Accéder au contenu principal

Mes indispensables : The Kinks - The Kinks Are The Village Green Preservation Society (1968)


Ils sont quatre. Ils sont anglais. Entre 1966 et 1969, ils étaient les rois (les Kinks ?) de la pop. Non, ce ne sont pas les Beatles, mais bien les Kinks. Groupe sous-estimé chez nous - mais toujours adulé outre-manche ? -, surtout en comparaison de la folie qui existe encore aujourd'hui autour des fameux Fab Four. Car, pour moi, - mais j'aime bien aller à contre-courant ;-) -, la bande à Ray Davies est sans doute ce qui s'est fait de mieux en terme de pop anglaise. Mais seulement entre 1966 et 1969, donc. Car, avant c'était le pataud "You Really Got Me", qui est resté, malheureusement pour eux, leur plus célèbre morceau qu'ils traînent aujourd'hui comme un boulet. Et après, les Kinks, c'est devenu de plus en plus "caca-boudin" ... Alors, que pendant cette période - qui est aussi la période faste du duo McCartney/Lennon - Davies ne se prenait pas encore au sérieux et délivrait pourtant chanson pop parfaite sur chanson pop parfaite, en témoigne notamment ce qui restera comme leur grande oeuvre, ce foisonnant "Village Green Preservation Society". Mais, pourquoi les Kinks étaient-ils alors meilleurs que les Beatles ? Tout simplement, parce que Ray Davies écrivait mieux que Lennon et McCartney réunis, parce que leur musique était mieux arrangée, plus subtile, tout en restant aussi mélodique, qu'ils n'avaient pas de George Harrison en leur sein, pour polluer leur production avec un titre ou deux à la sitar, que leur musique a, je trouve bizarrement, mieux vieillie - peut-être aussi parce que passant moins en radio, elle a, de ce fait, moins lassée -. Parce qu'ils étaient plus drôles aussi.


Pour ces raisons et pour d'autres encore, le monde entier devrait réécouter la musique des Kinks et la ré-estimer en rapport de celle des Beatles. Car le problème de ce groupe, c'est que lorsque l'on veut le faire écouter à quelqu'un qui ne le connait pas, on a toujours la même réponse : "On dirait les Beatles. C'est copié sur les Beatles, ça ressemble beaucoup aux Beatles." Ce qui est profondément injuste : "Village Green Preservation Society", c'est pourtant 15 morceaux du niveau d'"Eleanor Rigby". Et rien que les premières notes de basse au début du morceau éponyme devraient suffire à faire la différence : jamais McCartney n'aurait pu en faire autant.

"Last Of The Steam Powered Trains" et "Picture Book" live en 1969 :

Commentaires

  1. J'aime bien ton blog. Je ne suis pas un grand fan des Kinks et encore moins de cet album-ci. Je préfère Something Else (pour harry rag) et la chanson a well respected man, seul morceau des Kinks qui figure clairement parmi mes favoris.

    RépondreSupprimer
  2. "Something Else" est aussi un de mes préférés des Kinks, mais pour d'autres chansons que "Harry Rag" : Waterloo Sunset évidemment, David Watts, Death Of A Clown, Two Sisters, etc. Mais j'en reparlerais sans doute ;-)

    RépondreSupprimer
  3. death of a clown et two sisters entrent effectivement dans le lot!

    RépondreSupprimer
  4. un peu de mauvaise foi (mais ce n'est pas pour me déplaire), les beatles n'étaient quand même pas des glands
    les kinks étaient effectivement les seuls à se hisser au niveau
    mais leur son et leur style définitivement trop anglais les a coupé d'un succès plus large
    village green est un chef d'oeuvre mais il ne faut pas oublier arthur (or the decline and the fall of the british empire)
    pour entendre des kinks plus roots, jetez une oreille bienveillante sur muswell hillbillies

    RépondreSupprimer
  5. Oui, sans doute un peu de mauvaise foi, mais c'est aussi pour faire réagir ;-)
    Quant à leur album "Arthur", je ne suis par contre pas super fan ...

