Accéder au contenu principal

Chris Cohen - Overgrown Path

Chris Cohen fait partie de ces hommes de l'ombre. Tout d'abord, son nom particulièrement commun et passe-partout n'est pas de ceux qu'on retient  instantanément. Ensuite, qui, à part d'indécrottables curieux, pour savoir que le monsieur a officié au sein de Deerhoof ou d'Ariel Pink ? Et puis, excepté Magic - qui, au demeurant, l'encense carrément, faisant appel à des références aussi prestigieuses que Nick Drake ou les Zombies - pour parler publiquement de ce disque sorti en catimini sur le pourtant très classe label Capture Tracks ? A ma modeste mesure, il fallait donc que je m'y colle, parce que ce "Overgrown Path" mérite beaucoup mieux qu'une telle indifférence. J'avais oublié un autre point qui ne jouera pas en sa faveur. La musique de Cohen, douce et simple en apparence, n'est plus vraiment de saison. 
Elle se prête plus facilement aux beaux jours qui, malheureusement , ont semble-t-il dit leurs derniers mots pour 2012. Tantôt mélancoliques ("Heart Beat", "Inside A Seashell"), tantôt plus enjouées ("Rollercoaster Rider", "Optimist High"), les morceaux sont tous aussi légers. Tellement légers, qu'ils pourraient en devenir presque transparents. Il y en a vraiment qui ne font rien pour se faire remarquer. C'est aussi souvent ceux là qui, sur le long terme, finissent par laisser le plus de traces... 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

The Monochrome Set - Fabula Mendax

Le Monochrome Set existe depuis bientôt 40 ans. Il a connu une période faste à ses débuts, à l'orée des années 70 et 80, durant laquelle le groupe inventait une pop à nulle autre pareille, bien éloignée du mouvement post-punk alors en plein essor ou de la new-wave balbutiante. La formation menée par Ganesh Seshadri, alias Bid, un soit-disant authentique prince indien, est à l'origine de beaucoup de vocations, notamment Morrissey ou Edwyn Collins. Le groupe arrivé trop tôt, reviendra trop tard dans les années 90, à l'heure de la brit-pop. Leurs mélodies précieuses et délicates n'avaient pas grand chose à voir avec le rock direct et un peu simplet de Oasis et consorts. Puis, il y a eu une nouvelle reformation à la fin des années 2000, après 10 nouvelles années de disette. Celle-ci ne semblait plus rien vouloir du tout, ne surfant pas avec une quelconque mode par essence éphémère. On sait déjà que le succès n'arrivera jamais, d'autant que la formation londonienne…

Temples - Hot Motion

Si le rock était encore à la mode, les anglais de Temples pourraient assurément emporter la mise, renvoyant les australiens de Tame Impala dans leur 22, avec ce "Hot Motion", troisième album encore plus direct et calibré que les précédents. Après avoir (un peu) délaissé les guitares pour les claviers, le temps de "Volcano", ils reviennent à un style plus "classique" et proche de leur premier essai, l'excellent "Sun Structures". C'est toujours la même recette : des mélodies accrocheuses dans la plus pure tradition anglaise, relevées par des arrangements très psychédéliques avec un bon gros son qui claque. Si on flirte parfois avec la facilité, comme sur "The Howl", ces jeunes anglais chics et très (trop?) stylés arrivent toujours à faire passer la pilule avec un petit changement de direction imprévu.  Car si le chemin d'ensemble est bien balisé, le groupe s'autorise de légères sorties de route qui font que ce "Hot …

Cate Le Bon - Reward

Il y a des disques auxquels on résiste, parce qu'ils sont trop étranges, parce qu'ils ne répondent pas à notre désir du moment et auxquels on revient malgré tout régulièrement, parce qu'au fond, ils nous intriguent. C'est peut-être ceux-là les plus précieux. Ces disques discrets, modestes, qui n'affichent pas clairement leurs qualités. "Reward", le dernier album de la galloise Cate Le Bon - rien à voir avec Simon, le chanteur permanenté de Duran Duran - fait assurément partie de ces disques-là. Pourtant, il n'a pas la bizarrerie évidente de ses précédentes productions. Le son a été subtilement polissé, chaque morceau habilement travaillé. On pense à un sorcier des studios en la personne de Brian Eno ou à Kate Bush pour le caractère envoûtant et assez unique.  Et si on commence à la retrouver aux manettes de quelques albums récents, ce n'est sans doute pas un hasard. Deerhunter ou Tim Presley ont fait appel à elle, pour qu'elle transforme à sa…