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Articles

Xiu Xiu - Forget

J'ai encore du retard dans ma chronique hebdomadaire du disque de la semaine puisque les sorties musicales paraissent le vendredi. Cette fois-ci, j'ai une excuse, car le nouvel album de Xiu Xiu ne doit sortir que le 24 février. Pourtant, ça fait un bail qu'il est accessible sur le net via un leak malencontreux. Jamie Stewart est toujours aussi prolifique, puisqu'après son disque sur Twin Peaks parut l'an dernier, ainsi que diverses collaborations, il nous revient dès février avec de surcroît un nouveau Xiu Xiu presque accessible au plus grand monde. Car il faut avouer que les productions de Stewart sont absconses, torturées, qu'il est compliqué parfois d'y trouver une quelconque accroche. Avec " Forget ", on a droit à des titres plus directs (" The Call ", " Wondering "), plus immédiats même si le monsieur cultive toujours son goût immodéré pour les climats et ambiances un peu glauques. Mais ce refus du tout-venant est le pro...

The Flaming Lips (+ Georgia) - Paris, le Bataclan - 2 février 2017

C'est la première fois qu'on revenait avec maman au Bataclan depuis les événements tragiques que personne n'a oublié. Puisque c'était pour voir les Flaming Lips, je n'ai pas hésité un seul instant. Avec la bande de Wayne Coyne, ça ne peut qu'être festif, limite régressif. Pauvre Georgia, jeune anglaise, qui devait assurer la première partie avec sa copine, elle à la batterie, l'autre au clavier. La tâche paraissait compliquée. Encore qu'il vaut mieux passer avant qu'après. Comment peut-on passer après les Flaming Lips d'ailleurs ? Comment ne pas paraître fade et insignifiant ? Georgia fait du mieux qu'elle peut, développant une belle énergie et surtout affiche une sincérité bienvenue. La musique n'est pas trop ma came, mais c'est assez original. Je n'ai pas expliqué notre entrée dans la salle du Bataclan, les deux énormes champignons hallucinogènes à l'entrée, les ballons de 1m de diamètre a l'étage retenus par un fil...

The Bats - The Deep Set

Mon disque de la semaine arrive avec quelques jours de retard cette fois, vacances d'hiver oblige. Mais ne vous inquiétez pas, j'ai quelques posts dans les cartons qui devraient être publiés très bientôt. " The Deep Set " est le nouvel album des néo-zélandais de The Bats. Voici un groupe à la musique immuable. Ce disque aurait très bien pu sortir il y a 30 ans au moment de " Daddy's Highway ", leur premier essai. C'est toujours ce qu'on a appelé le Dunedin Sound bien que The Bats soient originaires de Christchurch. C'est toujours publié sur l'indispensable label local Flying Nun, que chaque fan d'indie pop vénère comme il se doit. Ce sont toujours les mêmes membres depuis les débuts, notamment Robert Scott présent au sein des non moins excellents The Clean. C'est toujours cette musique et ces guitares impeccables, ces mélodies inspirées par les premiers R.E.M. et " The Good Earth " des grands frères américains des Fee...

Surfer Blood - Snowdonia

Amateurs du Teenage Fanclub, bonjour. Voici le nouvel album des américains de Surfer Blood, beaucoup plus surfers que sanguinaires. La formation a pourtant connu des déboires : le départ de son bassiste et surtout le décès l'année passée de son guitariste Thomas Fekete , suite à un cancer. Sur ce " Snowdonia ", il n'y parait rien ou presque. On retrouve l'indie pop dans ce qu'elle peut avoir de plus mélodique, de plus lumineux. Un disque où il est question de neige, mais ne vous y fiez pas, c'est plutôt un disque d'été, qui respire le soleil. Un truc qui vous donne la vitamine D manquante. Bien sûr, on ne vous parlera pas de la musique de Surfer Blood, parce que bon, c'est mignon, mais ça ne va pas chercher loin non plus. Ces gens ont tort. Ces chansons à tiroir, ces guitares tourbillonnantes, maniant à merveille l'art du contre-pied, ces choeurs intelligemment parsemés, ces "ouhou", ces "lalala" venant à bon escient. ...

Tristesse Contemporaine - Stop and Start

Voici une étonnante formation multi-culturelle : le chanteur est anglais d'origine jamaïcaine et ancien membre de Earthling, une des nombreuses formations éphémères de la vague trip-hop des années 90, la claviériste est japonaise et le guitariste suédois. Ils vivent tous à Paris. Je les ai pour ma part réellement découverts en première partie de Pulp , à l'Olympia en 2012 pour le dernier concert français du fameux quintet de Sheffield. Cette soirée fut inoubliable et Tristesse Contemporaine avait eu le mérite de ne pas se contenter du simple rôle de faire-valoir. Il y avait d'abord l'inquiétant masque d'âne que le chanteur arborait sur scène et puis cette musique envoûtante, sorte de Joy Division lo-fi matinée de soul et sans batterie. Deux albums plus tard et notamment une collaboration avec la classieuse Barbara Carlotti , leur musique, à l'image de leur nom, ne respire toujours pas la grande gaieté, mais s'est étoffée, a surtout trouvé son style. Ce...

Pack 3 EPs : Orso Jesenska - Les variations d'ombre *** Matthieu Malon - Peu d'ombre près des arbres morts *** Erik Arnaud - Golden Homme

Il existe encore des hommes qui oeuvrent dans l'ombre, à la recherche du beau. Et la plupart des gens s'en foutent. Enfin, pas tous. Le label Monopsone et son fondateur Denis Frelat font assurément partie de ces chercheurs de beau. Pour l'occasion, ils ont fait appel dernièrement au photographe Stéphane Merveille qui a pris quelques magnifiques photos de la Dune de Pilat, en noir et blanc. Ces photos devaient ensuite servir d'inspiration à trois chanteurs : Erik Arnaud, Matthieu Malon et Orso Jesenska. Leur feuille de route ? Un Ep de 6 titres chacun avec 4 chansons originales et 2 reprises. Erik Arnaud est celui qui a cherché le plus la facilité avec seulement 2 nouveaux titres, mais 2 titres en "or". Surtout " Golden Homme ", petit tube en puissance, qui fait voir un Erik Arnaud, très proche de son ami Florent Marchet, dans le fond comme dans la forme. On pense évidemment au " Bambi Galaxy " de ce dernier. Pour le reste, deux versions...

Octave Noire - Néon

Ne vous fiez pas une fois de plus aux nommés des prochaines Victoires de la musique  (bon, ok, on a connu pire aussi comme sélection), la chanson française se porte bien. Voilà que nous arrive entre les oreilles, un son qui, malgré les références évidentes : de Chamfort  - la voix - à Gainsbourg - la basse de Melody Nelson - en passant par Jean-Michel Jarre, Christophe ou plus récemment Sébastien Tellier -  s'avère au final assez nouveau et passionnant. Octave Noire chante peu et des paroles assez énigmatiques, parfois en anglais et répétées souvent ad libitum, comme sur l'excellent premier single et tube en puissance, " Un nouveau monde ", qui ouvre ce disque (" Cent millions d'années. Une seconde. Une éternité. Pour faire un monde "). Les arrangements, à l'opposé, n'ont  pas peur de l'emphase, d'en faire trop. En résumé, on retrouve la pop symphonique, baroque et électronique française des années 70 mais avec un enrobage plus moderne...