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Tyler Ballgame - For The First Time, Again

Il arrive parfois (souvent ?) que je néglige un disque au moment de sa sortie, faute d’une écoute suffisament attentive. Le premier album de Tyler Ballgame est de ceux-là. Il faut dire que cette musique ne se prête pas à une éclosion au mois de janvier, en plein coeur de l’hiver. Elle est plutôt parée pour l’été. Elle est légère, aérienne, enjouée, mélodieuse. Elle respire l’amour. Elle a besoin d’espace. Ce jeune chanteur américain à la voix d’ange est accompagnée par la fine fleur de la pop indépendante américaine avec Jonathan Rado (guitariste de Foxygen et producteur pour Weyes Blood, The Lemon Twigs ou Father John Misty) et Ryan Pollie (Los Angeles Police Department). Ce beau monde est fortement inspiré par le rock de la fin des années 60 et du début des années 70. On y entend un certain classicisme derrière toutes ces sonorités. On y entend même ici l’influence d’un certain Jobriath, une des idoles de Morrissey, sorte de Ziggy Stardust américain un peu boursouflé mais à la touchante sincérité. Voici une bande de trentenaires - bon, Ballgame a seulement 29 ans - qui n’est pas là pour révolutionner quoi que ce soit, mais pour faire perdurer très intelligemment et très brillamment la musique de leurs parents. 
Tyler Ballgame pourrait être vu comme une version masculine de Weyes Blood : même musique intemporelle qui se fiche des époques, même pop ensoleillée, même arrangements simples et classieux. Et cette voix, mon dieu, cette voix ! Avec un tel organe, tout paraît possible, à l’image du Tim Buckley des débuts, avant qu’il ne verse dans une musique jazz, plus expérimentale. Il sera au prochain Rock en Seine, au beau milieu de groupes aux profils souvent nettement plus rock et brut. Pas sûr que cette voix et cette musique délicates soient faites pour les grands raouts de plein air... Vais-je quand même me laisser tenter ? En attendant "For the first time, again" - comme pour dire que cette musique de "vieux" nous touche toujours comme lors de la première écoute - est indéniablement un des plus beaux albums de 2026.



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