Accéder au contenu principal

Here We Go Magic - A Different Ship

Here We Go Magic fait partie de ces groupes dont la musique, un peu trop alambiquée, m'a toujours laissé sur le côté de la route. Disons en gros que je les trouve originaux, qu'ils ont assurément quelque chose - d'ailleurs si le célèbre producteur de Radiohead, Nigel Godrich les a remarqué, ce n'est pas pour rien - mais qu'à force de sophistication, leur rock oblique a tendance à me fatiguer les oreilles. Et puis, cette fois-ci, je suis tombé par hasard sur "How Do I Know", chanson magnifique aux paroles préméditées ("How do I know if I love you...") et à la guitare folk gentiment nerveuse que n'aurait pas renié des Feelies à leur meilleur, avec une pointe de légèreté supplémentaire (les très efficaces "ouh-ouh"). Et là, évidemment, ça donne envie d'en savoir plus. Le reste est moins immédiatement accrocheur, mais on y découvre, à chaque écoute, de nouvelles subtilités. Cela explique entre autres pourquoi je ne parle de ce disque que maintenant alors qu'il est déjà sorti depuis le 7 mai dernier. 
"A Different Ship" porte donc bien son nom, c'est un disque qui demande du temps, qu'il faut faire l'effort d'apprivoiser. Mais n'est-ce pas le propre des albums qui comptent, de ceux qu'on ressort le plus facilement de notre discothèque ? Au bout du compte, un très beau voyage qu'on prend plaisir à refaire encore et encore.

Clip de "How Do I Know" :

Clip de "Make Up Your Mind" :
Album en écoute intégrale sur Deezer.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Nick Cave & Warren Ellis - Carnage

On continue le rattrapage des disques 2021 avec une sacré pointure, puisque j'ai nommé Nick Cave, sans doute le rockeur ultime. Celui qui a commencé punk arty au sein de Birthday Party et produit aujourd'hui parmi les disques plus sombres qui soient. Le décès d'un fils y étant évidemment pour quelque chose. Autant les deux précédents albums, les pourtant acclamés - mais comment attaquer un père inconsolable - " Skeleton Tree " et " Ghosteen " m'avaient laissé étrangement indifférent. Autant ce " Carnage " sorti cette fois sans ses Bad Seeds mais avec le seul Warren Ellis - décidément compagnon de tous les instants depuis quelques années - m'a tout de suite marqué. Par son dépouillement, par sa quasi absence d'effets, juste quelques délicats et déchirants arrangements venant ornés juste ce qu'il faut le spleen du sieur Cave. Il n'est plus question de masquer les faits sous un quelconque décorum mais d'affronter la vérité

Richard Dawson & Circle - Henki

  Qu'il soit seul, au sein de Hen Ogledd ou accompagné du groupe de heavy metal finlandais Circle, la musique de Richard Dawson présente la même singularité. " Henki " est donc le résultat de la drôle de rencontre entre le troubadour anglais à la voix qui n'est pas sans rappeler celle de Robert Wyatt - souvent à la limite de la justesse - et une de ses formations préférée, pourtant assez opposée de son univers folk médiéviste. L'album ne comporte que 7 titres, souvent très longs, histoire d'appuyer un style envoûtant aux influences multiples, à l'exacte jonction des musiques de Circle et de Dawson, et aux nombreuses fulgurances (mention spéciale pour les guitares de " Silphium "). Une fois de plus, il est très difficile de classer un disque de Richard Dawson, toujours à la frontière du kitsch et de l'expérimentation. Chaque titre a un nom de plante dont certaines ont disparu (cooksonia, silphium), comme pour célébrer son attachement à la natu

Baptiste W. Hamon & Barbagallo - Barbaghamon

Quand deux des plus talentueux songwriters français actuels se rencontrent, ça ne peut produire qu'un excellent disque. Baptiste W. Hamon et Julien Barbagallo réussissent l'audacieux pari de réunir leurs deux univers assez différents pour en tirer le meilleur. Le premier s'inscrit à la fois dans une tradition de chanson française (Jean Ferrat) et de country musique américaine (Townes Van Zandt) à l'ancienne. Le second plus "moderne" marrie l'électro d'un Sébastien Tellier et la pop d'un JP Nataf, assez éloigné au final de Tame Impala et d'Aquaserge, deux formations dont il est pourtant à l'occasion batteur. Le disque est construit à l'image d'un diptyque : une partie est l'oeuvre de Baptiste W. Hamon (" J'écoute l'eau ", " Ils fument ", " Maria "), l'autre de Barbagallo (" Le jour viendra ", " Nous nous reverrons ", " Le bleu du ciel "). Qu'ils se retro