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Articles

Top albums 1966

Je vous avais promis le retour à plus d'activités malgré le ou la covid-19 (bizarre, cette volonté de féminiser un mot une fois que celui-ci a perdu toute attractivité), malgré les grandes vacances. Voici donc le grand retour de mes tops annuels, à l'arrêt depuis de nombreux mois (années) et bloqués sur le fabuleux millésime 1967, un des meilleurs qui soit. 1966, ce n'était pas la même histoire, même si Barbara Carlotti en a fait un beau spectacle intitulé " 1966 révolution pop " et Judas Warsky une excellente playlist . A un an près, la musique semble avoir bizarrement moins bien vieillie : pas de Velvet, " Forever Changes " ou Doors, à l'horizon. Heureusement, il reste quelques monuments pop comme le " Revolver " des Fab Four sévèrement concurrencé et même dépassé pour l'unique fois par la grande œuvre de Brian Wilson, le mirifique " Pet Sounds " unanimement salué comme un classique indémodable.  10- Frank Zappa &...

Jonathan Bree - After The Curtains Close

Le coronavirus a changé la donne : l'été n'est plus marqué par les festivals qui sont souvent synonymes de pause dans les nouveautés culturelles. Cette année, même passé le 14 juillet, des disques continuent d'affluer en nombre dans les bacs. Ils correspondent pour la plupart à des décalages de planning. " After the curtains close " de Jonathan Bree devait paraître plus tôt, mais en raison de la crise sanitaire, il n'est disponible que maintenant. S'il y a bien un artiste qui avait senti venir l'épidémie, c'est bien cet atypique songwriter néo-zélandais. Depuis quelques années, il n'apparaît qu'affublé d'un masque intégral, que cela soit sur les pochettes de ses disques, dans ses clips ou même en concert. Ce n'est donc pas la nouvelle règle du port du masque obligatoire qui devrait perturber ses habitudes. Son précédent album avait été classé disque de l'année 2018 ici même. Il n'est donc pas étonnant que je revienne que...

Bananagun - The True Story of Bananagun

Ils sont six, nous viennent d'Australie et prônent la banane plutôt que la violence. La banane comme fruit exotique le plus communément partagé. Comme leur musique qui est un subtil mélange de psychédélisme anglais (bonjour Syd Barrett et le Pink Floyd première période), l'afrobeat nigérian (bonjour Fela Kuti), le tropicalisme brésilien (bonjour Os Mutantes). Ces jeunes garnements bien polis - ils disent bonjour à tout le monde - réussissent l'exploit d'embrasser tous ces styles dans une même recette qui loin d'être indigeste, reste au contraire constamment légère et savoureuse. Ils n'oublient non plus d'écrire des tubes potentiels comme l'imparable " Out of Reach ". Ayant dit tout cela, on pourrait croire que ça ne sonne pas très moderne. Mais que nenni, on pense aussi à des productions plus récentes comme Chris Cohen pour les guitares carillonnantes et le chant enveloppant, ou Woods pour la folk métissée et mélodique. Bref, c'est le...

Suburban Lawns - Janitor (1981)

J'avoue que " La musique à papa " fonctionne actuellement au ralenti. Et pourtant, ce n'est pas faute d'écouter de la musique. Non, c'est juste que traquer la moindre nouveauté intéressante finit parfois par me lasser, comme en ce moment : j'ai du mal à y trouver mon compte, du mal à m'enthousiasmer. Il faut parfois laisser un peu de temps au temps, comme on dit. J'en ai donc profité pour partir à la recherche de musiques plus anciennes et un peu obscures. Des trucs que l'époque a oublié. Comme les Californiens de Suburban Lawns, responsables d'un unique album et dont un des clips a été réalisé par le cinéaste Jonathan Demme (" Le silence des agneaux ", " Philadelphia "). Ce dernier était encore méconnu à l'époque mais son amour du rock lui a valu ensuite de collaborer avec nombre de groupes du genre, notamment les Talking Heads pour le film " Stop making sense " ou New Order pour le clip de " The ...

No Age - Goons Be Gone

Non, il n'y a pas d'âge. Pas d'âge pour se replonger dans les trois premiers disques de Wire par exemple et tout ce passionnant mouvement qu'on a appelé et appelle toujours le post-punk - bah ouais, on est encore dans l'après punk, non ? Alors, quand je suis retourné vers les nouveautés, c'est surtout ce style qui m'a intéressé en premier lieu, de manière plus ou moins consciente. Le duo californien No Age fait déjà des disques depuis plus de quinze ans mais j'étais jusque là resté assez indifférent à leur musique, trouvant à tort peut-être qu'elle n'inventait rien et que cela restait somme toute assez basique. " Goons Be Gone " est donc arrivé à point nommé. Parce qu'il faisait la parfaite jonction avec les vieux albums que je me mettais subrepticement à réécouter. Parce qu'il venait en même temps montrer que je m'étais trompé sur le compte de ce groupe.  Leur musique n'est pas une simple ligne droite d'autor...

Deerhoof - Future Teenage Cave Artists

On se dit que s'il y a un groupe pour qui le confinement n'a pas dû être un obstacle pour réaliser un nouveau disque, c'est bien Deerhoof. On a l'impression que le quatuor de San Francisco ne joue jamais ensemble, que chacun arrive en studio avec des mélodies différentes et que la musique n'est au final qu'un collage plus ou moins heureux selon l'album, des productions individuelles. Ce " Future Teenage Cave Artists " n'échappe pas à la règle mais il semble pour moi faire partie de leurs plus belles réussites - même si j'avoue ne pas connaître toute la pléthorique discographie du groupe. Chaque morceau en contient plusieurs, ce qui fait qu'on ne s'aperçoit même pas vraiment lorsqu'on change de chansons. Comme le dernier Kim Gordon avec qui il partage aussi la même constante volonté d'expérimentations, il est ici question de politique, de penser en dehors du système, comme de "futurs hommes des cavernes". La poch...

Woods - Strange to explain

Revoilà les formidables Woods, déjà responsables de mon disque de l'année 2016 avec l'inusable " City Sun Eater In The River Of Light ". Ils m'avaient manqué, même s'ils n'ont pas été improductifs depuis quatre ans. D'abord, il y avait eu ce très bel EP, " Love is love " sorti en 2017, puis le disque, " Myths 03 ", en compagnie du groupe de folk suédois Dungen l'année suivante dans le cadre des très belles collaborations organisées par le label Mexican Summer . " Myths 01 ", c'était Connan Mockasin et Devonté Hynes (Lightspeed Champion, Blood Orange), " Myths 02 ", la rencontre géniale entre Ariel Pink - mon disque de l'année 2017 - et Weyes Blood, " Myths 04 ", celle de Cate Le Bon - mon disque de l'année 2019 - et Bradford Cox. Bref, que de l'excellent. Quel sera le duo de 2020 ? Enfin, Woods a aussi participé activement à l'unique album de David Berman sous le pseudonyme...