Accéder au contenu principal

Porridge Radio - Every Bad

Après la douceur et la quiétude des Saxophones, il fallait bien durcir le ton. On sait que ça ne va  pas être une partie de plaisir, de se retrouver interné malgré soi. On n'est pas fou mais on pourrait le devenir, d'autant que dehors, le soleil absent depuis de nombreux mois, arrive juste à point nommé pour nous narguer. "Every bad", c'est noir, mais on sait que ça ne sera pas simple. Porridge Radio, avec un nom pareil, ne pouvait nous venir que de l'autre côté de la Manche, qui plus est de la station balnéaire de Brighton. Pas forcément l'endroit le plus propice aux crises existentielles. On sait encore plus aujourd'hui qu'il est toujours plus agréable d'être coincé près de la mer. Dana Margolin est la principale artisan de la musique de Porridge Radio. Si ce disque ressemble à son cerveau, on pourrait se poser des questions sur l'état mental de la jeune femme. Chaque titre ou presque joue aux montagnes russes, pour nous surprendre sans cesse. Cela faisait longtemps qu'on n'avait pas entendu un tel sens du rythme dans le rock. On pense par exemple aux Pixies, à PJ Harvey, maîtres dans le genre de passer en un fragment de seconde du chaud au froid, des claques aux caresses. 
Surtout ne pas s'arrêter à l'écoute d'une ou deux chansons de ce "Every Bad", cet album, à l'image de ses glorieux aînés, se déguste sur la longueur, pour en apprécier sa variété, ses multiples influences. Vous verrez, rapidement, vous n'arriverez plus à vous en défaire. Vous aimerez vous y perdre et y revenir encore et encore. "Every Bad" est le premier grand disque de rock de l'année et donc de la décennie. On espère (encore ?) retrouver le groupe dans les festivals cet été, notamment à la prochaine Route du Rock. Sinon, comme pour beaucoup de choses, on se dit qu'il faudra attendre l'automne. On n'a jamais prévu autant de sorties à la rentrée prochaine. "Thank you for making me happy" répète ad libitum, Dana Margolin, à la fin de "Born Confused". Tout est dit. Tout n'est pas si noir.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

"Starman : Quand Ziggy éclipsa Bowie" & "Nick Cave : Mercy on Me" de Reinhard Kleist

Deux chroniques pour le prix d'une ! Et des chroniques de bandes dessinées, une fois n'est pas coutume. Mais des bandes dessinées sur la musique et le rock en particulier. Noël est passé, mais il n'est jamais trop tard ou se faire plaisir ou offrir. Voici en tout cas deux bouquins que je recommande fortement pour qui aime l'univers et la musique de ces deux grands artistes : David Bowie et Nick Cave. Mais qui ne les aiment pas ? Reinhard Kleist, l'auteur de ces deux livres, est un dessinateur allemand qui, après avoir déjà réalisé une biographie de Johnny Cash enchaîne donc avec les deux chanteurs susnommés. Il n'a pas réalisé que ce type d'oeuvre, mais c'est quand même ce qui est en train de faire son succès. Il faut dire, comme je l'ai dit précédemment qu'elles sont particulièrement réussies. Si Bowie - paix à son âme - n'est plus en état de valider ou non cette énième biographie, Cave a déjà dit tout le bien qu'il pensait de la sienne ...

Michel Houellebecq & Frédéric Lo - Souvenez-vous de l'homme

On ne présente plus le premier, l’un des écrivains français les plus traduits au monde, controversé, aimant la provocation, jusqu’à flirter avec l’extrême droite ou tourner dans un porno amateur. On l’avait déjà retrouvé sur disque lors d’une collaboration avec Bertrand Burgalat pour le brillant et culte " Présence humaine " en 2000. Ses textes poétiques se marient bien avec la musique, ils ont leur mélodie, même s’ils sont juste déclamés. On connait un peu moins le second. Pourtant, c’est lui qui fut à l’origine du renouveau artistique de deux chanteurs attachants et en perte de vitesse, au bout du rouleau : d’une part, Daniel Darc, l’ex Taxi Girl avec le bien nommé " Crève coeur " en 2004, grand disque de chanson d’ici, et d’autre part, Pete Doherty, l’ex Libertines qui peinait à se renouveler avec un album élégant, à la classe délicieusement désuète. Les deux se seraient mis d’accord à l’écoute du " Psaume 23 " repris par Darc sur l’album susnommé. Houe...