Accéder au contenu principal

Tristen - Les Identités Remarquables

Les identités remarquables sont des égalités qui servent en mathématiques, à aider à la résolution de problèmes en les simplifiant. La musique de Tristen est à la croisée de beaucoup d'autres : O, alias Olivier Marguerit pour les choeurs féminins - soit Bénédicte, sa femme, soit La Féline -, les mélodies pop et les claviers omniprésents ; des intonations et des textes proches d'un Dominique A, notamment sur une "Grande Randonnée" pleine de souffle; de l'électronique qui tabasse à la Kompromat en conclusion des "Bourgeons de fer"; même Calogero et cette étonnante envolée vocale à la fin de "l'alpha et l'oméga". Est-ce à dire que la musique de Tristen, telles des identités remarquables, serait un bon résumé de celles des autres, étant la matrice de toutes ? Pas sûr, "Je suis une île" nous dit-il sur le titre du même nom, à l'inverse du fameux "Je suis une ville" de Dominique A justement. De même, plus que d'apporter des réponses, ses textes restent ouverts aux multiples interprétations, aux champs des possibles. 
Voilà tout le paradoxe de Tristen. Celui d'être dans la droite lignée d'une chanson pop française un peu exigeante, celle qui rencontre un certain succès public et surtout critique et en même temps d'être en marge de par une désolante exposition médiatique, réduite à peau de chagrin. Comme un pied de nez, le chanteur se paie pour clôturer son disque une belle reprise de "Voyage, voyage", célèbre tube des années 80. Trop entendue, la chanson paraît, sous cette nouvelle couleur,  nettement moins fade que dans nos souvenirs, ce qui n'est pas un mince exploit. Tristen, c'est donc peut-être juste ça : une belle identité. Remarquable.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

Mark Pritchard & Thom Yorke - Tall Tales

Oui, je sais, je ne suis pas très productif ces derniers temps... Une nouvelle fois, plus le temps, plus l’envie. J’avoue même écouter moins de musique. Heureusement, il y a quelques nouveautés qui me donnent toujours envie d’y revenir. Les productions de Thom Yorke quelqu’elles soient - Radiohead évidemment dont on annonce une sortie d'ici fin de l'année, en solo ou avec The Smile - en font partie. Le voici en duo avec Mark Pritchard, musicien australien de cinquante ans dont j’admets ne rien connaître. Ce n’est pas le genre de musique que j’écoute habituellement, encore que, pas si éloignée de celle de Kraftwerk. Les deux avaient déjà travaillé ensemble, notamment, sur " Beautiful People " extrait de l’album " Under the sun " de l’australien paru en 2016. Cette nouvelle collaboration permet au chanteur de Radiohead de signer son premier diqque sur un label qu’il vénère depuis longtemps, Warp (Aphex Twin, Boards of Canada, Autechre, etc).  Et je dois dire q...

"Starman : Quand Ziggy éclipsa Bowie" & "Nick Cave : Mercy on Me" de Reinhard Kleist

Deux chroniques pour le prix d'une ! Et des chroniques de bandes dessinées, une fois n'est pas coutume. Mais des bandes dessinées sur la musique et le rock en particulier. Noël est passé, mais il n'est jamais trop tard ou se faire plaisir ou offrir. Voici en tout cas deux bouquins que je recommande fortement pour qui aime l'univers et la musique de ces deux grands artistes : David Bowie et Nick Cave. Mais qui ne les aiment pas ? Reinhard Kleist, l'auteur de ces deux livres, est un dessinateur allemand qui, après avoir déjà réalisé une biographie de Johnny Cash enchaîne donc avec les deux chanteurs susnommés. Il n'a pas réalisé que ce type d'oeuvre, mais c'est quand même ce qui est en train de faire son succès. Il faut dire, comme je l'ai dit précédemment qu'elles sont particulièrement réussies. Si Bowie - paix à son âme - n'est plus en état de valider ou non cette énième biographie, Cave a déjà dit tout le bien qu'il pensait de la sienne ...