Accéder au contenu principal

Love Is All - Two Thousand And Ten Injuries

L'été, c'est souvent l'occasion d'écouter les disques à côté desquels on était un peu passé jusque là. Tout simplement parce que le rythme des sorties s'est considérablement diminué et qu'on a donc un peu plus de temps. Cet album, je l'avais pourtant déjà écouté, mais d'une oreille assez distraite, n'y trouvant qu'un énième groupe de plus dans la lignée des Architecture in Helsinki, The Go Team!, I'm From Barcelona (tiens des Suédois aussi), etc. A la réécoute, en ces temps de disette musicale, je dois avouer que ce "Two Thousand And Ten Injuries" est tout de même particulièrement efficace, à défaut d'apporter une nouvelle pierre à l'édifice d'un genre déjà bien rabâché. On est donc dans le pur style fête foraine, avec ses manèges enchantés, son grand huit, et ses barbes à papa à profusion. La chanteuse, dont le chant peut, je le reconnais, parfois agacé, possède la voix de circonstance, tendance gamine de 10 ans à qui on aurait confisqué ses jouets.
12 titres, pas vraiment de baisse d'intensité, pour une durée avoisinant les trente minutes seulement - sans doute la durée idéale pour éviter les hauts-le-coeur et les crises de foie. En ce moment, la Suède est décidément la destination parfaite pour l'été : après les romans policiers faciles à lire, l'esprit léger, allongé sur le sable ou à défaut en sueur dans le métro, voici la pop premier degré qui donne des furieuses envies de bouger et qu'on oubliera sans doute assez vite une fois la saison terminée. Même si, à chaque fois, on espère qu'on en gardera quelques bons souvenirs...

Clip de "Kungen" :

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Nick Cave & Warren Ellis - Carnage

On continue le rattrapage des disques 2021 avec une sacré pointure, puisque j'ai nommé Nick Cave, sans doute le rockeur ultime. Celui qui a commencé punk arty au sein de Birthday Party et produit aujourd'hui parmi les disques plus sombres qui soient. Le décès d'un fils y étant évidemment pour quelque chose. Autant les deux précédents albums, les pourtant acclamés - mais comment attaquer un père inconsolable - " Skeleton Tree " et " Ghosteen " m'avaient laissé étrangement indifférent. Autant ce " Carnage " sorti cette fois sans ses Bad Seeds mais avec le seul Warren Ellis - décidément compagnon de tous les instants depuis quelques années - m'a tout de suite marqué. Par son dépouillement, par sa quasi absence d'effets, juste quelques délicats et déchirants arrangements venant ornés juste ce qu'il faut le spleen du sieur Cave. Il n'est plus question de masquer les faits sous un quelconque décorum mais d'affronter la vérité

Philippe Cohen Solal & Mike Lindsay - Outsider

Henry Darger était ce qu'on appelle un artiste "outsider". Il a oeuvré toute sa vie dans l'ombre. Ses travaux n'ont été découverts qu'à sa mort, en 1973. C'est avant tout " Vivian girls ", un récit épique de plus de 15 000 pages racontant une histoire de princesses, d'esclavage, de guerres, peuplée de tout un tas de personnages imaginaires, tantôt morbides, tantôt enfantins. Elle est accompagné d'aquarelles, collages, dessins en tous genres et inspirée par l'univers des comics. Depuis sa mort, son oeuvre fait l'objet d'un culte grandissant. On l'a retrouvée exposée dans de nombreux musées d'art moderne, à Chicago, sa ville natale, New-York ou Paris. Cette fois-ci, c'est le compositeur français Philippe Cohen Solal, fondateur de Gotan Project, touché par cet artiste maudit, qui a décidé de faire un album complet autour de son univers.  Il a pour cela fait appel à quelques amis : Mike Lindsay, leader des folkeux an

Richard Dawson & Circle - Henki

  Qu'il soit seul, au sein de Hen Ogledd ou accompagné du groupe de heavy metal finlandais Circle, la musique de Richard Dawson présente la même singularité. " Henki " est donc le résultat de la drôle de rencontre entre le troubadour anglais à la voix qui n'est pas sans rappeler celle de Robert Wyatt - souvent à la limite de la justesse - et une de ses formations préférée, pourtant assez opposée de son univers folk médiéviste. L'album ne comporte que 7 titres, souvent très longs, histoire d'appuyer un style envoûtant aux influences multiples, à l'exacte jonction des musiques de Circle et de Dawson, et aux nombreuses fulgurances (mention spéciale pour les guitares de " Silphium "). Une fois de plus, il est très difficile de classer un disque de Richard Dawson, toujours à la frontière du kitsch et de l'expérimentation. Chaque titre a un nom de plante dont certaines ont disparu (cooksonia, silphium), comme pour célébrer son attachement à la natu