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Ron Sexsmith (+ Sam Palladio) - Paris, le New Morning - 15 juin 2015

C'est la première fois qu'on allait, maman et moi, au New Morning, cette célèbre salle parisienne habituellement dédiée au jazz. Il faut dire que ce n'est pas trop le style de la maison. Comme la première partie de la soirée. Sam Palladio, un anglais, plutôt beau gosse et propre sur lui, qui chante (plutôt bien), seul sur scène avec sa guitare en bandoulière. Chaque chanson est replacée en préambule dans son contexte : une pour son grand-père, l'autre pour sa "môman", etc. Un bon gars qui joue une sorte de Bruce Sprinsgteen soft. L'ambiance est tranquille, pépère même. On est parmi les plus jeunes. Sans adhérer pleinement à la prestation, il faut avouer que cela fait du bien parfois, d'écouter de la musique sans se faire prendre en otage ses oreilles. On enchaîne donc rapidement sur la star d'un soir : le joufflu canadien Ron Sexsmith - qui s'est même laissé pousser un double menton. Cela faisait tellement longtemps que j'avais envie de le voir qu'au bout du compte, l'envie m'était quelque peu passée. Le chanteur a maintenant une bonne dizaine de disques à son actif et vingt ans de carrière. La musique de Sexsmith ne bouge pas d'un iota. Elle était démodée en 1995, elle le reste aujourd'hui. Son dernier album en date, "Carousel #1", est presque à l'image du premier, en plus serein. C'est la même pop-folk inspirée de McCartney ou d'Elvis Costello, dont il reprend d'ailleurs en concert, le très beau "Everyday I Write a Book", avec en guest, le pianiste de ce dernier, Steve Nieve, qui semblait traîner là par hasard. On entend un fidèle condensé de son répertoire, des titres des débuts comme l'émouvant "Secret Heart" aux morceaux plus récents en passant par l'assez décalé "Whatever It Takes", connu pour avoir été repris par le chanteur de jazz-variété Michael Bublé. Malheureusement, pas une seule chanson de "Whereabouts", mon préféré, n'est jouée. Qu'il soit seul au piano, à la guitare ou accompagné de sa formation, Sexsmith dégage un charme doux, apaisant. Ses mélodies désuètes et toutes assez semblables s'enfilent malgré tout comme d'agréables et jolies perles. C'est simple, maman et moi, on n'a pas vu passer l'heure et demie en sa compagnie. Et ce n'est pas qu'à cause du confort des canapés du New Morning...

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