Accéder au contenu principal

Arlt - Feu La Figure

Leur premier disque, intelligemment nommé "La Langue" car il inventait une nouvelle façon de chanter en français, avait déjà connu quelques échos sur la toile. Notamment ici même avec plusieurs mois de retard sur sa sortie. "Feu La Figure" joue une fois de plus avec les mots et provoque de jolies joutes verbales et musicales entre les deux chanteurs/musiciens Eloïse Decazes et Sing Sing. Mocke, le guitariste de Holden est encore de la partie, accentuant le penchant rêche et tendu de l'ensemble. Arlt, comme une boule dans la gorge, un goût âpre, lancinant. La saveur des premiers Velvet mariée au ping pong langagier d'une Brigitte Fontaine, voilà quelques références sans doute trop restrictives pour définir le son de Arlt (du nom de cet écrivain argentin).
Le duo impose définitivement un style nouveau dans le paysage de la chanson française, un folk lettré mais en même temps instinctif, brut presqu'animal, qui joue habilement avec les sonorités, dont l'esprit pourrait se rapprocher des Mansfield Tya par exemple. Leur musique rebutante en apparence est de celles qui vous hantent longtemps après son écoute. Encore un excellent disque chanté en français pour 2012. Comme quoi, il n'y a pas de raison de "mondialiser notre langue" (à voir en complément le très long article de la Blogothèque qui décidément semble adorer le groupe).


Album en écoute intégrale sur Deezer.

Commentaires

  1. Bonjour, Ayant découvert ce très bel album par votre intermédiaire, je me suis permis d'emprunter le lien de votre chronique afin de présenter et de soumettre le disque aux votes du Classement des Blogueurs.
    Si vous souhaitez venir le défendre, n'hésitez pas à passer sur cette page : http://classementdesblogueurs.fr/WordPress3/2012/06/04/cdb-2012-episode-16-chanson-francophone-en-francais-dans-le-texte/

    Merci beaucoup pour cette découverte !

    RépondreSupprimer
  2. Dans mes disques préférés de 2012, il y en a effectivement trois français : Dominique A, Barbara Carlotti et Arlt. Sur le classement des blogueurs, il y a aussi pas mal de disques que je ne connais pas... Merci donc pour le lien, j'irai y jeter une oreille à l'occasion.

    RépondreSupprimer
  3. Bonsoir Vincent, J'ai pour ma part beaucoup plus de difficultés à rentrer dans l'univers de Barbara Carlotti (et la chanson francophone "au féminin" en général, quand elle est par trop "classique") mais je ne peux pas ne pas lui reconnaître un talent certain.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

Michel Houellebecq & Frédéric Lo - Souvenez-vous de l'homme

On ne présente plus le premier, l’un des écrivains français les plus traduits au monde, controversé, aimant la provocation, jusqu’à flirter avec l’extrême droite ou tourner dans un porno amateur. On l’avait déjà retrouvé sur disque lors d’une collaboration avec Bertrand Burgalat pour le brillant et culte " Présence humaine " en 2000. Ses textes poétiques se marient bien avec la musique, ils ont leur mélodie, même s’ils sont juste déclamés. On connait un peu moins le second. Pourtant, c’est lui qui fut à l’origine du renouveau artistique de deux chanteurs attachants et en perte de vitesse, au bout du rouleau : d’une part, Daniel Darc, l’ex Taxi Girl avec le bien nommé " Crève coeur " en 2004, grand disque de chanson d’ici, et d’autre part, Pete Doherty, l’ex Libertines qui peinait à se renouveler avec un album élégant, à la classe délicieusement désuète. Les deux se seraient mis d’accord à l’écoute du " Psaume 23 " repris par Darc sur l’album susnommé. Houe...

"Starman : Quand Ziggy éclipsa Bowie" & "Nick Cave : Mercy on Me" de Reinhard Kleist

Deux chroniques pour le prix d'une ! Et des chroniques de bandes dessinées, une fois n'est pas coutume. Mais des bandes dessinées sur la musique et le rock en particulier. Noël est passé, mais il n'est jamais trop tard ou se faire plaisir ou offrir. Voici en tout cas deux bouquins que je recommande fortement pour qui aime l'univers et la musique de ces deux grands artistes : David Bowie et Nick Cave. Mais qui ne les aiment pas ? Reinhard Kleist, l'auteur de ces deux livres, est un dessinateur allemand qui, après avoir déjà réalisé une biographie de Johnny Cash enchaîne donc avec les deux chanteurs susnommés. Il n'a pas réalisé que ce type d'oeuvre, mais c'est quand même ce qui est en train de faire son succès. Il faut dire, comme je l'ai dit précédemment qu'elles sont particulièrement réussies. Si Bowie - paix à son âme - n'est plus en état de valider ou non cette énième biographie, Cave a déjà dit tout le bien qu'il pensait de la sienne ...