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Articles

Flavien Berger - Dans cent ans

Après Albin de la Simone et son album " Les cent prochaines années ", voici Flavien Berger avec " Dans cent ans ". Décidément, les chanteurs français sont en phase en terme de chiffre. 100, parce qu'on sait que dans cent ans, on ne sera plus. Derrière ce chiffre, il est donc surtout question du temps qui passe, de la vie, de la mort. Le précédent disque, " Contre-temps " de Flavien Berger - rien à voir avec Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT - avait été classé en tête des disques de l'année 2018 des Inrockuptibles. Cela n'a pas suffit à le rendre plus célèbre, preuve que le magazine a depuis longtemps perdu son influence sur les modes et les goûts. Preuve aussi que la musique du parisien n'est pas des plus accessibles. C'est de la variété faite par un maniaque du son. On pourrait penser à Christophe, dans l'esprit. En moins maniéré et plus distant. Se complaisant dans une certaine forme d'élitisme, il se rapproche ...

H. Hawkline - Milk For Flowers

" Milk for flowers " est déjà le cinquième album du Gallois H. Hawkline, alias Huw Evans. Son pseudonyme fait référence à " The Hawkline Monster : A Gothic Western " de Richard Brautigan. Partenaire musical régulier de Cate Le Bon depuis le début de sa carrière, cette dernière est cette fois-ci à la production et ça s'entend. Voilà un de ces nombreux artistes de l'ombre qui poursuive une oeuvre hors des sentiers battus et de la lumière des projecteurs. En plus de Cate Le Bon, il a notamment travaillé avec Aldous Harding, Tim Presley, Teenage Fanclub ou Kevin Morby, fait les premières parties de Gruff Rhys, Foxygen ou Devendra Banhart. Bref, le gars a roulé sa bosse, commençant sa carrière artistique en étant animateur de la radio et de la télé galloise, il est aussi designer graphique pour le compte d'autres artistes. Jusqu'ici, j'avoue que le gars était passé sous mes radars. Il a donc fallu ce très mélancolique " Milk for flowers " po...

Albin de la Simone - Les cent prochaines années

Dis donc, ça faisait un moment qu'Albin de la Simone n'avait pas fait de nouveau disque, depuis l'excellent " L'un de nous " paru en 2017 et classé ici deuxième meilleur album de ladite année, rien de moins. Alors, bien sûr, il y a eu " Happy end ", disque de transition, entièrement instrumental, histoire de prouver s'il en était le talent de compositeur du monsieur. Il y a eu aussi avant cela la mise en scène du célèbre " Carnival des animaux " de Camille Saint-Saëns, des dessins, carnets de tournées exposés entre autres aux Francofolies de La Rochelle, une composition pour un dessin animé et aussi pour d'autres, Pierre Lapointe, Pomme ou Carla Bruni. Et j'en passe beaucoup. Bref, l'homme a été bien occupé pendant ces six années. Avec " Les cent prochaines années ", on retrouve le style "de la Simone" : mélodique, mélancolique, simple, émouvant. Et comme chaque fois, on se dit qu'il est encore meill...

Gorillaz - Cracker Island

Revoilà Gorillaz, trois ans à peine après le retour en grâce inespérée de " Song Machine, Season 1 ". Et bizarrement, il ne s'agit pas de la saison 2, mais d'autre chose, l'album le plus pop de Gorillaz, un alignement de tubes en puissance, faciles d'accès, immédiatement sifflables sous la douche. Bien sûr, il y a toujours de prestigieux invités :  ici Thundercat, l'ex-Fleetwood Mac Stevie Nicks, Tame Impala ou Beck pour ne citer que les plus connus. Mais pour une fois, il y a une vraie cohérence d'ensemble, une unité de ton, de son. Les habitués trouveront sans doute à redire, déplorant l'aspect trop immédiat de ces mélodies. Mais c'est au final ce qu'a toujours souhaité faire Damon Albarn avec cette formation : une machine à tubes populaires susceptible d'attirer dans ses filets aussi bien le tout venant que le mélomane plus pointu. Gorillaz est devenu au fil du temps, son activité principale, alors qu'il n'était au départ qu...

Kerala Dust - Violet Drive

Ils sont londoniens mais habitent Berlin. Leur musique ressuscite le meilleur du trip-hop des années 90, celui de Massive Attack, Tricky, Portishead ou du plus méconnu Perry Blake. On y entend aussi du Tom Waits derrière la rythmique bancale de " Red Light " ou de " Violet Drive " le titre qui donne son  nom à l'album. C'est le deuxième disque de Kerala Dust et c'est une véritable claque. Chaque morceau, chaque son y est impeccablement travaillé. Et il y a cette voix monocorde, grave, envoûtante à souhait. Des chansons sombres, aux sonorités urbaines, de fin de soirées, qui se gagnent au fil des écoutes. Et puis, mine de rien, on se surprend à dodeliner de la tête sur cette musique pourtant plus intellectuelle que physique. Kerala Dust tient son nom d'un état du sud de l'Inde, nettement plus prospère que le reste du pays, rajoutant au mystère de ce groupe un peu en marge.  On en a connu des artistes qui ont déménagé à Berlin pour y trouver une no...

Yo La Tengo - This Stupid World

Les années passent et la musique de Yo La Tengo reste la même. La même que dans les années 90. La même que celle de leur chef d'oeuvre paru en 1997, " I Can Hear Your Heart Beating as One ". La même que celle de l'excellent et sous-estimé " Fade " paru en 2013 et élu disque de l'année ici-même. Le groupe a beau dénoncer davantage ce monde stupide, déplorer une perte de sens, d'idéal, la forme est invariable. Les mêmes mélodies, les mêmes tessitures de voix douces et apaisantes du couple Georgia Hubley / Ira Kaplan, les mêmes guitares alternativement tourbillonnantes,  planantes ou dissonantes mais toujours à bon escient. Ces chansons, pour le fan que je suis, on les connait par cœur. Elles n'ont plus l'attrait de la nouveauté, de la surprise. Pourtant, elles regorgent encore de petits recoins secrets, tel choeur, telle partie de guitare qu'on aurait ignoré même à la dixième écoute. Malheureusement, je vais encore rater mon rendez-vous scé...

Young Fathers - Heavy Heavy

Avec le disque de Gatien, je vous avais dit que peu importait les autres sorties du 3 février et bien, je dois avouer que cette semaine musicale fut riche avec aussi le nouvel album des écossais de Young Fathers. Car voici un disque qui pourrait tout emporter sur son passage. Une véritable machine de guerre, un rouleur compresseur, où les idées, les sons s'entrechoquent, dans un maelstrom convoquant aussi bien le rock, la soul, les rythmes africains. " Heavy Heavy " ressemble à une version festive de feu TV On The Radio ou des Animal Collective pour le plus grand nombre. Young Fathers ne fait pas référence au fait que ses trois membres sont de jeunes pères de famille, non, c'est de manière plus étonnante parce que les trois garçons ont le même prénom que leurs pères respectifs. Leur premier album " Dead " paru en 2014 avait remporté le Mercury Prize, depuis ils sont partis en tournée avec les grands frères de Massive Attack, précurseurs dans le mélange des g...