Accéder au contenu principal

Mes indispensables : PJ Harvey - To Bring You My Love (1995)

Dans la série des chanteuses rock indispensables des années 90, après Björk la semaine dernière, je demande la soeur des champs, plus rustique, moins sophistiquée : miss Polly Jean Harvey - pas étonnant que l'autre cul-terreux de Murat soit fan.  Après deux premiers albums bruts de décoffrage et un poil rêches, elle prend tout son monde par surprise avec ce somptueux "To Bring You My Love", un disque où le son s'est apaisé à défaut de s'être adouci. Car la colère rôde encore, la bête s'est assagie, mais il reste tout de même quelques rugissements de-ci, de-là ("Meet Ze Monsta", "Long Snake Moan"). "I was born in a desert..." nous clame-t-elle dès les premières mesures de l'entêtant titre éponyme. Et c'est effectivement de désert qu'il est question ici, car tout y est sec, aride. La basse omniprésente, résonne de manière sourde,  mais la production est plus léchée. On y entend même quelques cordes. Pour la première fois aussi, l'anglaise ose le glamour avec cette pochette où elle pose en robe de soie rouge. Elle entrevoit même la lumière le temps de quelques titres plus ouverts et évidents comme "C'mon Billy" ou "Send His Love To Me".
C'est son album suivant, l'excellent et sous-estimé "Is This Desire?" qui fut pour moi la révélation, en particulier, le single "A Perfect Day Elise" et le très beau "The Garden". Ce disque, pourtant pas réputé comme son plus accessible, m'a ouvert les portes de son univers. Depuis, difficile de sortir un disque plutôt qu'un autre de sa discographie exemplaire, jusqu'au récent "White Chalk" où elle se met au piano. "To Bring You My Love" parce qu'il résume merveilleusement bien son style - le feu et la glace, à l'image du sublime et inquiétant "Down By The Water" - et aussi parce que c'est tout simplement ce qu'on a envie de lui faire : lui apporter notre amour. Des filles avec autant de classe ne sont pas légion dans le monde du rock.

Clip de "C'mon Billy" :
Clip de "Down By The Water" :

Clip de "Send His Love To Me" :


Commentaires

  1. Oui, beaucoup de classe en effet PJ (enfin... sauf quand elle est maquillée comme un camion et ressemble à un trav' cf. clip "C'mon Billy" + photo) :)

    Pour moi, la révélation ce fut ses deux 1ers albums avec l'excellent batteur Rob Ellis !

    RépondreSupprimer
  2. Mais je trouve que même déguisée en trav', elle garde la classe. Y a des gens comme ça, y a pas justice ;)

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Exposition Electro - de Kraftwerk à Daft Punk - samedi 13 juillet 2019

De Kraftwerk à Daft Punk : tout un programme ! Comment résumer la musique électronique ? Question difficile à laquelle la nouvelle exposition de la Philharmonie de Paris ne répond pas vraiment. Mais le propre de tout mouvement est d'être en perpétuelle évolution. Il y a un avant en terme de techniques, d'instruments, ici assez bien raconté avec quelques antiquités électroniques, datant pour certaines de plus d'un siècle. On peut aussi y entendre Jean-Michel Jarre plus gros rassembleur de l'histoire avec des concerts de plus d'un million de spectateurs, parler de son incroyable matériel, la musique devenant une science, résultat de savants calculs incompréhensibles du commun des mortels. Il n'y a par contre pas d'avant et après en terme d'évolution musicale, il y a juste des influences multiples et diffuses, des styles divers et variés. Des villes qui ont créé des vocations comme Detroit (la techno), Chicago (la house) ou Berlin. Des artistes majeurs co…

Kraftwerk - festival Days Off - Philharmonie de Paris - samedi 13 juillet 2019

Après la visite (un peu décevante) de l'Expo Électro dans l'après-midi, nous avons enchaîné avec un concert d'un des plus groupes les plus (si ce n'est le plus) influents de la musique électronique : Kraftwerk. Comme ce style s'accompagne souvent d'un décorum particulier - on n'a toujours pas oublié les shows gargantuesques de Jean-Michel Jarre -, on attendait avec une certaine impatience la soirée depuis de longs mois déjà. Un concert avec lunettes 3D ? C'est la première fois que nous tentions l'expérience. Après le concert ultra chorégraphié et sans fil de David Byrne de l'an passé, la Philharmonie de Paris semble être le lieu privilégié des prestations hors normes, prêt à phagocyter toutes les expériences musicales et visuelles mémorables. Le concert ne débuta qu'à 22h sans première partie - comment passer avant ce qui allait suivre de toute façon ? - et tout de suite, notre attente ne fut pas déçue. A peine après avoir enfilé les lunett…

Kishi Bashi - Omoiyari

"Omoiyari" est un équivalent japonais d'empathie. Kaoru Ishibashi alias Kishi Bashi, est un américain d'origine japonaise. Comme beaucoup, l'arrivée au pouvoir de Donald Trump l'a fait réfléchir sur l'avenir de son pays en se remémorant son passé. Notamment celui particulièrement sanglant entre ses deux patries, celle de ses parents et la sienne. Celui de l'été 1942 ("Summer of 42") par exemple, peu de temps après l'attaque japonaise de Pearl Harbor et avant la riposte américaine qui culminera avec les bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki. Cette Histoire tragique qu'on voudrait tous oublier mais qui refait irrémédiablement surface quand on retrouve, à la tête des états, des personnes qui ont su gagner par la haine de l'autre, en voulant construire des murs par exemple. Un peu d'empathie, voilà ce dont le monde a besoin. Les oiseaux de la pochette sont à l'image de nous autres, humains, des êtres variés et fragiles.…