    RépondreSupprimer
  6. Je n'ai rien du tout contre les beatles : est ce qu'ils étaient des artistes très doués ? Oui . Mais est ce que les autres n'ont pas le droit a leur chance ? Oui et c'est pour ça que je suis bien d'accord avec cette critique : Les Kinks sont EXCELLENTS . Je ne sous estime pas les beatles mais franchement : une chanson qui peut te mettre la larme a l’œil comme " village green " ou qui te donnera immédiatement le sourire comme " all of my friends were there " ( qui me fait toujours penser aux monty python ^^) il fallait un sacré bon niveau pour imaginer des perles comme celle là !!! Et sans aucune provocation je ne pense pas que les beatles l'aurait fait aussi ... aussi bien . tout simplement . Mais je précise que c'est une préférence personnelle ( un fan des beatles pourrait me répondre que les kinks n'aurait pas pu imaginer Yellow submarine ou lucy in the sky après tout . )

    RépondreSupprimer
  7. Les Kinks = 100 000 000 000 000 fois meilleurs que les Beatles ... Sans hésitation .
    Ou plutôt les " Beach boys de Liverpool " puisque la majorité de leur musique est pompée soit aux beach boys soit a Elvis et aux autres artistes Américains comme Frank Zappa .
    Et franchement au niveau de l'écriture des paroles il n'y a pas photo : l'amitié et l'amour c'est bien mignon mais ça manque quand meme cruellement de profondeur surtout au bout de 150 chansons sur le sujet .
    D'ailleurs les Velvet Underground on fait un morceau parodique génial pour ironiser la dessus : " Who loves the sun " . Très drôle , mordant , et musicalement très réussi .
    (Les Velvet underground meilleurs que les Beatles également au passage ...)
    Et je ne parle meme pas de Imagine de Lennon qui ressemble plus au délire qu'un adolescent utopique en pleine crise qu'a autre chose lorsqu'on se penche sur le texte .
    Ecoutez seulement Dead end Street , Sunny afternoon , et Waterloo Sunset . Rien qu'avec ces trois morceaux ça saute aux yeux que les Beatles étaient les plus populaires mais pas les plus doués .
    Sans oublier tout le reste de leur discographie .

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Luke Haines & Peter Buck - Going Down To The River... To Blow My Mind

" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...

Michel Houellebecq & Frédéric Lo - Souvenez-vous de l'homme

On ne présente plus le premier, l’un des écrivains français les plus traduits au monde, controversé, aimant la provocation, jusqu’à flirter avec l’extrême droite ou tourner dans un porno amateur. On l’avait déjà retrouvé sur disque lors d’une collaboration avec Bertrand Burgalat pour le brillant et culte " Présence humaine " en 2000. Ses textes poétiques se marient bien avec la musique, ils ont leur mélodie, même s’ils sont juste déclamés. On connait un peu moins le second. Pourtant, c’est lui qui fut à l’origine du renouveau artistique de deux chanteurs attachants et en perte de vitesse, au bout du rouleau : d’une part, Daniel Darc, l’ex Taxi Girl avec le bien nommé " Crève coeur " en 2004, grand disque de chanson d’ici, et d’autre part, Pete Doherty, l’ex Libertines qui peinait à se renouveler avec un album élégant, à la classe délicieusement désuète. Les deux se seraient mis d’accord à l’écoute du " Psaume 23 " repris par Darc sur l’album susnommé. Houe...

"Starman : Quand Ziggy éclipsa Bowie" & "Nick Cave : Mercy on Me" de Reinhard Kleist

Deux chroniques pour le prix d'une ! Et des chroniques de bandes dessinées, une fois n'est pas coutume. Mais des bandes dessinées sur la musique et le rock en particulier. Noël est passé, mais il n'est jamais trop tard ou se faire plaisir ou offrir. Voici en tout cas deux bouquins que je recommande fortement pour qui aime l'univers et la musique de ces deux grands artistes : David Bowie et Nick Cave. Mais qui ne les aiment pas ? Reinhard Kleist, l'auteur de ces deux livres, est un dessinateur allemand qui, après avoir déjà réalisé une biographie de Johnny Cash enchaîne donc avec les deux chanteurs susnommés. Il n'a pas réalisé que ce type d'oeuvre, mais c'est quand même ce qui est en train de faire son succès. Il faut dire, comme je l'ai dit précédemment qu'elles sont particulièrement réussies. Si Bowie - paix à son âme - n'est plus en état de valider ou non cette énième biographie, Cave a déjà dit tout le bien qu'il pensait de la sienne ...