Accéder au contenu principal

The Coral - Distance Inbetween

The Coral connaît, comme beaucoup, le syndrome des groupes qui vieillissent : ils perdent en spontanéité et en fraîcheur mélodique ce qu'ils gagnent en maîtrise et en raffinement. Tout dépend de quel côté on se place. Ce nouveau disque sera soit une déception, soit une belle surprise. Pour ma part, je me placerais paradoxalement entre les deux. "Distance Inbetween" étant fidèle à ce que j'en attendais, car, comme tout un chacun, The Coral arrive à maturité et les entendre refaire aujourd'hui des titres comme "Dreaming of you" n'aurait plus de sens. On peut être nostalgique de sa jeunesse, vouloir que celle-ci perdure artificiellement mais dans ce cas, on se leurre. On n'est pas jeune deux fois. Les Liverpudliens de The Coral le savent bien et continuent d'avancer sans regarder en arrière. Leur nouvelle musique est moins pop, moins immédiate, plus dure et plus complexe aussi. 
Ils restent malgré leur éparpillement progressif - le départ semble-t-il définitif de leur ancien et excellent guitariste Bill Ryder-Jones pour une carrière solo plus que prometteuse et un temps d'attente nettement plus long entre deux productions - l'un des groupes pop les plus essentiels de l'époque.

Clip de "Miss Fortune" :

Clip de "Chasing The Tail of a Dream" :

Commentaires

  1. J'y ai retrouvé beaucoup d'Arctic Monkeys, Miles Kane & Last Shadow Puppets... D'ailleurs c'est un peu le virage stoner américain à la "Humbug" qu'ils nous ont fait là.
    Ca peut faire penser aussi aux Black Angels plus récents (les plus pop), tout ça vient pas mal des 13th Floor Elevators & Cie...

    C'était assez inattendu de leur part, et c'est vraiment pas mal du tout par moment, le disque ne m'a pas encore embarqué dans sa globalité mais il faut que je creuse, comme tu l'as bien dit il n'est pas immédiat.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Exposition Electro - de Kraftwerk à Daft Punk - samedi 13 juillet 2019

De Kraftwerk à Daft Punk : tout un programme ! Comment résumer la musique électronique ? Question difficile à laquelle la nouvelle exposition de la Philharmonie de Paris ne répond pas vraiment. Mais le propre de tout mouvement est d'être en perpétuelle évolution. Il y a un avant en terme de techniques, d'instruments, ici assez bien raconté avec quelques antiquités électroniques, datant pour certaines de plus d'un siècle. On peut aussi y entendre Jean-Michel Jarre plus gros rassembleur de l'histoire avec des concerts de plus d'un million de spectateurs, parler de son incroyable matériel, la musique devenant une science, résultat de savants calculs incompréhensibles du commun des mortels. Il n'y a par contre pas d'avant et après en terme d'évolution musicale, il y a juste des influences multiples et diffuses, des styles divers et variés. Des villes qui ont créé des vocations comme Detroit (la techno), Chicago (la house) ou Berlin. Des artistes majeurs co…

Drugdealer - Raw Honey

Weyes Blood encore et toujours. On la retrouve cette fois en compagnie du groupe Drugdealer - elle était déjà là sur le premier album du groupe, "The end of the comedy" - pour le très beau "Honey", bien dans l'esprit de ce qu'elle fait en solo. Il faut dire que la musique de Drugdealer est très proche de celle de Weyes Blood, c'est-à-dire douce, mélodique, admirablement désuète et kitsch (l'école californienne de Ariel Pink et consorts). En plus de l'évidente influence des Beatles("If you don't know now, you never will") , "Raw Honey" flirte même avec le jazz-rock FM des années 70. "Fools" ressemble par exemple à du Steely Dan.  Sauf que c'est toujours fait de manière décontractée, sans démonstration de virtuosité. Il faut dire que Michael Collins, l'auteur-compositeur de Drugdealer n'est arrivé à la musique qu'il y a dix ans seulement, en autodidacte. Voilà donc un agréable disque de saison, à …

O - à terre !

En voyant la liste des catégories pour les prochaines Victoires de la musique, je me suis dit tout de suite qu'il en manquait au moins une. Quid de la pop française ? Alors que celle-ci s'est rarement portée aussi bien ? Mais ce n'est plus à prouver que ces cérémonies restent au final très consensuelles, se contentant de valider les goûts de l'époque sans voir plus loin, et rechercher l'intemporel. Pourquoi passer ainsi sous silence la bonne santé de la pop d'ici en ignorant si ouvertement le talent de Chevalrex, Thousand, Barbara Carlotti ou Olivier Marguerit alias O ? Ce dernier est d'ailleurs peut-être le lien entre tous, car bien souvent caché derrière tous les derniers disques de pop français qui comptent. Il a aussi officié au sein des indispensables Syd Matters dont on attend toujours une suite au chef d'oeuvre "Brotherocean".  O revient donc avec un deuxième album, encore plus réussi que le premier - le déjà remarqué et remarquable &q…