Accéder au contenu principal

Yann Tiersen - All

Celui-là, ça faisait longtemps que je ne l'écoutais plus. Pourquoi ? Je ne sais pas. Et pourquoi je le réécoute soudainement au détour d'un nouvel album ? Je ne sais pas non plus. Vous me direz : en voilà un début de chronique intéressante. La musique de Tiersen n'est tout simplement pas une musique raisonnable. Elle s'adresse avant tout à nos sens, elle est instinctive, elle est en harmonie avec la nature qui l'entoure. C'est une musique des grands espaces, elle a besoin de respirer, de grand air, à l'opposé de ce qu'on appelle aujourd'hui les musiques urbaines. Le breton vit depuis plus d'une dizaine d'années à Ouessant, à l'écart du monde qui court et qui fait du bruit. Et cela se ressent de plus en plus dans son œuvre. Les morceaux sont principalement chantés en breton, mais aussi en féroïen. On y entend surtout des voix féminines, sa femme Emilie ou l'austère chanteuse scandinave Anna Von Hausswolff. 
Pourtant, le style de Tiersen n'a pas changé depuis les débuts et les succès de "Rue des cascades", "Le phare" et bien sûr la célèbrissime bande originale de "Amélie Poulain". Il a juste pris l'air, le son de l'ampleur. Ce qui était pour beaucoup d'étrangers associé à Paris et à la butte Montmartre est parti à l'ouest voir ailleurs. Tiersen est un des rares musiciens paysagistes, en accord totale avec le milieu qui l'entoure. À l'écoute de "All", on est avec lui, directement téléporté à Ouessant. On s'est évité le voyage, la partie la plus pénible. On n'y a jamais été, on ne sait même pas si on y ira physiquement un jour mais on sait au moins grâce à lui que c'est très beau.


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Grandaddy & The Lost Machine Orchestra - Paris, le Trianon - 20 avril 2022

Enchaînement de concerts avec un quatrième en trois semaines. Celui-là, je l'avais coché il y a quelques temps déjà. Mais maman n'étant pas grande amatrice du groupe, je l'avais mis en " stand-by " (" Bye-Bye ..."). Et puis, il aura fallu qu'au détour d'une soirée entre parents le sujet soit mis hasardeusement sur la table pour qu'on prenne nos places, à la dernière minute ou presque. Grandaddy, c'est la période bénie de la pop américaine au mitan des années 90-2000. Avec les Flaming Lips (le groupe existait bien avant mais leurs meilleurs disques sont sortis à ce moment-là), Mercury Rev et Sparklehorse. Un quatuor pour l'éternité et au moins quatre chefs d'oeuvres de suite : " Deserter's songs " en 1998, " The Soft Bulletin " en 1999, " The Sophtware Slump " en 2000, " It's a wonderful life " en 2001. On pourrait même rajouter Wilco en 2002. Ce soir-là, au Trianon, magnifique écrin

Panda Bear & Sonic Boom - Reset

" Reset " ? Pas vraiment aurait-on tendance à penser de prime abord. On reconnaît tout de suite Panda Bear dès les premières notes et le chant si caractéristique. Le génie mélodique derrière Animal Collective, c'est lui. Le style de Sonic Boom apparaît ici plus diffus, en filigrane. Les quelques arrangements psychés, c'est lui. Il faut dire que derrière le foisonnement sonore de Noah Lennox, le nom à la ville de notre Panda, difficile de se faire une place. Après le retour inespéré de son groupe à un niveau d'excellence avec " Time Skiffs " paru en février dernier, il en profite pour sortir un disque avec un ami de longue date. Les deux artistes se connaissent depuis plusieurs années, en tant que réfugiés en terre portugaise. L'ancien membre de Spacemen 3 n'a pas connu le même succès que son ex-compère parti formé Spiritualized pour le bonheur que l'on sait. La musique de Peter Kember est plus modeste que celle de Jason Pierce, mais ce n'

Nick Cave & The Bad Seeds, Kraftwerk, The Liminanas, Los Bitchos, DIIV, Aldous Harding, etc - Festival Rock en Seine - 26 août 2022

On ne pouvait pas finir l'été sans un festival. Bon ok, on avait été au Harbour Bristol Festival, mais celui-là était en plein centre ville, on n'y retrouvait pas vraiment l'ambiance d'un festival classique. On a donc joué au plus court de chez nous : Rock en Seine au parc de Saint-Cloud. D'autant que la programmation, cette année, était plutôt alléchante. On sentait que les programmateurs voulaient rattraper ces deux années perdues en raison du COVID. Le jeudi était dédié au rock pour "jeunes", même si peu d'entre eux écoutent encore du rock, avec la jeune garde britannique, Yard Act, Fontaines DC, Idles et comme tête d'affiche les valeurs sûres d'Arctic Monkeys. On avait plutôt choisi avec maman, le rock pour "vieux", avec la date du vendredi. Et oui, on assume complètement notre âge. On est arrivé presqu'à l'ouverture, en tout cas pour les premiers concerts. Les Bretons de Gwendoline - un rennais, un nantais, pour la paix