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Articles

Immersion - What is Lost Will Return

Dis donc, j’étais complètement passé à côté de cette formation qui existe pourtant depuis 1994. Immersion est en fait un duo, et quel duo : le couple à la scène comme à la ville formé par Malka Spigel, ancienne membre du groupe culte de post-punk israélien Minimal Compact et Colin Newman, ancien leader de Wire, responsable d’au moins deux disques solo qui comptent : " A-Z " dans la lignée de son précédent groupe (en mieux ?), et le bien nommé " Commercial Suicide " qui invente la pop dark, new-wave et classieuse. Newman, c’est aussi le producteur du premier Virgin Prunes ou du " Matrice " de Bashung. Bref, du beau linge, comme on dit dans le milieu. Mais voilà, le post-punk n’a plus la côte dans les années 90 et c’est sans doute pour cela qu’on les perd de vue. " What is lost will return " pourrait donc parler du revival post-punk qui dure depuis, depuis au moins le premier Interpol en 2002. Mais voilà, j’ai mis du temps à réagir, car si leur mus...

Jeremy Jay - Supersonic Club, Paris - le 12 septembre 2026

Comment un artiste américain - bon, ok, il vit à Londres depuis quelques temps - dont la carrière s’étale sur plus de vingt ans peut-il encore se produire gratuitement dans une salle comme le Supersonic à Paris ? Le Supersonic, c’est d’ailleurs plus exactement deux salles, le Supersonic Club, mal fichue,  avec plafond bas, poteau en plein milieu, deux étages, environ 300 places, généralement pour des concerts gratuits de groupes émergents qui n’ont pas encore sorti le moindre LP et le Supersonic Records, plus petite salle attenante, aussi mal fichue, car une large partie des spectateurs se retrouvent sur le côté de la scène, pour des concerts cette fois-ci payants. Mais revenons à Jeremy Jay, puisque c’est de lui dont il s’agit. Je suis tombé dessus par hasard en lisant le programme des deux salles et je me suis rappelé les très beaux " Slow Dance " et " Splash ", il y a plus de quinze ans. Connaissant l’horaire de son passage - désolé pour les deux autres groupes ...

Twisted Teens - Florida Water Blues

Ils sont deux, viennent de la Nouvelle Orléans. Ce sont les Twisted Teens et comme leur nom l’indique, de sacrés garnements un peu "tordus". Ils pratiquent une sorte de country-punk qui rappelle beaucoup les débuts des Kings Of Leon, voix éraillée comprise. " Florida Water Blues " est leur troisième album en 3 ans et ils annoncent déjà un quatrième début novembre. Bref, CPN - ou seulement Caspian ? - Hollywell et Razor Ramone - fils spirituel des Ramones ou référence au catch ? - sont pressés et ont l’inspiration galopante, pas le genre à vouloir couper le robinet tant que ça continue de couler aussi naturellement. Voilà en tout cas une musique qui bouscule, fait du bien : simple, mélodique, accrocheuse - les 4 voire 5 premiers morceaux sont assez irrésistibles - mais en même temps un peu rapeuse. On pense aussi aux Parquet Courts - donnez des nouvelles les gars ? - pour la dynamique des morceaux.  Et puis, il y a ces pochettes bricolées et décalées sur lesquelles o...

Arab Strap - Half-Told Tales

On pourrait presque s’arrêter dès la fin du premier morceau, le formidable " I Get Noise ", résumé grinçant de notre époque. La musique foutraque, dissonante, bruyante évidemment, est au diapason du propos. Tout le talent du duo écossais est concentré dans ces trois minutes, jusqu'au final à l'humour volontairement dérangeant par son caractère sexuellement explicite (" And tonight, when you touch yourself. Remember, all the angels are watching. So put on a good show "). Au regard de cette évidente réussite, le reste ne peut qu’être décevant. C’est d’ailleurs le principal défaut que je trouve habituellement à leurs disques, l’impression de m’y ennuyer rapidement. Pourtant, cette fois, ce sentiment n’est pas si immédiat, il faut dire qu'Arab Strap s’atèle plus qu’à l’accoutumée à varier les ambiances et les plaisirs. " Half-Told Tales " rappelle le meilleur de la musique anglo-saxonne des années 90, plus rythmée et directe que celle que le duo pr...

The Bats (+Special Friend) - Le Point Ephémère, Paris - le 21 août 2026

Passé le 15 août, une fois les vacances terminées, on entre dans une drôle de période. Ce n’est évidemment plus les vacances mais ce n’est pas encore vraiment la rentrée. Au boulot, le rythme est encore tranquille, les sorties et propositions culturelles au ralenti. Pas la période idéale pour remplir les salles. Surtout pour un groupe néo-zélandais dont la carrière longue de plus de 40 ans avec quelques pauses a toujours navigué sous les radars mainstream, avec un semblant de succès à la charnière des années 80 et des années 90, lorsque le Dunedin Sound de leur mythique label Flying Nun était une influence partagée et revendiquée par tout un pan de la scène indépendante américaine (REM ou Pavement). Bref, remplir les trois cents places du Point Ephémère dans un tel contexte n’était pas une sinécure. Pour moi, cela ressemblait pourtant presqu’au concert idéal : dispo, sans enfant, sur Paris, plus de canicule, groupe aimé mais pas encore vu en concert, pas cher avec en prime une première...

The Strokes - Reality Awaits

  Je crois que je file un mauvais coton : me voilà en train d’aimer un disque bourré jusqu’à la gueule d’auto-tune, ce logiciel qui permet de corriger toute erreur de justesse dans la voix mais qui produit alors un effet très perceptible et asceptisant. L’auto-tune, c’est le propre de la musique baclée, faite à la chaine. Pourtant, il a fallu six ans au célèbre groupe New-Yorkais pour sortir ce " Reality Awaits " après le dernier succès " The New Abnormal ". Six ans pour ça diront les mauvaises langues et ceux pour qui l’utilisation de ce logiciel est un "red flag", quelque chose de définitivement rédhibitoire. Si le précédent m’avait laissé quelque peu de marbre, hormis les excellents " The Adults Are Talking " et " Ode To The Mets ", ne goûtant que très peu à l’unanimité qui voulait que les sauveurs du rock étaient bien de retour aux affaires renouant presque avec l’excellence de l’indépassable " Is This It " de 2001. Je doi...

Nirosta Steel - My Skyscraper

Derrière le pseudo Nirosta Steel, se cache un homme fait en acier inoxydable, Steven Hall, écossais de naissance mais américain d’adoption. Il a fait ses armes dans le New-York interlope et queer du début des années 80, ayant pour voisin Alen Ginsberg ou Arthur Russell. La relation artistique avec ce dernier durera d’ailleurs 12 ans de 1980 à 1992, année de la disparition prématurée de Russell, victime du SIDA. "My Skyscraper" ressemble à l’album d’une vie, loin des sentiers balisés, plus de quarante ans d’expérimentations tout azimut mais qui n’en demeurent pas moins passionnantes. C’est donc une nouveauté sans en être vraiment une. "English Party", premier morceau avait été initialement écrit pour Madonna au début des années 80. On entend sur plusieurs titres la voix de Russell. Les chansons apparaissent souvent encore non entièrement abouties. Comme la vie, la musique de Nirosta Steel est constamment en mouvement. On imagine que c’est le genre de personne qui a d...