Accéder au contenu principal

Chevalrex - Le Centquatre, Paris - 6 novembre 2019

Une fois n'est pas coutume, c'est seul et non accompagné de maman que j'ai assisté au concert de Chevalrex, petit prince de la pop à la française. Petit, car son premier concert en présence de 7 musiciens sur scène se déroulait sur une petite scène du pourtant vaste 104 à Paris. D'autant que l'affluence était plutôt limitée et contenait en plus quelques collègues et amis, notamment le duo Arlt. Comme si, aujourd'hui, de tels talents étaient forcément amenés à rester en marge. Loin du bruit ambiant de Angèle ou de toute la clique des rappeurs français pratiquant une novlangue pour initiés et l'autotune à outrance. Pas de première partie, on rentrait donc, de suite dans le vif du sujet. Le chanteur était entouré de ses fidèles : Olivier Marguerit, autre petit prince de la pop made in France aux claviers, l'indéboulonnable Mocke à la guitare ou l'expérimenté Sylvain Joasson à la batterie. Tout ce petit monde s'était enfermé pendant plusieurs jours pour préparer la soirée, d'autant que deux d'entre eux - au violon et violoncelle - ne connaissaient pas les morceaux. D'abord un peu intimidé et stressé, Chevalrex alias Rémy Poncet, affublé désormais d'une moustache (Movember?), se lâcha progressivement pour entamer quelques pas de danse et une sortie presque discrète au milieu du public. On sent le chanteur en adéquation totale avec sa musique, ses paroles. Des textes qui prennent davantage de poids en concert. Une indéniable qualité d'écriture et toute une petite famille de la chanson française qui fonctionne comme une salutaire poche de résistance. Pour se rassurer, on se dit que le temps devrait faire son œuvre : on écoutera encore Chevalrex dans plusieurs décennies alors qu'on aura déjà oublié depuis longtemps beaucoup de squatteurs de la bande FM actuelle. On se remémorera cette soirée avec fierté, en se disant qu'on y était. Par choix, parce qu'on cherchait autre chose, parce qu'on avait besoin d'autre chose. Merci.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

"Starman : Quand Ziggy éclipsa Bowie" & "Nick Cave : Mercy on Me" de Reinhard Kleist

Deux chroniques pour le prix d'une ! Et des chroniques de bandes dessinées, une fois n'est pas coutume. Mais des bandes dessinées sur la musique et le rock en particulier. Noël est passé, mais il n'est jamais trop tard ou se faire plaisir ou offrir. Voici en tout cas deux bouquins que je recommande fortement pour qui aime l'univers et la musique de ces deux grands artistes : David Bowie et Nick Cave. Mais qui ne les aiment pas ? Reinhard Kleist, l'auteur de ces deux livres, est un dessinateur allemand qui, après avoir déjà réalisé une biographie de Johnny Cash enchaîne donc avec les deux chanteurs susnommés. Il n'a pas réalisé que ce type d'oeuvre, mais c'est quand même ce qui est en train de faire son succès. Il faut dire, comme je l'ai dit précédemment qu'elles sont particulièrement réussies. Si Bowie - paix à son âme - n'est plus en état de valider ou non cette énième biographie, Cave a déjà dit tout le bien qu'il pensait de la sienne ...

Michel Houellebecq & Frédéric Lo - Souvenez-vous de l'homme

On ne présente plus le premier, l’un des écrivains français les plus traduits au monde, controversé, aimant la provocation, jusqu’à flirter avec l’extrême droite ou tourner dans un porno amateur. On l’avait déjà retrouvé sur disque lors d’une collaboration avec Bertrand Burgalat pour le brillant et culte " Présence humaine " en 2000. Ses textes poétiques se marient bien avec la musique, ils ont leur mélodie, même s’ils sont juste déclamés. On connait un peu moins le second. Pourtant, c’est lui qui fut à l’origine du renouveau artistique de deux chanteurs attachants et en perte de vitesse, au bout du rouleau : d’une part, Daniel Darc, l’ex Taxi Girl avec le bien nommé " Crève coeur " en 2004, grand disque de chanson d’ici, et d’autre part, Pete Doherty, l’ex Libertines qui peinait à se renouveler avec un album élégant, à la classe délicieusement désuète. Les deux se seraient mis d’accord à l’écoute du " Psaume 23 " repris par Darc sur l’album susnommé. Houe...