A peine rentrés d'un radieux week-end à Stockholm - oui, je sais, nous sommes chanceux -, nous profitons de n'être encore qu'à deux, maman et moi, pour sortir. Les jeunes Canadiens de Ought, c'est grâce à Vincent de Pinkfrenetik que j'y suis revenu. Il était donc presque normal qu'on se retrouve au bar de la Mécanique Ondulatoire avant le début des hostilités dans la cave du sous-sol. On a pu se voir pour la première fois et discuter "beaucoup musique donc, mais pas que". Belle rencontre réelle poursuivant de manière fluide la précédente, virtuelle. Que le commencement tardif du concert a même pu prolonger. Il faut dire que n'ayant qu'un disque et un EP à leur actif, Ought ne pourrait pas jouer toute la nuit. Fidèles à l'esprit bruitiste et tendu de l'excellent "More Than Any Other Day", ils démarrent pied au plancher. Les meilleurs titres sont tous joués d'emblée, idéal pour se mettre le public dans la poche. La petite scène installée dans la voûte vacille sous les coups de boutoir, le chanteur, grand dégingandé aux faux airs de Jarvis Cocker, est incroyablement habité par sa musique. Il commence à faire chaud. Le groupe n'est pas rassuré par la promiscuité de cette petite salle fermée où l'air semble commencer à manquer. Le concert baisse en intensité au fil des morceaux, finissant par le plus calme et le plus linéaire. Car le charme de ces chansons, c'est leur brusque changement de rythme, ce sentiment aussi d'assister au mixe du meilleur du rock de ces quarante dernières années, des Talking Heads à Sonic Youth en passant par The Fall ou Joy Division. Ought fut donc à l'image de leur album : une première partie ravageuse qui laisse pantois, hébété suivie d'une seconde où le groupe qui semble aussi groggy que nous, cherche une porte de sortie, tourne autour du pot. C'est l'impression que nous avons eu en quittant la Mécanique Ondulatoire. Presque KO, les oreilles vaincues. En boxe, Ought aurait quand même largement gagné aux points (poings ?)
On ne présente plus le premier, l’un des écrivains français les plus traduits au monde, controversé, aimant la provocation, jusqu’à flirter avec l’extrême droite ou tourner dans un porno amateur. On l’avait déjà retrouvé sur disque lors d’une collaboration avec Bertrand Burgalat pour le brillant et culte " Présence humaine " en 2000. Ses textes poétiques se marient bien avec la musique, ils ont leur mélodie, même s’ils sont juste déclamés. On connait un peu moins le second. Pourtant, c’est lui qui fut à l’origine du renouveau artistique de deux chanteurs attachants et en perte de vitesse, au bout du rouleau : d’une part, Daniel Darc, l’ex Taxi Girl avec le bien nommé " Crève coeur " en 2004, grand disque de chanson d’ici, et d’autre part, Pete Doherty, l’ex Libertines qui peinait à se renouveler avec un album élégant, à la classe délicieusement désuète. Les deux se seraient mis d’accord à l’écoute du " Psaume 23 " repris par Darc sur l’album susnommé. Houe...

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