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Adieu l'ami ...

Difficile de passer à côté de la nouvelle. Alain Bashung est mort et c'est tout le rock français qui est orphelin. Et c'est ma chronique précédente qui raisonne désormais bizarrement : "Your life is over ?" Bashung, c'était l'exemple, le modèle à suivre, celui qui avait su créer un rock à la française, loin des canons anglo-saxons en vigueur. Il avait construit depuis "Gaby Oh Gaby" une oeuvre exigeante et cohérente, de celles qui resteront. Bashung, c'était l'anti-Johnny. Après, ça m'énerve un peu car tous les médias en parlent maintenant, mais c'est trop tard. C'est avant qu'il fallait voir que ce type était sans conteste un des plus grands de la chanson française, un des rares encore en vie et à tenir sur la durée. "Bleu pétrole" restera donc son dernier disque, il aura été jusqu'au bout, discrètement, pour son public, pour la musique qu'il chérissait indéniablement, pour tous ses jeunes artistes qui voyaient en lui comme un père ou un grand frère. J'essaierai sans doute de faire une petite rétro sur sa carrière dans le courant de l'année. C'est toujours comme ça, c'est quand les gens partent qu'on commence à s'apercevoir à quel point ils vont nous manquer. En attendant, voici un extrait de son dernier Taratata avec une très belle reprise de Ike & Tina Turner :


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Nick Cave & Warren Ellis - Carnage

On continue le rattrapage des disques 2021 avec une sacré pointure, puisque j'ai nommé Nick Cave, sans doute le rockeur ultime. Celui qui a commencé punk arty au sein de Birthday Party et produit aujourd'hui parmi les disques plus sombres qui soient. Le décès d'un fils y étant évidemment pour quelque chose. Autant les deux précédents albums, les pourtant acclamés - mais comment attaquer un père inconsolable - " Skeleton Tree " et " Ghosteen " m'avaient laissé étrangement indifférent. Autant ce " Carnage " sorti cette fois sans ses Bad Seeds mais avec le seul Warren Ellis - décidément compagnon de tous les instants depuis quelques années - m'a tout de suite marqué. Par son dépouillement, par sa quasi absence d'effets, juste quelques délicats et déchirants arrangements venant ornés juste ce qu'il faut le spleen du sieur Cave. Il n'est plus question de masquer les faits sous un quelconque décorum mais d'affronter la vérité

Richard Dawson & Circle - Henki

  Qu'il soit seul, au sein de Hen Ogledd ou accompagné du groupe de heavy metal finlandais Circle, la musique de Richard Dawson présente la même singularité. " Henki " est donc le résultat de la drôle de rencontre entre le troubadour anglais à la voix qui n'est pas sans rappeler celle de Robert Wyatt - souvent à la limite de la justesse - et une de ses formations préférée, pourtant assez opposée de son univers folk médiéviste. L'album ne comporte que 7 titres, souvent très longs, histoire d'appuyer un style envoûtant aux influences multiples, à l'exacte jonction des musiques de Circle et de Dawson, et aux nombreuses fulgurances (mention spéciale pour les guitares de " Silphium "). Une fois de plus, il est très difficile de classer un disque de Richard Dawson, toujours à la frontière du kitsch et de l'expérimentation. Chaque titre a un nom de plante dont certaines ont disparu (cooksonia, silphium), comme pour célébrer son attachement à la natu

Baptiste W. Hamon & Barbagallo - Barbaghamon

Quand deux des plus talentueux songwriters français actuels se rencontrent, ça ne peut produire qu'un excellent disque. Baptiste W. Hamon et Julien Barbagallo réussissent l'audacieux pari de réunir leurs deux univers assez différents pour en tirer le meilleur. Le premier s'inscrit à la fois dans une tradition de chanson française (Jean Ferrat) et de country musique américaine (Townes Van Zandt) à l'ancienne. Le second plus "moderne" marrie l'électro d'un Sébastien Tellier et la pop d'un JP Nataf, assez éloigné au final de Tame Impala et d'Aquaserge, deux formations dont il est pourtant à l'occasion batteur. Le disque est construit à l'image d'un diptyque : une partie est l'oeuvre de Baptiste W. Hamon (" J'écoute l'eau ", " Ils fument ", " Maria "), l'autre de Barbagallo (" Le jour viendra ", " Nous nous reverrons ", " Le bleu du ciel "). Qu'ils se retro