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The Velvet Underground - New-York Extravaganza - Philharmonie de Paris - 6 mai 2016

Après l'expo Bowie, voici l'expo Velvet Underground. Le rock rentre enfin au musée. Comme une évidence. Le Velvet Underground est sans doute le groupe le plus influent de l'histoire du rock. Plus encore que les Beatles. Parce que le Velvet Underground dépasse le cadre de la musique. Parce que ce groupe, c'était aussi un état d'esprit, l'indépendance, un idéal, allier le rock à la poésie, l'expérimentation sonore aux jolies mélodies. Ce sont les premiers à faire du rock intelligent, même si d'aucuns diront que c'est antinomique. Que le rock doit rester instinctif. Mais un titre comme "Sister Ray" l'était, enregistré en une seule prise. Le Velvet Underground a engendré plus qu'un mouvement, le rock indépendant, il a engendré une philosophie de vie. Quelque chose qui a largement dépassé le seul cadre de mai 68 et de l'esprit libertaire de l'époque. Les New-Yorkais ont constitué une sorte d'antidote à l'esprit hippie de la côte ouest, bien plus en vogue à l'époque. Ils ont montré le noir, le sale, l'obscur, la mort, là où tout le monde voulait voir les fleurs, le beau, la joie, la vie. Ils étaient incontestablement à l'avant-garde, cause de leur insuccès chronique. Contrairement à beaucoup de leurs contemporains, ils sonnent toujours aussi modernes aujourd'hui. Ils n'ont connu la reconnaissance que bien après leur séparation. Disons que leur influence s'est diffusée lentement, s'est élargie au fil des générations de musiciens. Le Velvet Underground a, comme l'aurait dit Brian Eno, été à l'origine de milliers de groupes, dont certains presque aussi importants qu'eux. Cette exposition à la Philharmonie de Paris présente quantité d'informations passionnantes sur la genèse de la formation new-yorkaise et de son premier album, le fameux disque à la banane avec Warhol et Nico.
En comparaison, la suite paraît bâclée, comme s'ils avaient déjà tout dit à ce moment-là ou comme s'il n'existait pas de documents intéressants pour l'illustrer. Très peu aussi sur ceux qu'ils ont influencés qui sont pourtant, je l'ai dit, très nombreux. C'est dommage car des témoignages auraient permis aux néophytes de mieux saisir l'importance du groupe. Le contexte politique, social, culturel et artistique est par contre très bien expliqué. L'iconographie aussi est dense, avec un focus appuyé sur chacun des protagonistes et heureusement pas trop sur Warhol, personnage qui aurait pu s'avérer envahissant, car nettement plus habitué des musées. Nous sommes restés plus de 3h, avides de tout connaître. Après, si on se contente de fureter, l'exposition peut se faire très rapidement. Pendant ces quelques heures, on a donc essayé de se téléporter dans le New-York de ces années-là. Essayer car, avec le recul, tout cela paraît déjà si loin, presque inatteignable. Autre temps, autres moeurs. Il y avait du risque, du danger, des tabous à briser, quelque chose à construire ou plutôt à déconstruire. Un désir de révolte, de liberté. 

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