Accéder au contenu principal

FFS, Les Innocents, Benjamin Biolay, ALA.NI - Paris, Studio 104, Maison de la Radio - 21 juin 2015

Celle-là, je ne croyais pas pouvoir y assister. Il faut dire que j'ai dû en jouer du clic pour parvenir à avoir les précieux sésames. Ceux qui donnaient le privilège d'aller voir gratuitement dans le cadre de la Fête de la Musique les Innocents, FFS (Franz Ferdinand et les Sparks) ou Benjamin Biolay. Une bien belle affiche qui a donc logiquement attiré son lot d'afficionados. Ils étaient nombreux à faire la queue dehors dans l'espoir de désistements. Pas sûr que ceux-ci aient été récompensés. Comme la soirée était entièrement retransmise en direct à la radio, l'ordre des concerts était inhabituel : interdiction de commencer par les moins connus ou les plus calmes de peur de perdre tout de suite les auditeurs. Rien de tel donc que de débuter par les désormais deux Innocents, JP Nataf et Jean-Christophe Urbain, leurs deux seules guitares en bandoulière et leur liste de tubes longue comme le bras, de "L'autre Finistère" à "Colore" en passant par "Un Homme Extraordinaire". On pensait ne jamais revoir ainsi les deux compères qui ont marqué, maman et moi, - surtout maman - notre adolescence : complices, tranquilles, assumant parfaitement leur discographie. La prestation fut évidemment trop courte comme toujours dans ce genre d'occasion. Il faudra les revoir dans d'autres circonstances.

Même constat pour les suivants. Si on m'avait dit que je verrais les Sparks aussi fringants en concert en 2015, qui plus est en compagnie de Franz Ferdinand, je n'y aurais pas cru. Les têtes d'affiche de la soirée furent à l'image de leur réputation scénique : une incroyable machine à tubes capable de faire danser les morts. Russell Maël a fait péter la tenue bretonne, tout en rayures marines jusqu'aux chaussettes. Ron pousse la chansonnette sur l'ironique "Collaborations don't work" et lâche même un sourire avant de partir, ce qui n'est pourtant pas dans les habitudes de la maison. Une partie du public pourtant réputé statique de la Maison de la Radio finit déchaîné sur scène au milieu du "super-groupe", sautant dans tous les sens sur les deux grands succès des formations respectives : "This Town Ain't Big Enough For The Both Of Us" et "Take Me Out".

 Difficile d'enchaîner après ça. Il faut bien attendre une vingtaine de minutes pour que Benjamin Biolay et son groupe se préparent et commencent enfin leur set. L'ambiance n'est pas la même. On est plus à la cool, dans une ambiance feutrée. Le chanteur français a eu la curieuse idée de faire un nouveau disque en reprenant uniquement le répertoire de Charles Trénet. Les présentateurs de France Inter ont beau dire, Biolay a beau faire : Trénet, ça a quand même vieilli. Tout cela n'est pas déplaisant, dans un style presque "jazz manouche", mais c'est lorsqu'il s'attaque à son propre répertoire que Biolay fait vraiment mouche, comme avec "La Superbe" ou "Brandt Rhapsodie"; Jeanne Cherhal vient d'ailleurs l'accompagner, comme sur disque, pour cette dernière chanson, originale et réussie. En tout cas, ce n'est pas étonnant que le chanteur divise, son style nonchalant donne l'impression constante de désinvolture. Quand on voit qu'il passe du piano à la trompette ou au violon avec la même facilité, on reste quand même subjugué.

Enfin, la soirée se finit avec une parfaite inconnue (pour moi) : ALA.NI. Déjà qu'une partie du public avait fuit après FFS, on n'est plus très nombreux, encore présents dans la salle. C'est dommage car il ne faut pourtant pas deux secondes pour s'apercevoir de la qualité vocale exceptionnelle de la jeune chanteuse. On dirait une gamine qui a eu la chance d'avoir un super joujou et qui s'en excuse. C'est un diamant brut, on pense tout de suite aux plus grandes, Billie Holiday notamment. Elle n'est pas encore très bien servi par les accompagnements, trop délicats, presque tout à la gloire de sa voix - mais comment faire autrement? Il faut dire que c'est le guitariste de Biolay qui officie à la rescousse de son musicien resté bloqué à l'aéroport nous dit-on. C'est, au final, une impeccable soirée, sans fausse note, qu'on aurait aimé bien plus longue... Une belle fête de la musique. Une victoire de la Musique.

Commentaires

  1. Effectivement cela sonne belle réussite, je pense être un peu jaloux pour FFS. Mais bon, la jalousie est un gros défaut

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

Mark Pritchard & Thom Yorke - Tall Tales

Oui, je sais, je ne suis pas très productif ces derniers temps... Une nouvelle fois, plus le temps, plus l’envie. J’avoue même écouter moins de musique. Heureusement, il y a quelques nouveautés qui me donnent toujours envie d’y revenir. Les productions de Thom Yorke quelqu’elles soient - Radiohead évidemment dont on annonce une sortie d'ici fin de l'année, en solo ou avec The Smile - en font partie. Le voici en duo avec Mark Pritchard, musicien australien de cinquante ans dont j’admets ne rien connaître. Ce n’est pas le genre de musique que j’écoute habituellement, encore que, pas si éloignée de celle de Kraftwerk. Les deux avaient déjà travaillé ensemble, notamment, sur " Beautiful People " extrait de l’album " Under the sun " de l’australien paru en 2016. Cette nouvelle collaboration permet au chanteur de Radiohead de signer son premier diqque sur un label qu’il vénère depuis longtemps, Warp (Aphex Twin, Boards of Canada, Autechre, etc).  Et je dois dire q...

Beak> (+ Litronix) - L'Elysée Montmartre - Paris, le 13 novembre 2024

  9 ans déjà. 9 ans depuis que nous avons côtoyé l'horreur. Si proche, cette fois. Le choc fut donc plus rude. Ce vendredi 13 novembre 2015 a laissé des traces indélébiles pour tous les amateurs de musique live. Pourtant, à la même date, cette année, le nombre de bons concerts à Paris était pléthorique, pour ne pas dire démentiel. Imaginez vous : il y avait le choix entre les irlandais de Fontaines DC, chouchous de la scène rock actuelle au Zénith, les revenants de Mercury Rev à la Maroquinerie, François and the Atlas Mountains, pour une relecture live de leur disque de 2014, " Piano Ombre " à la Philharmonie de Paris, les nouveaux venus de Tapir! Au Pop Up du Label, la troupe suisse de l'Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp à la Marbrerie et enfin Beak>, le groupe de Geoff Barrow, ancien batteur de Portishead. Et encore, je n'ai cité que les concerts intéressants que j'avais repéré. Je suis sûr qu'il y en avait d'autres... Mais pourquoi une telle...