Il y a plus deux ans disparaissait l'une des personnalités les plus atypiques de la pop française : Jacno. Un intéressant documentaire retraçant sa carrière est encore visible pour quelques temps ici. S'il fallait ne retenir qu'une seule chanson de lui, ce serait évidemment "Rectangle", premier disque solo et adulte après l'adolescence des Stinky Toys qui lui avait quand même permis de partager l'affiche d'un des premiers festivals punk à Londres avec les Sex Pistols et les Clash (et de faire la couverture du Melody Maker). S'ensuivront quelques albums marquants avec sa compagne d'alors, Elli Medeiros, des productions pour ses "frères de sang", Daniel Darc et Etienne Daho, et une fin de parcours plus ou moins anecdotique. Jacno était devenu l'un de ses chanteurs tristement oubliés, qui ont pourtant inventé un style et eu une influence considérable. Notamment sur ce qu'on a appelé la "French Touch", emmenée par Daft Punk ou Air. Et puis "La Fossette" de Dominique A aurait-elle existé sans lui ? "Rectangle" donc, un tube. Très connoté années 80, "Platine 45", Lio ("Amoureux Solitaires", c'est Jacno), mais qui conserve une étonnante modernité. Une musique très graphique dont l'esprit a été bien perçu à l'époque, par un jeune cinéaste, Olivier Assayas, qui en fera un joli clip. Une mélodie, un air mille fois entendu et qui, bizarrement, ne lasse pas. Bref, la chanson idéale pour cette rubrique.
On ne présente plus le premier, l’un des écrivains français les plus traduits au monde, controversé, aimant la provocation, jusqu’à flirter avec l’extrême droite ou tourner dans un porno amateur. On l’avait déjà retrouvé sur disque lors d’une collaboration avec Bertrand Burgalat pour le brillant et culte " Présence humaine " en 2000. Ses textes poétiques se marient bien avec la musique, ils ont leur mélodie, même s’ils sont juste déclamés. On connait un peu moins le second. Pourtant, c’est lui qui fut à l’origine du renouveau artistique de deux chanteurs attachants et en perte de vitesse, au bout du rouleau : d’une part, Daniel Darc, l’ex Taxi Girl avec le bien nommé " Crève coeur " en 2004, grand disque de chanson d’ici, et d’autre part, Pete Doherty, l’ex Libertines qui peinait à se renouveler avec un album élégant, à la classe délicieusement désuète. Les deux se seraient mis d’accord à l’écoute du " Psaume 23 " repris par Darc sur l’album susnommé. Houe...
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