Accéder au contenu principal

Mega Bog - End of Everything

J'ai découvert Mega Bog, alias Erin Elizabeth Birgy, en première partie de l'indispensable Cate Le Bon l'an dernier. Et je dois avouer que sa prestation un peu ardue m'avait laissé de marbre. Mais alors, que s'est-il passé pour que maintenant, j'en arrive à changer d'avis et chroniquer son nouvel album ? Peut-être parce que la chanteuse a mis un peu d'eau dans son vin comme on dit, pour produire une musique plus facilement accessible. Peut-être parce qu'en live, elle recherche davantage l'expérimentation, pour aller à contre-courant de ses productions en studio. Car il est évident que Mega Bog est une artiste au style et à la personnalité affirmés. Qui pour se laisser peindre nue, sexe au premier plan, dans la même position que le fameux tableau de Gustave Courbet, "L'origine du monde", avec de surcroît une pilosité apparente au niveau des aisselles ? Le titre de l'album, "End of Everything" est d'ailleurs un évident contrepoint à l'oeuvre de Courbet. Le début et la fin, la boucle est bouclée. On devine que le propos ne sera pas gai, dénonçant le monde mortifère dans lequel nous vivons. 
La musique rappelle par moments celle de Jackie Lynn : même liberté de ton, même électro-pop qui navigue entre le kitsch et l'expérimental et dont les mélodies restent régulièrement accrocheuses. Voilà un album qui, comme sa pochette, risque malheureusement de ne pas se retrouver entre toutes les mains ou plutôt toutes les oreilles. Comme une Cate Le Bon qui aurait accepté de ne plus être dans la maîtrise totale, une Cate Le Bon maniérée, débridée. Un titre comme "The Clown" est incroyablement addictif. La dernière chanson éponyme est déchirante. Bref, cet album est une vraie belle surprise.



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

Mark Pritchard & Thom Yorke - Tall Tales

Oui, je sais, je ne suis pas très productif ces derniers temps... Une nouvelle fois, plus le temps, plus l’envie. J’avoue même écouter moins de musique. Heureusement, il y a quelques nouveautés qui me donnent toujours envie d’y revenir. Les productions de Thom Yorke quelqu’elles soient - Radiohead évidemment dont on annonce une sortie d'ici fin de l'année, en solo ou avec The Smile - en font partie. Le voici en duo avec Mark Pritchard, musicien australien de cinquante ans dont j’admets ne rien connaître. Ce n’est pas le genre de musique que j’écoute habituellement, encore que, pas si éloignée de celle de Kraftwerk. Les deux avaient déjà travaillé ensemble, notamment, sur " Beautiful People " extrait de l’album " Under the sun " de l’australien paru en 2016. Cette nouvelle collaboration permet au chanteur de Radiohead de signer son premier diqque sur un label qu’il vénère depuis longtemps, Warp (Aphex Twin, Boards of Canada, Autechre, etc).  Et je dois dire q...

"Starman : Quand Ziggy éclipsa Bowie" & "Nick Cave : Mercy on Me" de Reinhard Kleist

Deux chroniques pour le prix d'une ! Et des chroniques de bandes dessinées, une fois n'est pas coutume. Mais des bandes dessinées sur la musique et le rock en particulier. Noël est passé, mais il n'est jamais trop tard ou se faire plaisir ou offrir. Voici en tout cas deux bouquins que je recommande fortement pour qui aime l'univers et la musique de ces deux grands artistes : David Bowie et Nick Cave. Mais qui ne les aiment pas ? Reinhard Kleist, l'auteur de ces deux livres, est un dessinateur allemand qui, après avoir déjà réalisé une biographie de Johnny Cash enchaîne donc avec les deux chanteurs susnommés. Il n'a pas réalisé que ce type d'oeuvre, mais c'est quand même ce qui est en train de faire son succès. Il faut dire, comme je l'ai dit précédemment qu'elles sont particulièrement réussies. Si Bowie - paix à son âme - n'est plus en état de valider ou non cette énième biographie, Cave a déjà dit tout le bien qu'il pensait de la sienne ...