Ceux-là, ça faisait bien longtemps que je n’en avais pas parlé. Depuis le premier album "New Brigade" paru en 2011, une éternité. A l’époque, les danois jouaient un punk énervé et barré à souhait où chaque semblant de mélodies était laminé au hachoir. En 2013, il y a eu aussi ce passage à la Route du Rock, le même jour que le concert mémorable de Nick Cave et de ses Bad Seeds. Je fus déçu par le son presque métal et lourd du groupe. C’était à la sortie de leur second disque "You're Nothing". Après cette prestation, je me suis détaché de Iceage. N’essayant à peine de leur redonner une nouvelle chance, persuadé que leurs plus belles années étaient passées, cette musique n’aimant pas la maturité et la maîtrise. J’ai bien ensuite donné un peu sa chance à la carrière solo de son chanteur Elias Ronnenfelt, qui joue un peu trop au beau gosse pour être honnête. Pourtant le style et la démarche est à mille lieux de ceux de sa formation, il fait appel pour l’occasion à l’inclassable producteur et metteur en son Dean Blunt : original à défaut d'être inoubliable. Il était sans doute enfin l’heure de réécouter un nouvel album de Iceage, "For Love of Grace and the Hereafter", déjà le sixième, quinze ans après les débuts prometteurs et force est d’avouer que c’est sacrément bien troussé. On pense à une version scandinave d’un mélange entre Fontaines DC et les Strokes. Pas étonnant qu’on retrouve les célèbres dublinois en même temps que Ronnenfelt solo, en août prochain à la Route du Rock - n’essayez pas de prendre des places pour le 15/08, je crois qu’il n’en reste plus pour cette date.
Iceage, eux, viennent d’être programmés au Pitchfork festival, le 2 novembre pour un double concert la même journée. Bah oui, quand on a du mal à remplir sa programmation, on demande au même groupe de jouer deux fois de suite. Pour les fans hardcore qui voudraient assister aux deux concerts, c’est à priori possible mais il faudra payer deux fois - drôle d’idée ! En tout cas, ce nouveau disque contient suffisamment de titres excitants pour devancer aisément pour moi les dernières productions des Strokes ou de Fontaines DC. Iceage revient tout d’un coup parmi les meilleurs groupes rock du moment. La maturité n’est pas ici synonyme d’ennui et de chemins tout tracés. Si les incursions solo de Grian Chatten - avec pourtant un très beau disque - ou en groupe pour Julian Casablancas - les dispensables The Voidz - n’ont pas permis d’améliorer les reformations de leur groupe originel - tout au plus de les démocratiser davantage - c’est loin d’être le cas pour Ronnenfelt. "For Love of Grace and the Hereafter" est d’ores et déjà un des meilleurs disques rock de 2026, voire au-delà.


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