Accéder au contenu principal

Alt-J - Relaxer

Ceux-là, j'avoue que je n'y croyais déjà plus, après un deuxième album très décevant. Leur premier, "An Awesome Wave" reste pourtant une formidable réussite, alliage culotté au carrefour de beaucoup d'influences. "Breezeblocks" est un des tubes les plus évidents de la décennie, diablement efficace. Mais là où le groupe dégageait une incroyable maîtrise en studio, fomentant des petites cathédrales pop ne ressemblant à rien d'identifiable, son manque de charisme s'avérait assez rédhibitoire en concert. Pour les avoir vus à Rock en Seine il y a quelque années - pas forcément le cadre idéal, je le concède -, la complexité de leur musique n'était pas bien retranscrite sur une grande scène, rendant l'ensemble assez injustement fade. Je ne sais pas si le groupe a progressé en live depuis, en tout cas, ce troisième disque est une belle surprise, me rappellant au bon souvenir de leur premier essai de 2012. 
Les anglais de Alt-J se voudraient Radiohead, qu'ils idolâtrent, à l'heure où l'on fête les 20 ans de l'inusable "OK Computer". Il manque toujours un peu de chair à leur musique, elle reste trop réfléchie. Il manque un peu d'émotion, pas de talent, la preuve ici sur leur très belle reprise du classique des Animals, "The House of the Rising Sun". "Relaxer" distille ainsi les bons points, variant intelligemment les registres. Pour finir en apothéose avec grand orchestre et kitsch assumé.

Commentaires

  1. Pareil, bien accroché au premier, pas compris le second et agréablement surpris par celui-ci.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

Michel Houellebecq & Frédéric Lo - Souvenez-vous de l'homme

On ne présente plus le premier, l’un des écrivains français les plus traduits au monde, controversé, aimant la provocation, jusqu’à flirter avec l’extrême droite ou tourner dans un porno amateur. On l’avait déjà retrouvé sur disque lors d’une collaboration avec Bertrand Burgalat pour le brillant et culte " Présence humaine " en 2000. Ses textes poétiques se marient bien avec la musique, ils ont leur mélodie, même s’ils sont juste déclamés. On connait un peu moins le second. Pourtant, c’est lui qui fut à l’origine du renouveau artistique de deux chanteurs attachants et en perte de vitesse, au bout du rouleau : d’une part, Daniel Darc, l’ex Taxi Girl avec le bien nommé " Crève coeur " en 2004, grand disque de chanson d’ici, et d’autre part, Pete Doherty, l’ex Libertines qui peinait à se renouveler avec un album élégant, à la classe délicieusement désuète. Les deux se seraient mis d’accord à l’écoute du " Psaume 23 " repris par Darc sur l’album susnommé. Houe...

"Starman : Quand Ziggy éclipsa Bowie" & "Nick Cave : Mercy on Me" de Reinhard Kleist

Deux chroniques pour le prix d'une ! Et des chroniques de bandes dessinées, une fois n'est pas coutume. Mais des bandes dessinées sur la musique et le rock en particulier. Noël est passé, mais il n'est jamais trop tard ou se faire plaisir ou offrir. Voici en tout cas deux bouquins que je recommande fortement pour qui aime l'univers et la musique de ces deux grands artistes : David Bowie et Nick Cave. Mais qui ne les aiment pas ? Reinhard Kleist, l'auteur de ces deux livres, est un dessinateur allemand qui, après avoir déjà réalisé une biographie de Johnny Cash enchaîne donc avec les deux chanteurs susnommés. Il n'a pas réalisé que ce type d'oeuvre, mais c'est quand même ce qui est en train de faire son succès. Il faut dire, comme je l'ai dit précédemment qu'elles sont particulièrement réussies. Si Bowie - paix à son âme - n'est plus en état de valider ou non cette énième biographie, Cave a déjà dit tout le bien qu'il pensait de la sienne ...