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Articles

Crack Cloud - Red Mile

Vacances obligent, la musique à papa est restée à l'arrêt pendant plusieurs semaines. L'occasion de mettre quelque peu mes oreilles au repos. Et oui, et ça fait du bien, même si une fois de plus, j'ai dû me faire un peu violence pour y revenir. Mais on revient souvent avec une curiosité accrue. Je connaissais déjà les Canadiens de Crack Cloud, notamment pour un concert gratuit lors de Villette Sonique pour lequel j'étais au départ venu voir Fontaines D.C. Les Irlandais ayant annulé à la dernière minute, je profitais de ma présence sur place pour écouter le post-punk particulièrement débridé de ces canadiens foufous. J'en ressorti pas franchement convaincu. Pourtant l'attitude, le style, tout y était, sauf des chansons accrocheuses. " Red Mile " est leur troisième album. Et je peux dire que cette fois-ci, ils ont réussi à écrire des titres efficaces. On pense au Clash de " Sandinista ". La manière de chanter et plutôt de haranguer du leader et...

Dehd (+ Desert Liminal) - La Maroquinerie, Paris - le 9 juillet 2024

  Et oui, on en a même raté la demi-finale de l'euro 2024 entre la France et l'Espagne ! Au vu des précédentes prestations des bleus, on se doutait quand même qu'on n'allait pas manquer grand chose. Il faut dire que quand j'ai réservé les places pour ce concert, la France devait logiquement terminer première de son groupe et donc jouer le lendemain, le 10 juillet. A l'heure où la compétition a rendu son verdict en venant célébrer logiquement la meilleure formation, il était temps pour moi de revenir sur cette soirée estivale. Elle avait lieu à la Maroquinerie. En première partie, nous eûmes droit à Desert Liminal trio originaire de Detroit comme Dehd. Et force est d'avouer que nous nous sommes rapidement ennuyés : une musique sans relief, sans originalité et sans accroche. Ensuite, et là pour le coup, ce n'était pas commun, un magicien sans doute lui aussi en provenance de Detroit, débarqua pour deux tours de magie interactifs. J'avoue que je n'...

Big Special - Postindustrial Hometown Blues

  Il m'a fallu un peu de temps pour retrouver un disque, une nouveauté, qui me tape vraiment dans les oreilles. La période estivale n'est pas forcément propice, c'est souvent une saison de disette culturelle. Il faut alors se replonger dans les mois précédents, partir à la recherche des trucs qu'on aurait raté. Le duo Big Special en fait évidemment partie. Pour situer leur musique, elle se situe, quelque part, à égale distance de Idles et de Sleaford Mods. Pas étonnant qu'ils aient donc fait la première partie des seconds. Le message est bien sûr politique, ça scande, ça éructe, ça braille, mais ça chante aussi parfois vraiment, comme sur le poignant " This Here Ain't Water ". La musique bastonne, dans un style post-punk et gros synthés cradingues. Il paraît que sur scène, c'est excellent. Dommage, je viens de les rater alors qu'ils passaient près de chez moi, dans le festival Block Party , premier vrai festival parisien de rock indépendant lan...

Walt Disco - The Warping

Ceux qui n'aiment pas la grandiloquence passeront rapidement leur chemin. Walt Disco est le genre de formation qui ne laisse pas indifférent et c'est tant mieux. Les membres du groupe s'annoncent comme queers et non genrés. " The Warping " est le second de ces écossais - j'étais complètement passé à côté du premier. Leur nom annonce aussi la couleur : de la disco avec les oreilles de Mickey. Plus sérieusement, leur style fait tout de suite penser aux Sparks, aux Associates (ils ont repris " Club Country ") mais avec une voix plus grave aux accents parfois proches d'un Jarvis Cocker ou d'un Scott Walker. Les chansons sont aussi passées par le studio de Phil Manzanera, le guitariste de Roxy Music, autre influence évidente. Mais on pourrait aussi les affilier à la plus regrettable vague néo-romantique des années 80 (Duran Duran, Ultravox, etc). La différence c'est qu'ils y insufflent un son plus moderne, plus riche, plus arrangé.  Les ti...

Bibi Club - Feu de garde

D'abord, il y a ce nom de groupe, pas très sérieux. Un duo, masculin-féminin, comme beaucoup d'autres. Il y a cette musique, ensuite, pop, mélancolique et pourtant lumineuse, d'apparence simple et belle, plus complexe qu'il n'y paraît. Ces chansons aux trois minutes moyennes de rigueur. Enfin, il y a ces paroles mi-française, mi-anglaise. Un style entre les regrettés Holden et les revenants Blonde Redhead dont ils ont d'ailleurs fait la première partie aux Etats-Unis. On tient là une bien belle surprise en provenance de Montréal. " Feu de garde " est leur deuxième album et la formation commence à faire parler d'elle par chez nous avec quelques belles critiques notamment chez Télérama ou Les Inrocks. La chanteuse Adèle Trottier-Rivard est une ancienne membre d'un groupe scout féminin canadien, Les Guides. Les thèmes employés ici y font irrémédiablement penser : la nature (" nous sommes très loin de la ville "), l'amitié (" la ...

The Lemon Twigs - A Dream Is All We Know

Ça paraît incroyable mais je n'ai jamais parlé ici encore des frangins d'Addario. " A dream is all we know " est déjà leur cinquième disque alors qu'ils n'ont que 25 et 27 ans, ayant commencé il y a près de 10 ans, preuve de leur précocité hors norme. Je les suis pourtant depuis leurs débuts, mais je les trouvais uniquement comme de simples copieurs aussi doués soient-ils. Après avoir singé les années 70 sur trois albums plus d'époque que nature, ils ont signé sur le label de hipsters New-yorkais Capture Tracks pour remonter un poil le temps et s'attaquer à la décennie précédente. Ce n'est pas que je préfère les années 60 - encore que - mais ce dernier disque me parle enfin vraiment, plus que le précédent, avec ses allures de chants de boys scouts chantant au coin du feu, trop inspiré par Simon and Garfunkel, " Everything Harmony ".  " A dream is all I know ", ce sont les Beach Boys, les Beatles, les Byrds, les divines mélodies ...

Beak - >>>>

A peine remis du magnifique concert de Beth Gibbons, que nous apprenions la sortie surprise d'un nouvel album de Beak, groupe de Geoff Barrow depuis 2009 et la fin (?) de Portishead. Beak a la bonne idée d'intituler ses disques d'un " > " supplémentaire à chaque fois - on en est au quatrième - , comme pour dire que la formation est en constante progression, ce qui est assez vrai, tellement cette nouvelle mouture impressionne d'emblée. Les deux premiers titres, " Strawberry Line " et " The Seal " fixent la barre très haut. La production est toujours impeccable, avec une rythmique bien mise en avant, rappelant bien sûr le krautrock dont on sait que Barrow est amateur depuis " Third " chef d'oeuvre indépassable de Portishead, ce chant distant et ces chansons qui progressent lentement, créant ce climat de tension constante, dans l'attente de ce qui va suivre. La suite, moins immédiatement renversante, plus lancinante, nous ...