il faut dire, comme je l'ai dit précédemment qu'elles sont particulièrement réussies. Si Bowie - paix à son âme - n'est plus en état de valider ou non cette énième biographie, Cave a déjà dit tout le bien qu'il pensait de la sienne ...