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Matias Enaut - Eclats


Il y a des disques qu'on commence par écouter sans trop de conviction : encore de la chanson française neurasthénique. Je n'ai pas besoin de ça. L'actualité, ma vie même, a besoin d'autres choses, de gaieté, de plus de légèreté. Et puis, ces petites miniatures pop, on y revient, sans crier gare. Comme un refuge, un cocon rassurant, loin du bruit ambiant. "Éclats", le deuxième album de Matias Enaut m'a fait cet effet-là. Au fil des écoutes, difficile de résister à ces petites mélodies. Il faut dire que le monsieur s'y connait en arrangement sonore pour avoir principalement travailler pour le milieu du cinéma ou de la publicité, sa musique faisant office de compagnon idéal des images. Cette fois-ci, elle est évidemment plus mise en avant car c'est à nous de créer les paysages, les situations qui vont avec. Les textes sensibles ne sont pourtant pas en reste, faisant mesurer les qualités littéraires de Enaut. On a bien entre les oreilles une grande oeuvre de pop made in France et j'ai l'impression que personne ou presque ne l'a entendu venir. 

A part Radio France et plus particulièrement FIP, proclamée meilleure radio du monde par Jack Dorsey, fondateur de Twitter - avant que l'autre mégalo ne le renomme X. Quand on continue de découvrir ce genre de petite merveille au milieu du flux de plus en plus incessant dont on abreuve nos oreilles, je veux bien croire qu'à défaut d'être la meilleure, cette station a gardé une capacité indéniable à reconnaître le talent au milieu de la masse. C'est aussi ce que j'essaie de faire, à mon nettement plus humble niveau. Mais merci avant tout à Matias Enaut pour ces superbes "éclats" qui nous remuent profondément de l'intérieur. 

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