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Articles

Bill Fay - Who is the Sender ?

Là encore, Blake m'en avait parlé... Bill Fay est un cas à part. Ses premiers disques sont sortis il y a plus de quarante ans, dans un profond anonymat, à tel point que sa maison de disques le laissa rapidement tomber. Il ne revint qu'il y a quelques années seulement emportant progressivement la plupart des suffrages. On ne sait pas bien ce qu'a fait Bill Fay pendant tout ce temps. Des petits boulots. A vivoter. La vie est injuste parfois. Il a aujourd'hui plus de 70 ans, n'a plus grand chose à perdre ni à gagner, hormis une reconnaissance à plus grande échelle. On pense à un Dylan qui aurait opté pour le piano. Ses chansons sont d'un classicisme assumé parfois à la limite de la variété. La première partie du disque, au moins, est sublime. Après, ça s'essouffle, on s'ennuie. Trop de modestie, l'absence d'effets et quelques redites finissent par endormir l'auditeur. L'album est trop long et aurait mérité d'être plus resser...

Orso Jesenska - Effacer la mer

C'est l'ami Blake qui me l'a rappelé : le second disque du marseillais Orso Jesenska est l'un des meilleurs de cette année. Pourquoi je ne m'en étais pas rendu compte plus tôt ? Parce que je cherchais des choses plus directes et plus immédiates. Des choses qui ne durent pas. La fatigue aidant, on s'attache à la facilité. Par fainéantise intellectuelle. Le cerveau lessivé, en compote. On aime être rassuré, en terrain connu. On ne le fait même pas consciemment. La vie comme nos goûts rentrent paisiblement dans le rang. Et puis, on finit par se poser les vraies questions : est-ce bien ce qu'on veut ? Une vie sans histoire, jalonnée de musique d'ascenseur, sans risque et sans émotion. Avec Orso Jesenska, faut pas exagérer, ce n'est pas non plus le grand saut dans le vide. Il y a des filiations perceptibles. La plus évidente, c'est bien sûr Dominique A, période " Remué ", la meilleure diront certains, la plus abrupte, la plus ardue. Pas ...

The Apartments - No song, no spell, no madrigal

Cette année 2015 ne m'inspire pas. Je ne sais pas pourquoi, je n'y arrive pas. Je n'arrive plus à m'enthousiasmer pour les sorties musicales. Pourtant, ce n'est pas faute d'en écouter. Je deviendrais plus exigeant ou plus sûrement cette époque ne me conviendrait pas. Je serais devenu déjà ce qu'on appelle communément un vieux con, un réac, fidèle partisan du "c'était mieux avant". Alors, j'écoute de la musique de mon âge. The Apartments, voilà un groupe pour qui le temps semble s'être arrêté. Malgré la pause plus ou moins forcée d'une quinzaine d'années, la formation de l'Australien Peter Milton Walsh fait la même musique qu'à ses débuts, c'est-à-dire des classiques et classieuses chansons folk. " No song, no spell, no madrigal " aurait pu sortir il y a trente ans qu'il n'aurait pas semblé anachronique. Ce sont les admirateurs inconditionnels, essentiellement français, en tête desquels le journal...

Pulp : A Film about Life, Death and Supermarkets

Pulp, ça voulait dire on a encore vingt ans. Il y a deux semaines, dans le cadre du festival f.a.m.e à la Gaité Lyrique, nous avons voulu revivre ça, maman et moi. Qui ne voudrait pas revivre ses vingt ans ? On s'est replongé dans la Pulpmania, ou tout du moins dans ce qu'elle est devenue. En son coeur : Sheffield. C'est ce dont parle l'excellent documentaire " Pulp : A Film about Life, Death & Supermarkets " qui sort officiellement sur nos écrans demain. Sheffield n'a pas changé avec Pulp mais le groupe y a fait son petit chemin, transcendant les générations et les classes sociales. On y entend une grand-mère affirmer que Pulp reste ses préférés, devant Blur, parce que quand même, c'est plus mélodique et surtout mieux écrit. On y entend aussi une chorale chanter à capella " Common People ", une maison de retraite fredonner ironiquement " Help the aged ". On y voit des jeunes danser sur " Disco 2000 ". On est au ...

Only Real - Jerk at the end of the line

Ça faisait longtemps que je l'attendais celui-là, le premier disque de cette petite frappe de Niall Galvin, alias Only Real. Il y a eu les premiers singles enthousiasmants - notamment l'imparable et inusable " Get It On " malheureusement absent ici -, véritables bulles de fraîcheur et de désinvolture; un concert auquel j'ai eu la chance d'assister et qui me faisait déjà penser que la formule si habile soit-elle - mélange de hip-hop et de guitares carillonnantes, à la cool - ferait long feu. Et puis, l'annonce d'un premier vrai album et la crainte que l'engouement s'arrête net. Même si ce n'est pas la déception annoncée, on regrette cette trop longue attente, le soufflé et l'inspiration étant redescendus depuis les débuts tonitruants. On a entre les oreilles une drôle de compilation, mariant quelques vieux titres emballants (" Backseat Kissers "), des nouvelles chansons plutôt réussies (" Can't Get Happy ", ...

Jimmy Whispers - Summer In Pain

Dali Zourabichvili , membre éminente de l'indispensable Blogothèque et de ses concerts à emporter vient de réaliser ce que tout amateur de musique rêve un jour de faire : monter son propre label. Le label s'appelle Field Mates Records . Le chanteur américain Jimmy Whispers, originaire du Michigan, est sa première signature. En voyant la gueule de playboy du bonhomme, on pourrait tout de suite arguer que ce n'est pas uniquement un coup de coeur musical. Mais quitte à se lancer dans le grand bain, autant que cela soit avec un personnage charismatique. Pour preuve que le gars n'a peur de rien, je vous conseille cet article de la même Dali - forcément, hein ;-), c'était avant de savoir que c'est elle-même qui allait le signer -, il y a plus d'un an où on le voit dans une vidéo chanter de manière assez décalée pour le compte d'une émission pour enfants. La musique et surtout l'esprit on ne peut plus lo-fi ne sont pas sans rappeler Daniel Johnston, à...

Dominique A - Eléor

Voilà. Les choses sérieuses commencent. C'est pas pour dire mais je trouve que ce début d'année musicale ronronne. A moins que cela vienne de moi. Je n'y trouve pas mon compte ou si peu. Besoin de repères. Et qui de mieux que le grand A pour GPS ? Parce que je crois bien que c'est le seul. Le seul dont j'achète encore chaque nouveau disque les yeux ou plutôt les oreilles fermées. Encore que, cette fois-ci, je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai douté. Les victoires de la musique, les compositions pour Calogero, la reconnaissance du grand public et puis sa musique plus ouverte, accessible, toussa, toussa. J'étais prêt à lui tomber dessus au cas où. Bah ouais, on a beau être fidèle, ce n'est pas une raison pour tout laisser passer. Le premier titre " Eléor " était plutôt bon mais " Au revoir mon amour " m'avait laissé plus circonspect. Bien, bien, mais sans surprise. Dominique A devient prévisible. " Vers les lueurs "...