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Ganser - Just Look At The Sky

"Regarde juste le ciel" nous demande ce groupe américain originaire de Chicago. Comme en son temps, un groupe de pop bien de chez nous, nommé Aline. Pourtant, on ne navigue pas du tout dans les mêmes eaux. Ici, le climat est plus sombre, tendu, lourd. On ne ressent alors pas ça comme un conseil, mais plutôt comme un ordre, une sommation. Dès "Lucky", le ton est donné. Le riff de guitare, comme martelé, emporte tout sur son passage tel un ouragan. Et les coups de semonces s'enchaînent ainsi de manière régulière tout au long de ces neuf titres rageurs. On pense évidemment à Sonic Youth, un peu moins à Electrelane, même si c'est étonnament leur guitariste Mia Clarke, exilée à Chicago, qu'on retrouve à la co-production. 
Ganser, en plus des guitares tranchantes, ce sont deux chanteuses Nadia Garofalo et Alicia Gaines qui se sont rencontrées dans une école d'art. Elles y ont partagé leurs passions communes pour la musique de The Residents et les films de John Waters ou David Lynch. Elles seraient une version actuelle de Kim Gordon et Poly Styrene, chanteuse complètement allumée et aujourd'hui disparue du groupe de punk anglais X-Ray Spex. Bref, Ganser, c'est une claque dans ta face, et en ces temps de repli sur soi et de tendance plus ou moins consciente à la procrastination, ça fait du bien, ça remet les idées en place, ça resitue les débats, les vrais. Punk is not dead. 
 



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Nick Cave & Warren Ellis - Carnage

On continue le rattrapage des disques 2021 avec une sacré pointure, puisque j'ai nommé Nick Cave, sans doute le rockeur ultime. Celui qui a commencé punk arty au sein de Birthday Party et produit aujourd'hui parmi les disques plus sombres qui soient. Le décès d'un fils y étant évidemment pour quelque chose. Autant les deux précédents albums, les pourtant acclamés - mais comment attaquer un père inconsolable - " Skeleton Tree " et " Ghosteen " m'avaient laissé étrangement indifférent. Autant ce " Carnage " sorti cette fois sans ses Bad Seeds mais avec le seul Warren Ellis - décidément compagnon de tous les instants depuis quelques années - m'a tout de suite marqué. Par son dépouillement, par sa quasi absence d'effets, juste quelques délicats et déchirants arrangements venant ornés juste ce qu'il faut le spleen du sieur Cave. Il n'est plus question de masquer les faits sous un quelconque décorum mais d'affronter la vérité

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