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Bertrand Betsch - La Nuit Nous Appartient

Il y a de curieuses coïncidences dans la vie. Un homme qui est mon quasi homonyme crée un label au début des années 1990 du nom de Lithium à Nantes, donc pas très loin de chez moi. Le label depuis a malheureusement cessé d'exister. L'homme, lui, a disparu des projecteurs. Mais il a permis de faire connaître des gens aussi variés et importants que Dominique A, Françoiz Breut, Diabologum et son chanteur Michel Cloup qui oeuvre maintenant en solo, Mendelson, Holden, Jérôme Minière ou encore Bertrand Betsch. La plupart de ces noms sont régulièrement cités sur ce blog. Ce monsieur, au moment où la chanson française ronronnait, a proposé à entendre quelque chose de différent, non formaté, minimaliste mais pas que. Aujourd'hui, Lithium a fait plein de petits, créé des vocations et la plupart de ses artistes ont continué leur route, toujours aussi exigeante. Comme Bertrand Betsch qui a même fondé son propre label, 3h50. Il nous revient aujourd'hui, seize ans après "La Soupe à la grimace", plus pop que jamais. "La Nuit Nous Appartient" ressemble beaucoup au "Courchevel" de Florent Marchet  tant au niveau de la voix que des musiques. Pour les textes, c'est quand même plus direct mais aussi moins abouti - on est aussi assez loin de la noirceur poétique de son premier essai. Quelques titres comme "A la radio" ou "Girls" dont les paroles ne sont pas si éloignées de celles de "à toutes les filles" de la paire Barbelivien-Gray de triste mémoire, apparaissent plutôt dispensables.
Et on se demande alors pourquoi un double album de 26 titres quand la moitié aurait été amplement suffisant ? On aurait même tenu là un des meilleurs disques de l'année 2013. Mention spéciale à "Encore un jour sur la terre", "La nuit nous appartient" ou encore "La puissance de l'espoir". En tout cas, il y a assez de choses intéressantes proposées ici pour faire oublier les deux principales sorties musicales de la semaine, françaises de surcroît qui risquent malheureusement d'éclipser celle-ci. J'ai nommé les deux rescapés Etienne Daho et Bertrand Cantat. Timing compliqué pour Betsch qui ne demande donc qu'à être soutenu davantage, comme la main tendue de la pochette. Le single "J'aimerais que tu me dises", au style très proche d'un Gaëtan Roussel, mériterait un succès équivalent. Et si les chanteurs de l'ex-label Lithium étaient aujourd'hui amenés à obtenir la reconnaissance grand public comme Dominique A et sa Victoire de la Musique ? Pour qu'après "La Soupe à la Grimace", ils mangent leur pain blanc. Enfin.

Clip de "J'aimerais que tu me dises" :

Extraits en écoute sur iTunes.

Commentaires

  1. J'ai lu (dans Magic je crois) qu'il voulait sortir un double album à chaque fois mais que les maisons de disques s'y opposaient. Comme là il a fondé son propre label, il a enfin pu sortir un double sans contrainte.

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    1. Il aurait dû écouter ses précédents labels ;-) Parce que malheureusement, je trouve qu'il y a un peu à boire et à manger sur ce disque. Mais c'est souvent le cas des double albums.

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  2. ça m'intrigue beaucoup ce que tu me dis, car j'ai été un grand fan de Betsch.. "la soupe à la grimace" chez lithium m'a bien abimé..période dominique A, son pote. Je me suis arrété à "la chaleur humaine", car j etrouvais qu'il perdait en substance ce que j'aimais beaucoup avant. y'a un paquet de mecs comme ça dans l'ombre, dans la marge.. même "BB sides" était troublant.
    "La complainte du psycho killer" avait fait des remouds, peut être plombé l'album en 97..malgré tout cette chanson était terrible et belle en mélodie.

    Je n'ai pas encore écouté ce nouvel album que j'ai aussi vu dans Magic.. de toute façon, ça va me plaire :D

    Merci Vince de parler de lui.

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  3. Oups.. " ce que tu dis".. pas seulement à moi :D

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