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Lenoir ... c'est Lenoir

Désolé, il n'y aura pas de chronique de disque made in France cette semaine, pas le temps, mais promis, ça devrait arriver en début de semaine prochaine. Sinon, j'essaie toujours de tenir ma désormais célèbre (???) chronique honteuse du vendredi et cette semaine, elle ne l'est pas vraiment, voire pas du tout, honteuse. Il faut dire qu'après celle de vendredi dernier, il paraissait difficile de tomber plus bas. Cette fois-ci, prenons donc de la hauteur avec monsieur Bernard Lenoir. Ben oui, Bernard, le célèbre taulier des soirées rock de France Inter, celui qui a fait et fait encore découvrir le rock indépendant (le "vrai" rock en quelque sorte) à toute une génération de jeunes et de moins jeunes adultes. Moi aussi, je suis tombé dedans quand j'étais plus jeune, il y a une quinzaine d'années maintenant. Et ça a été une vraie potion magique ... Depuis, cette musique me suit encore dans ma vie de tous les jours et je pense, qu'elle me suivra encore, jusqu'au bout, car on dit souvent qu'on reste fidèle à la musique que l'on écoute à 18-20 ans. Mais revenons à ma découverte de Lenoir et de son émission, on est fin 93, début 94, je viens de tomber raide dingue de "Animal Nitrate" de Suede sur MTV. Je vous en ai déjà parlé et un ami bien intentionné me parle d'une émission rock sur Inter qui, tous les soirs, passe justement ce genre de musique. Je deviens tout de suite accro. J'enregistre tous les soirs, je me réécoute les K7, je note tous les noms de groupes, de chansons. Comment est-ce possible : tous ces groupes et artistes formidables existent et je n'en connais même pas l'existence et ce, depuis des années ? Pourquoi personne d'autres n'en parle ? Pourquoi cela ne passe-t-il pas à la télé, dans le Top 50 ? Et ce fut un autre coup de poignard terrible dans mes idées préconçues en matière de justice sociale. Oui, le monde était profondément injuste. Cette fois-ci, cela ne faisait plus aucun doute.
La bonne musique était quelque chose de cachée, de difficile d'accès, de honteux sans doute. (A bas l'élitisme, vive le politiquement correct et les goûts imposés !) Il fallait être initié, savoir, faire l'effort de la chercher. Et je rentrais alors en résistance tous les soirs entre 21h et 22h (depuis l'horaire a été décalée), seul chez moi, en cachette dans ma chambre, comme pendant les périodes troubles de notre histoire. (On a les combats qu'on peut ...) Non à la dictature des radios et des télévisions de masse, de RTL à TF1. Oui, à Echobelly, Cast, Gene, Longpigs, Geneva, My Life Story et tous ces groupes de brit-pop que j'écoutais en boucle à l'époque et qui ont depuis, totalement disparus de la circulation. Et tant pis, si leur musique a peut-être mal vieilli, que de souvenirs ! Depuis Internet est arrivé et je me suis casé, comme on dit ... Lenoir a sans doute perdu de son pouvoir d'attraction, il n'est plus le seul îlot de résistance - même si ses black sessions sont toujours aussi uniques (j'ai fait le compte, j'en ai vu 27, pas mal, non ?). Mais ce blog et beaucoup d'autres sur la toile font aujourd'hui perdurer le combat. Résister encore et toujours, pour lutter contre l'uniformisation rampante des goûts et des modes de pensée, garder intact son esprit critique et sa curiosité intellectuelle.

Sur ce, caresses et bises à l'oeil et bon week-end à tous,

En cadeau, quelques titres ...

Elastica - Waking Up :



Echobelly - Dark Therapy :


Cast - Alright :


The Longpigs - On And On :


Geneva - No One Speaks :


The Catchers - Cotton Dress :


My Life Story - Sparkle :


The Rentals - Friends Of P. :


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