Accéder au contenu principal

Bertrand Belin - Persona

Bertrand Belin est devenu au fil du temps et surtout grâce à maman, il faut bien le dire, un ami de la maison. C'est bien simple, "Persona" tourne en boucle chez nous depuis plusieurs semaines déjà - le privilège du blogueur. Les enfants connaissent certains morceaux par cœur. "Choses nouvelles", parce que c'est une des plus belles chansons de l'artiste et qu'il sera bien difficile de la détrôner du podium des titres les plus marquants de l'année. "Sur le cul" pour son titre d'abord, ensuite pour ses paroles drôles et absconses. Puis les autres, "Grand Duc", "Nuits bleues", "Glissé Redressé", presque toutes en fait. Bertrand Belin réussit une fois de plus l'exploit pas banal d'être à la fois accessible et exigeant, grave et décalé. Le disque s'est glissé dans notre quotidien, comme un besoin inavoué, une chose qui allait de soi. On se surprend à l'écouter sans y prendre garde. Comme une évidence. Un geste parmi d'autres, effectués mécaniquement. Comme on prend son café. Belin, c'est comme ça. On ne sait pas bien pourquoi. On ne comprend pas tout. Mais il est là. Irremplaçable. 
Il a inventé un style, une poésie, un langage qui n'appartient qu'à lui. La "Persona", c'est le masque social, celui qu'on revêt en société, pour ne pas faire tâche, pour faire partie d'un groupe auquel on tient. "Persona", c'est donc maintenant à l'inverse et à travers ce disque quelque chose de plus personnel, gravée en nous, impossible à retirer. Parce que dans le cercle intime, la famille réduite à sa plus simple unité, elle a fait lien, sans masque ni posture. Et ça, ça n'a pas de prix.

Commentaires

  1. Un disque puissant. Pas loin d'être mon préféré de Belin. J'en ferai moi aussi bientôt ma chronique...

    RépondreSupprimer
  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  3. J'adore le petit côté "Heroes" un peu cheap sur "nuits bleues". Et d'une manière générale, pour les quelques titres écoutés ici, comment ne pas penser au second album de Baxter Dury "Floorshow" (son meilleur et de loin)? Va falloir que je creuse ce Belin que j'avais perdu de vue dans son "hypernuit" il y a déjà fort longtemps...

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Lucie

L'autre jour, en lisant l'article intitulé « ça rime à quoi de bloguer ? » sur le très bon blog « Words And Sounds » - que vous devez déjà connaître, mais que je vous recommande au cas où cela ne serait pas le cas - je me disais, mais oui, cette fille a raison : « ça rime à quoi la musique à papa? ». Enfin, non, sa réflexion est plutôt typiquement féminine : trouvons un sens derrière chaque chose ! Nous, les hommes, sommes plus instinctifs, moins réfléchis. C'est sans doute pour ça que dans le landernau (je ne sais pas pourquoi, j'aime bien cette expression, sans doute parce que ça fait breton :-) des « indierockblogueurs », il y a surtout des mecs. Un mec est par contre bizarrement plus maniaque de classements en tout genre, surtout de classements complètement inutiles dans la vie de tous les jours. Pour ceux qui ne me croient pas, relisez donc Nick Hornby. Et je dois dire que je n'échappe pas à la règle, même si j'essaie de me soigner. J'ai, par exemple,

Beak - >>>>

A peine remis du magnifique concert de Beth Gibbons, que nous apprenions la sortie surprise d'un nouvel album de Beak, groupe de Geoff Barrow depuis 2009 et la fin (?) de Portishead. Beak a la bonne idée d'intituler ses disques d'un " > " supplémentaire à chaque fois - on en est au quatrième - , comme pour dire que la formation est en constante progression, ce qui est assez vrai, tellement cette nouvelle mouture impressionne d'emblée. Les deux premiers titres, " Strawberry Line " et " The Seal " fixent la barre très haut. La production est toujours impeccable, avec une rythmique bien mise en avant, rappelant bien sûr le krautrock dont on sait que Barrow est amateur depuis " Third " chef d'oeuvre indépassable de Portishead, ce chant distant et ces chansons qui progressent lentement, créant ce climat de tension constante, dans l'attente de ce qui va suivre. La suite, moins immédiatement renversante, plus lancinante, nous

Top albums 2023

2023, fin de la partie. Bonjour 2024 et bonne et heureuse année à toutes et tous ! Je termine cette fois-ci un premier janvier, sur le fil, histoire de bien clôturer l'affaire, sans anticipation. Avant de vous dire qu'il s'annonce plein de bonnes choses musicalement parlant pour la nouvelle année, voici un récapitulatif de l'an dernier en 10 albums. 10 disques choisis le plus subjectivement possible, parce que ce sont ceux qui m'ont le plus emballé, le plus suivi pendant douze mois et qui je pense, me suivront le plus longtemps encore à l'avenir. 10- Young Fathers - Heavy, Heavy Ces jeunes pères de famille inventent une pop futuriste à partir de mixtures de TV On The Radio, Animal Collective ou autre Massive Attack. C'est brillant, novateur, stimulant, mais cela a parfois le défaut de ses qualités : notre cerveau est régulièrement en surchauffe à l'écoute de ces morceaux bien trop denses pour le commun des mortels, incapable de retenir autant de sons, d&