Accéder au contenu principal

Joy Division - Love Will Tear Us Apart (1980)

Impossible de passer à côté de celle-là. Impossible de ne pas mentionner l'un des plus grands titres de l'histoire du rock dans cette rubrique. La grande chanson pop d'un ténébreux groupe de petites frappes venues de Manchester. Le magnifique chant du cygne du troublant (et très troublé) Ian Curtis, tiraillé entre deux femmes, sa maladie (il était épileptique) et les débuts du succès de Joy Division (une tournée américaine était prévue). Tout le monde connaît la triste fin de l'histoire, l'écoute de "The Idiot" de Iggy Pop et Bowie pendant les derniers instants. Le chanteur est depuis devenu l'un de ses martyrs dont le rock raffole. Incapable de trouver sa place, il a préféré s'en aller. Pourtant, tout son mal être était là, contenu en filigrane à l'intérieur même de ses chansons. Même ses proches n'ont rien vu ou n'ont pas voulu voir. Pendant que désormais, le marketing bat plus que jamais son plein autour de son fantôme, qu'on ne compte plus les groupes "suiveurs" qui ont été influencés par cette musique-là, l'une des rares de l'épisode new-wave à avoir aussi bien survécu, que d'excellents films (dont "Control" de Anton Corbijn) retraçant le parcours de la mythique formation mancunienne sont venus apporter de l'eau au moulin de la légende, une vérité demeure. "Love Will Tear Us Apart". Malheureusement. Quand une histoire personnelle rencontre celle de tout le monde.

When routine bites hard
And ambitions are low,
And resentment rides high,
But emotions won't grow,
And we're changing our ways,
Taking different roads.

Then love, love will tear us apart again.
Love, love will tear us apart again.

 

Why is the bedroom so cold?
You've turned away on your side.
Is my timing that flawed?
Our respect runs so dry.
Yet there's still this appeal
That we've kept through our lives.

But love, love will tear us apart again.
Love, love will tear us apart again.

You cry out in your sleep,
All my failings exposed.
And there's a taste in my mouth,
As desperation takes hold.
Just that something so good
Just can't function no more.

But love, love will tear us apart again.
Love, love will tear us apart again.
Love, love will tear us apart again.
Love, love will tear us apart again.

Commentaires

  1. Je relève un détail, mais au combien agaçant : "cette musique-là, l'une des RARES de l'épisode (sic) new-wave à avoir aussi bien survécu". Ah NON M. Vincent, la new-wave (ou le post-punk) ne fut pas qu'un "épisode" ou une parenthèse dans l'histoire du rock ! :(

    RépondreSupprimer
  2. Oui, je te l'accorde, le terme est quelque peu péjoratif et la phrase maladroite. Derrière le terme "new wave", j'embrasse surtout toute cette musique commerciale de l'époque qui n'a bien souvent pas très bien résisté à l'épreuve du temps... Parmi les titres présents sur les compilations de New-Wave des années 80, "Love Will Tear Us Apart" est l'une des rares encore "écoutables" aujourd'hui. Le reste tient plus de la nostalgie qu'autre chose...

    RépondreSupprimer
  3. Merci d'avoir précisé quel sens (restreint) tu donnais à terme "new wave" : dans cette perspective, je te rejoins. Mais le post-punk ou la new wave (au sens large, étendu aux Etats-Unis par ex.), c'est plus que cela... Christophe Brault (lors d'une conférence sur le sujet), disait de la période qu'elle était carrément "un nouvel âge d'or du rock" pour sa richesse féconde.

    P.S. : désolé d'avoir réagi ainsi. L'enfant de la new-wave que je suis s'était senti (presque) vexé :)

    RépondreSupprimer
  4. Oui, tu as raison, la new wave, c'est bien plus que cela, malheureusement elle reste encore largement dénigrée car beaucoup n'ont pas retenu les "bons" groupes...
    Contrairement à d'autres périodes, les années 60 ou 70 par exemple, où les mêmes valeurs sûres font l'unanimité.

    RépondreSupprimer
  5. Oui effectivement, La New Wave est plus qu'une "période" (aussi courte fut/soit- elle...). C'est aussi une révolution culturelle (en même temps qu'une "sous-culture" = la reprise du terme "New Wave" pour un peu tout et n'importe quoi et cette partie "Synthpop" à deux sous...). L'autre jour, je suis tombée sur une vidéo d'un débat du 11 février 2008 dans l'émission de Frédéric Taddei, "Ce Soir Ou Jamais" qui parlait justement de toute cette période foisonnante (et passionnante) et ou une question était posée : le mouvement New Wave est-il la continuité de Mai 68 ou au contraire en rupture totale ?

