Cette fois-ci, on s'attaque à du lourd, à du très lourd même, puisque "Sister" est sans doute un des meilleurs disques de Sonic Youth et des années 80 tout court. C'est un pas de géant que franchit le groupe depuis leur précédent "EVOL", qui, même s'il laissait présager un peu de la suite, ne permettait pas de penser à une telle déferlante. Car "Sister" est un formidable condensé de bruits tous azimuts et de mélodies pop. Tous les titres ou presque pourraient être cités, mais je retiendrais surtout les deux premiers : "Schizophrenia" et "Catholic Block". Deux monuments. Deux chansons où chaque seconde compte, où rien n'est laissé au hasard, contrairement à l'attitude cool et nonchalante qui pourrait transparaître à la première écoute. Car il y a ici une vraie progression à l'intérieur des morceaux. On ne sait pas où le groupe va nous amener mais on sait à l'avance que cela va être passionnant. Après, le reste, c'est de la littérature. Sonic Youth a rédéfini le rock à sa sauce. On est en 1987. Qui a dit que les années 80 n'avaient rien apporté à la musique ?
" It’s the end of the world as we know it and i feel fine " nous chantait déjà REM en 1987. Les années passent et ce sentiment s'élargit. Devant une actualité toujours déprimante, nous sommes de plus en plus nombreux à préférer l'indifférence, pour nous protéger, rester "en vie". C’est sur ce constat défaitiste et aussi sur une même accointance pour les guitares tranchantes que Peter Buck et Luke Haines ont décidé d’écrire des disques à 4 mains. Pour ceux qui ne savent pas qui sont ces deux individus, le premier n’est rien d’autre que l’ancien guitariste de REM, le second est l’ancien chanteur de The Auteurs. Tous deux sont responsables d’une palanquée de mes classiques personnels. " Going down to the river... to blow my mind " est déjà leur troisième album commun. J’avais quelque peu fait l’impasse sur les deux premiers, à tort. En tout cas, ce nouveau présente une liste de titres impeccables dans la droite lignée des premiers disques de The Auteu...
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