Accéder au contenu principal

Dominique A (8/8) : Suite et fin


Suite et fin de ma saga sur le grand Dominique, avec 2 derniers disques. Tout d'abord, son premier sorti en catimini en 1991 et connu uniquement des fans "hardcore" : "Un Disque Sourd". Cet album est actuellement introuvable dans le commerce, car sans doute dénigré par son auteur. Il faut dire que c'est un peu le brouillon de "La Fossette" paru l'année d'après. Ses meilleurs titres se retrouvent effectivement dessus : "Le courage des oiseaux" bien sûr, mais aussi "Passé l'hiver" ou "Sous la neige". Et puis le son n'est pas très bon, tout cela sent quand même l'amateurisme ... For fans only, comme dirait l'autre. Assez dispensable, donc.
L'autre disque est nettement plus récent, car c'est son dernier en date. Mais c'est un disque live. Un drôle de disque live, car il sonne un peu comme un disque studio, un best of en somme. Et il montre, si besoin était, qu'il faut aller voir Dominique A en concert. Sa voix et sa musique y prennent une dimension tout autre. Il faut dire que lors de sa dernière tournée, l'artiste était plutôt bien entouré : les musiciens de Dominique, c'est quand même autre chose que la bande de tâcherons qui entoure par exemple un Morrissey. Dans "Sur Nos Forces Motrices", on retrouve donc de nouvelles versions, plus vives, plus tendues de quelques uns de ses meilleurs titres. On sent, une fois de plus, que ces nouvelles moutures ont été savamment travaillées au préalable. Le bonhomme ne laissant décidément rien au hasard. C'est peut-être le disque par lequel le novice pourra commencer à aborder la carrière de Dominique A. Pour le connaisseur, sans être forcément incontournable, il demeure une formidable retranscription de ce que l'artiste peut donner sur scène. Et puis, on peut aussi le voir comme un très bon disque de reprises. En tout cas, si certains trouvent sa musique un peu trop mélancolique, trop introspective sur disque, cet album prouve qu'il en est tout autrement en live ... C'est sans doute le propre d'un artiste complet.

"Le courage des oiseaux" en live :


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Nick Cave & Warren Ellis - Carnage

On continue le rattrapage des disques 2021 avec une sacré pointure, puisque j'ai nommé Nick Cave, sans doute le rockeur ultime. Celui qui a commencé punk arty au sein de Birthday Party et produit aujourd'hui parmi les disques plus sombres qui soient. Le décès d'un fils y étant évidemment pour quelque chose. Autant les deux précédents albums, les pourtant acclamés - mais comment attaquer un père inconsolable - " Skeleton Tree " et " Ghosteen " m'avaient laissé étrangement indifférent. Autant ce " Carnage " sorti cette fois sans ses Bad Seeds mais avec le seul Warren Ellis - décidément compagnon de tous les instants depuis quelques années - m'a tout de suite marqué. Par son dépouillement, par sa quasi absence d'effets, juste quelques délicats et déchirants arrangements venant ornés juste ce qu'il faut le spleen du sieur Cave. Il n'est plus question de masquer les faits sous un quelconque décorum mais d'affronter la vérité

Richard Dawson & Circle - Henki

  Qu'il soit seul, au sein de Hen Ogledd ou accompagné du groupe de heavy metal finlandais Circle, la musique de Richard Dawson présente la même singularité. " Henki " est donc le résultat de la drôle de rencontre entre le troubadour anglais à la voix qui n'est pas sans rappeler celle de Robert Wyatt - souvent à la limite de la justesse - et une de ses formations préférée, pourtant assez opposée de son univers folk médiéviste. L'album ne comporte que 7 titres, souvent très longs, histoire d'appuyer un style envoûtant aux influences multiples, à l'exacte jonction des musiques de Circle et de Dawson, et aux nombreuses fulgurances (mention spéciale pour les guitares de " Silphium "). Une fois de plus, il est très difficile de classer un disque de Richard Dawson, toujours à la frontière du kitsch et de l'expérimentation. Chaque titre a un nom de plante dont certaines ont disparu (cooksonia, silphium), comme pour célébrer son attachement à la natu

Baptiste W. Hamon & Barbagallo - Barbaghamon

Quand deux des plus talentueux songwriters français actuels se rencontrent, ça ne peut produire qu'un excellent disque. Baptiste W. Hamon et Julien Barbagallo réussissent l'audacieux pari de réunir leurs deux univers assez différents pour en tirer le meilleur. Le premier s'inscrit à la fois dans une tradition de chanson française (Jean Ferrat) et de country musique américaine (Townes Van Zandt) à l'ancienne. Le second plus "moderne" marrie l'électro d'un Sébastien Tellier et la pop d'un JP Nataf, assez éloigné au final de Tame Impala et d'Aquaserge, deux formations dont il est pourtant à l'occasion batteur. Le disque est construit à l'image d'un diptyque : une partie est l'oeuvre de Baptiste W. Hamon (" J'écoute l'eau ", " Ils fument ", " Maria "), l'autre de Barbagallo (" Le jour viendra ", " Nous nous reverrons ", " Le bleu du ciel "). Qu'ils se retro