    1ere Partie : http://dai.ly/jULuoJ
    2eme Partie : http://dai.ly/lzUoRK

    A lire, le bouquin de Christophe Bourseiller (et celui de Bizot également, mais tirage épuisé...)

    La New Wave continue d'exister avec pas mal d'artistes... En regardant de plus près, on se rend compte qu'elle est partout et nulle part.
    Je crois que c'est un peu notre boulot que de faire connaitre cette période et les "bons" groupes qui vont avec ;-)

    RépondreSupprimer
  6. Merci Drine pour toutes ces informations. Je tâcherai au moins d'aller voir les vidéos des émissions de Taddéi, souvent intéressantes.
    Quant au "je crois que c'est un peu notre boulot...", je ne me sens pas investi d'une quelconque mission. Mais si je parviens à faire découvrir et aimer "ma" musique, alors oui, ce blog a sans doute un sens.

    RépondreSupprimer
  7. A propos de Joy Division, vous avez vu passer l'info: http://www.contactmusic.com/news/jamie-oliver-discovers-joy-division-master-tapes-in-basement_1295279
    A quand la sortie de la compil en grandes pompes (funèbres)?

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Nick Cave & Warren Ellis - Carnage

On continue le rattrapage des disques 2021 avec une sacré pointure, puisque j'ai nommé Nick Cave, sans doute le rockeur ultime. Celui qui a commencé punk arty au sein de Birthday Party et produit aujourd'hui parmi les disques plus sombres qui soient. Le décès d'un fils y étant évidemment pour quelque chose. Autant les deux précédents albums, les pourtant acclamés - mais comment attaquer un père inconsolable - " Skeleton Tree " et " Ghosteen " m'avaient laissé étrangement indifférent. Autant ce " Carnage " sorti cette fois sans ses Bad Seeds mais avec le seul Warren Ellis - décidément compagnon de tous les instants depuis quelques années - m'a tout de suite marqué. Par son dépouillement, par sa quasi absence d'effets, juste quelques délicats et déchirants arrangements venant ornés juste ce qu'il faut le spleen du sieur Cave. Il n'est plus question de masquer les faits sous un quelconque décorum mais d'affronter la vérité

Grandaddy & The Lost Machine Orchestra - Paris, le Trianon - 20 avril 2022

Enchaînement de concerts avec un quatrième en trois semaines. Celui-là, je l'avais coché il y a quelques temps déjà. Mais maman n'étant pas grande amatrice du groupe, je l'avais mis en " stand-by " (" Bye-Bye ..."). Et puis, il aura fallu qu'au détour d'une soirée entre parents le sujet soit mis hasardeusement sur la table pour qu'on prenne nos places, à la dernière minute ou presque. Grandaddy, c'est la période bénie de la pop américaine au mitan des années 90-2000. Avec les Flaming Lips (le groupe existait bien avant mais leurs meilleurs disques sont sortis à ce moment-là), Mercury Rev et Sparklehorse. Un quatuor pour l'éternité et au moins quatre chefs d'oeuvres de suite : " Deserter's songs " en 1998, " The Soft Bulletin " en 1999, " The Sophtware Slump " en 2000, " It's a wonderful life " en 2001. On pourrait même rajouter Wilco en 2002. Ce soir-là, au Trianon, magnifique écrin

Pete Doherty & Frédéric Lo - The Fantasy Life Of Poetry and Crime

  Après une longue pause, faute de sortie musicale probante, me voilà de retour avec quelques nouveautés plutôt emballantes. On commence par le come back d'un rockeur qu'on croyait perdu, le genre de candidat idéal au triste club des 27, ceux qui vont trop vite, trop fort, qui se brûlent les ailes et meurent à 27 ans comme Jim Morrison, Brian Jones, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Kurt Cobain ou Amy Winehouse. Pete Doherty a d'ailleurs eu une relation avec cette dernière. Si elle a fini par sombrer corps et âmes dans la drogue, lui, s'en est sorti miraculeusement. Les Libertines, après une entrée en matière fulgurante - on ne se lasse toujours pas de leur premier et formidable " Up The Bracket ", classique rock du début des années 2000 - ont disparu rapidement des radars. Si tout réussissait alors au chanteur anglais - en couple avec la très médiatisée Kate Moss - le mode de vide "sexe, drogues et rock'n'roll" n'a qu'un temps et Doherty d