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Baxter Dury - The Night Chancers

Sacré Baxter Dury ! Toujours ce même humour typiquement british, ce sens inné de l'absurde. Commencer un album par "I'm not your fucking friend" pour finir par "Baxter loves you" chanté par l'habituelle accompagnatrice Madelaine Hart, il fallait y penser. Personne d'autres n'aurait eu l'idée. "The Night Chancers" ne bouleverse pas la donne. On est en terrain connu. On retrouve le même côté crooner décalé à l'accent cockney traînant, les mêmes mélodies accrocheuses, le même son direct et efficace, plus travaillé qu'il n'y paraît avec la présence de quelques cordes, la même concision - 10 morceaux, à peine 30 minutes en tout -, les mêmes choeurs féminins apportant la touche délicate et raffinée. On pense donc toujours à Gainsbourg, en dandy un peu branleur mais talentueux.
Après la déception amoureuse de "Prince of Tears", Dury est reparti au front, pas toujours très subtilement, comme dans le clip du bien nommé "Slumlord" ("and if you've got nothing to say, just don't say it"), arpentant les bars, les réseaux sociaux, à la recherche de nouvelles conquêtes. Ce nouvel album groove plus qu'à l'accoutumée. Mais un groove bancal, un groove de loser patenté. Dans une interview, le chanteur avoue s'en foutre de ne pas avoir de succès aux Etats-Unis. S'il ne tourne pas là-bas, c'est avant tout parce qu'il se sait trop "vieux", trop péquenot pour eux.  L'Amérique n'aime toujours pas les perdants, surtout ceux qui le revendiquent et en jouent. En attendant, nous, on n'a pas fini de s'en délecter. Et tant pis si sa tournée est décalée en raison de vous savez quoi, cet humour et cette musique là sont d'autant plus savoureux en ces périodes austères. Allez, je vous laisse... "Ce n'est pas mon problème, je ne suis pas ton chi-en"...

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