Accéder au contenu principal

Niki Demiller - Autopsie de l'homme qui voulait vivre sa vie

Cet album est sorti il y a quelques temps déjà, en avril dernier. Mais à l'époque, il ne résonnait pour moi, pas de la même façon. "Septembre à nouveau", voilà la vérité. Le premier titre dit déjà tout, la déprime du cadre qui, un jour, se rend compte de la futilité de toute sa vie professionnelle, de la carrière qu'il a pourtant mis du temps à construire. Ce sentiment, c'est en septembre que ça nous prend, parce que les vacances sont passées par là, qu'elles ont permis de "se déconnecter", un peu trop. Que la reconnexion ne paraît plus possible. Que la vérité n'est pas là, plus là. Le chanteur, Niki Demiller sait de quoi il parle, car c'est sa situation personnelle qu'il raconte ainsi. Son retour à ses premières amours, la musique, après une tentative vaine dans le milieu de ce qu'on nomme familièrement les bullshits jobs, tous ces métiers très bien payés qui n'apportent rien au commun des mortels, mais seulement qu'à une minorité de très riches. Une fois compris l'inutilité de tout ça, il a donc décidé de partager son expérience à travers un disque, histoire d'exorciser son profond malaise. 
On pense à un Gontard qui serait revenu de l'ennemi, comme une confirmation de ses à-priori anticapitalistes; à un Florent Marchet qui serait revenu de la grande ville, aussi désabusé que par les turpitudes de la vie provinciale. Pas étonnant qu'on retrouve ici Didier Wampas, rockeur habitué des fêtes de l'Humanité, pour un duo qui, à l'inverse de son titre, ne semble pas risquer le "burn out". Heureusement, tout ça ne finit pas si mal avec "La Sirène", même si c'est plus une conclusion à la française qu'à l'américaine, pour nous dire à travers une mélodie jouissive et délicieusement régressive que le plus important reste l'amour, même si celui-ci a aussi été largement dévoyé par notre société de la réussite. Malin.


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

"Starman : Quand Ziggy éclipsa Bowie" & "Nick Cave : Mercy on Me" de Reinhard Kleist

Deux chroniques pour le prix d'une ! Et des chroniques de bandes dessinées, une fois n'est pas coutume. Mais des bandes dessinées sur la musique et le rock en particulier. Noël est passé, mais il n'est jamais trop tard ou se faire plaisir ou offrir. Voici en tout cas deux bouquins que je recommande fortement pour qui aime l'univers et la musique de ces deux grands artistes : David Bowie et Nick Cave. Mais qui ne les aiment pas ? Reinhard Kleist, l'auteur de ces deux livres, est un dessinateur allemand qui, après avoir déjà réalisé une biographie de Johnny Cash enchaîne donc avec les deux chanteurs susnommés. Il n'a pas réalisé que ce type d'oeuvre, mais c'est quand même ce qui est en train de faire son succès. Il faut dire, comme je l'ai dit précédemment qu'elles sont particulièrement réussies. Si Bowie - paix à son âme - n'est plus en état de valider ou non cette énième biographie, Cave a déjà dit tout le bien qu'il pensait de la sienne ...

Michel Houellebecq & Frédéric Lo - Souvenez-vous de l'homme

On ne présente plus le premier, l’un des écrivains français les plus traduits au monde, controversé, aimant la provocation, jusqu’à flirter avec l’extrême droite ou tourner dans un porno amateur. On l’avait déjà retrouvé sur disque lors d’une collaboration avec Bertrand Burgalat pour le brillant et culte " Présence humaine " en 2000. Ses textes poétiques se marient bien avec la musique, ils ont leur mélodie, même s’ils sont juste déclamés. On connait un peu moins le second. Pourtant, c’est lui qui fut à l’origine du renouveau artistique de deux chanteurs attachants et en perte de vitesse, au bout du rouleau : d’une part, Daniel Darc, l’ex Taxi Girl avec le bien nommé " Crève coeur " en 2004, grand disque de chanson d’ici, et d’autre part, Pete Doherty, l’ex Libertines qui peinait à se renouveler avec un album élégant, à la classe délicieusement désuète. Les deux se seraient mis d’accord à l’écoute du " Psaume 23 " repris par Darc sur l’album susnommé. Houe...